Visionnement
Vue du Sommet

Horaires:
Sam 29 Sept 3:00 pm
Dim 6 Oct 7:30 pm
Mer 9 Oct 4:30 pm


 
Le site Web de l'ONF (Office national du film du Canada) suit la progression du documentaire Vue du Sommet. Il évolue à mesure que le film prend forme, tout en reflétant les principales étapes de production.

www.onf.ca/vuedusommet/
 



Photo: Jacques Nadeau

Une plongée au coeur de la contestation !
20 avril 2001. La ville de Québec n'est plus la même. Une palissade longue de quatre kilomètres la défigure, transformant un secteur de la haute-ville en un étrange ghetto. La présence de quelque 6000 policiers affectés au maintien de l'ordre évoque l'état de siège. Dans le ciel, les moteurs des hélicoptères émettent leurs ronflements inquiétants

Un climat d'angoisse règne sur la ville alors qu'arrivent les prestigieux invités du Sommet des Amériques. Pendant trois jours, 34 chefs d'États du continent (tous, sauf Cuba) discuteront, à huis clos, des accords de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA). Les mesures de sécurité mises en place pour la réunion sont sans précédent dans l'histoire du Canada.

Car les accords de la ZLEA sont loin de recueillir l'assentiment général. Des groupes se sont mobilisés pour faire entendre leur opposition à cette nouvelle avancée de la mondialisation. Près de 3000 personnes venues de 35 pays américains, incluant cette fois Cuba, participent au Sommet des peuples des Amériques, réplique populaire de la réunion top secret des dignitaires. Pendant ce temps, on apprend que des militants anarchistes préparent des actions directes ou des confrontations. On craint qu'ils ne s'attaquent aux barricades du périmètre de sécurité. La population s'attend au pire. Les médias sont aux aguets. La fin de semaine s'annonce chaude et elle le sera. Près de quarante ans après le « samedi de la matraque », Québec s'apprête à vivre le « week-end des gaz ».

Sous la direction du réalisateur Magnus Isacsson, un collectif formé des cinéastes Luc Côté, Marie-Claude Harvey, Anne Henderson, Patricio Henriquez, Philippe Falardeau et Paul Lapointe propose une incursion au coeur des événements des 20, 21 et 22 avril 2001.

Caméra à l'épaule, sept équipes de tournage ont suivi les événements. Elles en rapportent des images éclatées qui évitent l'analyse théorique, pour mieux s'intéresser au « déficit démocratique » inhérent à la négociation de cet accord et pointer du doigt la perte de légitimité qui en résulte pour les pouvoirs politiques.

Vue du Sommet présente un aperçu de moments qui ont marqué les trois jours du Sommet et s'attarde plus spécifiquement aux enjeux de la dissidence. Devant une mouvance mondiale où se joue leur avenir, comment les citoyens peuvent-ils marquer leur désaccord et être véritablement entendus, alors que leurs élus semblent obstinément favoriser des intérêts privés?

Pour mieux comprendre les différents camps en présence, les équipes de tournage se sont attachées à suivre six personnages principaux, portés chacun par leurs convictions. Six personnages, six univers hautement contrastés, voire diamétralement opposés parfois, évoluent dans le tumulte des trois jours.

L'inspecteur Pierre Goupil, de la Sûreté du Québec, commandant du Bataillon rouge, principale formation policière affectée au maintien de l'ordre, explique d'abord les mesures adoptées pour assurer la sécurité. On le retrouve dans le feu de l'action.

Dans le calme feutré du Centre des congrès, un des invités, Thomas d'Aquino, président du Conseil canadien des chefs d'entreprises, qui représente les intérêts des 150 plus grandes compagnies canadiennes, ardent promoteur du libre-échange, a sa vision de la démocratie. Serait-elle semblable à celle de Richard Feinberg, ancien conseiller du Département d'État américain en matière de sommets, promoteur de la « clause démocratie » et fervent amateur de ce type de rencontres?


Chez les contestataires, la caméra s'intéresse à trois opposants. Graciela Rodriguez, une Argentine exilée au Brésil depuis 25 ans, joue un rôle important au sein de l'Alliance sociale continentale, qui travaille à élaborer une solution de rechange à la forme d'intégration économique préconisée par la ZLEA. Philippe Duhamel et son groupe Opération SalAMI ont mis en place une coalition non-violente pour protester contre la Zone de libre-échange des Amériques. Enfin, Tania Hallé, étudiante en anthropologie, militante du mouvement anarchiste CLAC (Convergence des luttes anticapitalistes), prône le respect de la diversité des tactiques, qu'elles soient du ressort de la fête, de l'obstruction pacifique ou de la provocation.

Chacun des six personnages vivra les événements de façon différente. Certains d'entre eux se croiseront, se heurteront verbalement à l'occasion, défendant chacun leur point de vue.

La Marche des peuples, à laquelle participent quelque 50 000 personnes, se déroule dans le calme, voire dans l'humour et la fantaisie. Par contre, les affrontements qui ont commencé le vendredi entre certains manifestants et les corps policiers connaissent une escalade de violence. Projectiles, cocktails Molotov, gaz lacrymogènes et balles de caoutchouc effectuent un incessant chassé-croisé. Pendant ce temps, au Sommet, derrière la vitrine des photos officielles, des discours et des poignées de mains, le ballet diplomatique suit le rituel d'usage.

La nuit tombée, sur Québec à demi asphyxiée par les gaz, la jeunesse danse sous les arcades de la voie rapide au rythme de musiques improvisées en attendant de trouver de nouvelles façons de refaire le monde.



 

Idée originale, scénario et réalisation
Magnus Isacsson

Avec la collaboration de
Luc Côté
Philippe Falardeau
Marie-Claude Harvey
Anne Henderson
Patricia Henriquez
Paul Lapointe

Avec la participation de
Thomas d'Aquino
Philippe Duhamel
Richard Feinberg
Pierre Goupil
Tania Hallé
Graciela Rodriguez

Montage
Louise Côté

Producteur (Érézi)
Paul Lapointe

En coproduction avec l'Office national du film du Canada (ONF)

Producteurs

Germaine Ying Gee Wong
Jacques Ménard

Producteurs exécutifs
Sally Bochner
Paul Lapointe





Équipe de tournage - Photo: Jacques Nadeau