Tournage État d’Urgence: la parole aux stagiaires

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Myself and Simon Bujold (camera) filming Annie Roy and Pierre Allard, the founders of ATSA. Photo Marc-André Verpaelst.

Je vous avais parlé de notre tournage à État d’Urgence, le ‘happening’ artistique et social organisé par Annie Roy et Pierre Allard. Trois stagiaires sont venus nous aider durant la semaine. Je leur ai demandé qu’est-ce qu’ils ont appris?

jeanne with stone1“C’est la deuxième année que je vis cette expérience à l’ATSA et comme l’année dernière j’en repars avec le sentiment d’avoir été entourée d’une famille, avec ses manies, ses moments de grondement, ses blagues, son affection, sa joie. Hélas la réunion de famille s’achève et on doit se dire au revoir jusqu’à l’année prochaine…C’est une facette de l’expérience, l’autre est de vivre cette expérience en tant que membre d’une équipe documentaire. Ce travail exige de la patience, du temps, de la réflexion, de la bonne humeur et de l’amour. La famille, ou les Héros, pour citer Alex, nous accueillent dans leurs vies, leurs histoires se dévoilent graduellement et j’ai pu observer la façon dont Magnus et Simon prennent ce dont ils ont besoin pour modeler leur histoire.”

Jeanne Pope

Dijana portrait“L’Etat d’urgence était pour moi une première expérience de tournage documentaire ainsi qu’une rencontre fascinante avec les gens qui portent en eux la passion et la détermination de changer le cours des choses et qui réclament la justice sociale à travers la performance artistique. Tout le long, j’ai ressenti une incroyable énergie positive qui se dégageait de ce site animé par le feu de camp et l’ardeur des bénévoles et des artistes engagés. En suivant Magnus et Simon j’ai très vite compris qu’au fil des années ils étaient devenus personnellement impliqués et qu’ils avaient tissé des liens très forts avec les gens de l’ATSA. C’est sans doute cette constance et cet engagement qui leur a valu la confiance des ces personnes vulnérables et marginalisées qui ont par moments profité de la caméra pour réclamer leurs droits ou parler ouvertement de leurs problèmes.

Toute cette expérience était très instructive, car elle m’a permis d’apprendre que lors d’un tournage documentaire il faut comprendre les motivations des acteurs et il faut suivre les évènements en étant toujours capable de réagir sur le moment même afin de capter les situations pertinentes et révélatrices.”

Dijana Lazar

 

ÉU07 Alex62“Je me suis lancé dans ce stage en me disant que cette expérience m’aiderait à faire un pas vers le monde de la production professionnelle de documentaires. Je ne suis pas déçu ! En plus de continuer un travail formateur aux cotés de Magnus et de Simon Bujold, son proche collaborateur, j’ai pu vivre une expérience personnelle marquante en m’intégrant comme eux au sujet du documentaire. J’ai pu rencontrer Pierre et Annie, les artistes inspirants tenant ce projet à bout de bras avec une énergie remarquable. J’ai pu passer du temps avec les gens uniques qui donnent vie à l’État d’urgence. Beaucoup sont des sans-abris. Je n’ai pas vu beaucoup de soulons en guénilles. J’ai vu plusieurs raconteurs hors-pairs. J’ai vu des bouts-en-train énergiques et des gens prêts à mettre la main à la pâte. J’ai vu des poètes et des héros de la survie urbaine équipés comme des aventuriers. Après des années d’efforts indépendants pour apprivoiser ce sujet difficile, la caméra et la perche font maintenant partie des meubles. Des images et des sons criants et véridiques peuvent être capturés. La démarche à long terme de Magnus et Simon porte fruit à merveille ! Je garderai en tête leur tact et leur bonhomie qui leur permet ce niveau d’approche du sujet.

Finalement, j’ai adoré pouvoir capturer quelques images, que ce soit pour le blog-vidéo de Magnus ou pour le tournage lui-même. C’est réellement ça mon dada… Esthétiquement, l’endroit est merveilleux ! Le soir, les lumières de la ville et les feux du camp rendent l’endroit brillant et chatoyant. Notre cher mois de novembre recouvrant tout d’eau et de glace, tout ça se reflète sur l’asphalte et les imperméables mouillés. Et, les gens au camp sont beaux ! Moins influencés par la politesse, la mode et la pression sociale, nos sujets résument par leur apparence des histoires entières. Le camp de l’ÉTAT d’urgence, c’est juste beau !”

Alex Hamel (avec l’ex-ministre Louise Harel dans la photo)

 

Merci à Jeanne, Dijana, Marc-André, et Alex!

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Magnus Isacsson

As an independent documentary filmmaker I have made some fifteen films dealing with social, political and environmental issues. Previously I was a television and radio producer. I was born in Sweden in 1948, immigrated to Canada in 1970. I live with Jocelyne and our daughter Béthièle in Montreal, and my older daughter Anna lives in Toronto.