Hommage à Macumba

Macumba International - the 3 founders
Patricio Henriquez, Robert Cornellier et Raymonde Provencher.

L’autre jour, à l’occasion de la remise du Prix Arthur Lamothe, dans le cadre du Festival de films sur les droits de la personne de Montréal, j’ai eu l’occasion de rendre hommage aux deux réalisateurs et la réalisatrice de Macumba International: Robert Cornellier, Patricio Henriquez et Raymonde Provencher. Vous trouverez l’ensemble de mon texte ici. Voici quelques extraits:

Depuis qu’ils travaillaient ensemble à l’émission Nord-Sud à Télé-Québec (Radio-Québec à l’époque), ils ont développé une compréhension profonde des défis auxquels font face les populations des pays du Tiers-Monde. Et ils ont développé des antennes: des sources et des canaux d’information privilégiés, qui leur permettent de proposer des sujets de reportages et de films inusités et pertinents. Inusités, pertinents, et aussi avec une orientation très claire en faveur des gens qui n’ont pas normalement accès aux grands moyens de communication. Depuis le tout début et jusqu’aux dernières productions, les gens qui n’ont pas le pouvoir et qui ont de la difficulté à se faire entendre sont au cœur de leur travail.

Robert, Patricio et Raymonde ont amorcé leur pratique du témoignage dans un réseau de télévision publique qui était capable d’y investir certaines ressources, ils l’ont continué en tant que producteurs indépendants en fondant en 1995 la compagnie Macumba International. Depuis, ils ont produit des émissions, des séries et des films documentaires dont l’excellence a été confirmée par de nombreux prix.

….. finalement, l’aspect de leur travail qui personnellement m’intéresse le plus: les documentaires d’auteur. Le premier que j’avais vu, c’était celui de Patricio 11 septembre 1973 : Le dernier combat de Salvador Allende, sorti en 1998. Le film a reçu 17 prix, et j’ai eu le plaisir de pouvoir en rapporter un pour Patricio du festival de Mumbai. War Babies…nés de la haine, de Raymonde témoigne du sort des enfants issus du viol lors de conflits armés – le film a gagné quatre prix Gémeaux 2003; Marée noire, l’héritage de l’Exxon Valdez, de Robert s’est récemment mérité le Gemini Award dans la catégorie meilleure réalisation documentaire. Et il faut absolument mentionner : Sous la cagoule, un voyage au bout de la torture, le film de Patricio qui a reçu le JUTRA du meilleur documentaire en 2009.

Le travail que font ces trois réalisateurs de Macumba est précieux et essentiel. Mais pourront-ils continuer à le faire? Le contexte de production n’est guère encourageant, et les possibilités de financement des documentaires se rétrécissent comme peau de chagrin. Est-ce que cette détérioration des conditions de production arrêtera nos amis Patricio, Raymonde et Robert? Ce serait mal les connaître. Mais disons qu’après trente-cinq ans de travail acharné, ils mériteraient mieux que d’avoir à se battre pour chaque nouveau projet comme si c’était leur premier.

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Merci à Jessica Berglund pour l’aide avec le blog.

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Magnus Isacsson

As an independent documentary filmmaker I have made some fifteen films dealing with social, political and environmental issues. Previously I was a television and radio producer. I was born in Sweden in 1948, immigrated to Canada in 1970. I live with Jocelyne and our daughter Béthièle in Montreal, and my older daughter Anna lives in Toronto.

One thought on “Hommage à Macumba”

  1. Bravo pour Macumba International (Robert, Raymonde et Patricio)

    Il est également intéressant de rappeler que le film remarquable, hors normes de Richard Brouillette – L’encerclement – La démocratie dans les rets du néolibéralisme est a l’affiche en France depuis le 31 mars jusqu’au 11 mai.

    Au de nos médias au Québec n’a relevé ”la chose”. C’est un film important, intelligent queRichard Brouillette a porté a bout de bras pendant 12 ans. Il ne fait pas dans la facilité ni le larbinisme.

    Je considere que ceci mérite une certaine ”attention” et reconnaissance.

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