Une projection fantastique: Le Moulin à Images

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Le moulin à images

Avant de prendre congé pour un mois, il faut que je vous parle du Moulin à Images de Robert Lepage, présenté chaque soir – gratuitement – dans le cadre du 400ième de la ville de Québec. Mon ami Stefan Nitoslawski et moi avons fait le pélérinage à Québec l’autre soir juste pour voir cette oeuvre, une présentation audiovisuelle de l’histoire de la ville de Québec projeté sur les anciens silos du port de Qubec. Et c’est sensationnel! Lepage exploite à la fois la dimension verticale donnée par les silos, construites en hauteur, mais aussi l’aspect horizontal d’un ‘écran’ de plusieurs centaines de mètres, formée par l’ensemble des silos. Le montage d’images est d’une densité et d’une créativité impressionantes, avec une multitude de trouvailles et de surprises. On peut observer la projection de haut, des remparts, ou d’en bas, des quais du port. La musique composée de René Lussier (qui a travaillé à la musique de plusieurs de mes films) est géniale, souvent plus proche d’un montage sonore que d’une ‘musique’ dans le sens classique. J’ai demandé à Stefan, un excellent directeur photo ( il a tourné un grand nombre de documentaires dont plusieurs séries de Brian McKenna) qu’est-ce qui l’a le plus impressioné avec le Moulin à Images.

Stefan
Stefan Nitoslawski

Stefan : ‘La première chose qui vous frappe c’est la grandeur de l’écran de projection. C’est fantastique! ; si large et panoramique, ça donne l’impression qu’une grande série de cartes postales te racontent une histoire. Ensuite Lepage intégre brillament l’architecture des silos dans la narration. Les grandes tours cylindriques deviennent autant un seul écran, qu’une rangée de cigarettes, de chandelles, de gens… Finalement j’ai aimé sa façon de jouer avec de l’animation pour raconter l’histoire de Québec.’

Avec ton oeil de DP, quelque chose de spécifique t’a marqué?

‘Je n’ai pas vraiment regardé la projection avec mon oeil de directeur photo. Je l’ai plus regardé en tenant compte de ma propre expérience en animation. Ce qui m’a inspiré c’est la façon dont des idées simples ont été juxtaposées de façon trés créative. Une expérience très graphique ; des mouvements d’images presque psychédéliques deviennent des vagues alors qu’un bateau émerge du bas de l’écran. Écrit dans une phrase, c’est banal, mais c’est une expérience visuelle puissante à plusieurs niveaux.’

Nous avons aussi vu l’exposition ‘Passagers’, une présentation de témoignages sur l’histoire de l’immigration à Québec. On se promène avec une valise à travers des salles sombres er lorsqu’on dépose sa valise, une projection est déclenchée.

Stefan: ‘Le plaisir de Passagers est d’avoir un coup d’oeil sur l’immigration comme un voyageur moderne qui prend l’avion. Aux ‘portes d’embarcations’, on vous donne une valise que vous enregistrer, et qui à travers les salles amène des entrevues vidéos de l’expérience diverses de gens sur leur arrivé à Québec ou sur leur origine. J’ai voyagé beaucoup et cette exposition est une façon très accesible de ressentir l’excitation que peuvent vivre de nouveaux immigrants ou de comprendre leur lien avec leurs racines.’

Quelque chose de plus spécifique t’a impressioné?

‘J’ai été surpris par comment l’installation réussi à faire ressentir l’expérience sans bombarder le spectateur par des chiffres ou des explications. Seulement quelques statistiques et pratiquement aucunes explications historiques. Ce que j’aime avec cette balance c’est que ça nous pose plus de questions que sa nous donne de réponses. Le résultat m’a donné envie d’aller en premier lieu en découvrir plus sur la ville de Québec, et aussi sur ma propre origine.’

Ces deux expériences nous disent t-elles quelque chose sur la situation de la présentation d’images documentaires?

‘Les deux présentations font progresser l’étendu de la palette documentaire. La technologie est devenue si sophistiquée et fiable qu’elle donne une liberté dans la production qui les rend simples mais engageante. Cela démontre aussi que notre expérience en documentaire va au dela de la télévision et du cinéma autant dans la forme que le format. Simples ou multiples projections, énorme ou petit, long ou court ; différentes techniques peuvent être utilisées pour nous donner une expérience documentaire. Ca m’impressione de voir à quel point c’est devenu un langage à grand échelle, mais aussi à quel point c’est un langage qui peut dérailler : comme nous entrons dans la dernière salle de ‘passagers’, notre valise ne voulait pas faire activer le projecteur vidéo. Un problème récurent qui était en train de faire vivre un enfer aux techniciens de l’exposition.’

Merci à Georges-Étienne Bureau pour l’aide avec ce blogue.

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Magnus Isacsson

As an independent documentary filmmaker I have made some fifteen films dealing with social, political and environmental issues. Previously I was a television and radio producer. I was born in Sweden in 1948, immigrated to Canada in 1970. I live with Jocelyne and our daughter Béthièle in Montreal, and my older daughter Anna lives in Toronto.

4 thoughts on “Une projection fantastique: Le Moulin à Images”

  1. L’expérience du Moulin à images produit invariablement l’émerveillement. Une projection en extérieur jetée sur un écran de plus de 25 silos créant un rapport horizontal fabuleux, tout ça est effectivement inédit et remarquable d’audace. Le contexte du 400e anniversaire de Québec ajoute à cette expérience parfaitement singulière. Les défis techniques y sont vraiment formidables. Au delà de ces aspects, toutefois, personne ne réfère jamais au contenu, si ce n’est pour mentionner que Lepage y fait un survol historique de la ville de Québec. J’ai, comme tous, été très impressionné par le dispositif et par certains effets d’animation, notamment ces images saisissantes des chutes de Montmorency. Mais j’ai aussi été surpris et déçu de la linéarité du récit, de même que par l’absence complète de point de vue. Lepage est un artiste de grand renom, et mon intervention ne vise nullement à remettre en cause son oeuvre ou son génie. Mais son survol historique de Québec me parait non seulement linéaire et descriptif, il ne produit aucune émotion, et ne commente RIEN. Mettre en place pareil dispositif pour ne rien dire me scie. Se rendre éloquent à ne rien dire, et dire ce rien au monde entier me stupéfait. Essayons d’imaginer une œuvre de Dominique Blain qui n’aurait pas de point de vue. Impensable, non ? Pourquoi Lepage se donne-t-il autant de mal à ne rien dire? L’attrait de la technologie aurait-il donc l’effet du parfait anesthésiant sur la raison ? Qu’en penseraient Georges Orwell ou Aldous Huxley?

  2. NOUVEAU DOCUMENTAIRE
    MON AMI PIERROT LE DERNIER HOMME LIBRE
    LE FONDATEUR DES BOITES A CHANSONS
    LES DEUX PIERROTS DU VIEUX MONTREAL

    POUR PHOTOS:)))
    http://www.enracontantpierrot.blogspot.com
    http://www.reveursequitables.com

    *Dimanche 19 décembre, 5 à 7 (film à 18h)
    Québec, Le Cercle, 228 St-Joseph Est
    Réservation: 514 750-3103

    *Le film est d’une durée de 45 minutes et sera suivi d’une discussion avec les coréalisatrices.

    Coût: 10$

    Réservation nécessaire

    Pour une rencontre surprenante, une réflexion sur la vie et une soirée différente, venez en grand nombre!!!

    Pierre Rochette : l’ermite des routes allume les coeurs
    Par Daniel Deslauriers
    Depuis trois ans, Pierre Rochette pourchasse les rêveurs partout où il
    passe.
    « Je suis comme l’allumeur de réverbères du Petit Prince », ditil.
    «
    J’allume la flamme enfouie dans le coeur des gens que je rencontre
    en les incitant à vivre leur rêve. Je vais là où il y a des rêveurs.
    Chaque fois que je rencontre quelqu’un, je lui demande : connaistu
    quelque part un grand rêveur? »
    Pour cet homme à l’allure singulière, chaque humain possède en lui
    une petite bougie qui mérite d’être allumée et nourrie. Par peur ou
    par conformisme bien souvent, les gens passent à côté
    d’expériences merveilleuses, selon lui. « Je suis assoiffé de
    contribuer à une nouvelle vision : un pays « oeuvre d’art » où chaque
    citoyen, en rêveur équitable, prend soin de la vie privée de l’autre
    sans intérêt personnel caché. Imaginez la fête quand toutes ces
    chandelles illumineront le pays. »
    Tournant décisif
    Il n’a fallu qu’un seul regard, un simple sourire, pour le convaincre de
    tout abandonner encore une fois et de prendre la route.
    « Complètement édentée, c’est probablement l’une des femmes les
    plus laides que j’ai rencontrées, mais il y avait plus d’amour dans ce
    regard que dans tout ce que j’avais pu écrire. » De là est née l’idée
    de faire le tour du Québec à pied pour écouter les gens et les aider à
    réaliser leur rêve.
    Avec son bâton de pèlerin, sa vieille guitare et son sac à dos, le vieil
    homme à la barbe blanche a traversé le Québec plusieurs fois. Il a
    dormi sous des ponts, dans des fossés et sur des congélateurs. Il
    mange quand il le peut sans demander quoi que ce soit. « Je me
    nourris de toutes ces rencontres avec ces milliers de gens qui
    partagent leur histoire avec moi », ditil.
    « Un jour, j’ai rencontré un homme qui sautillait sur place et agitait les
    bras comme un fou. Je lui ai demandé pourquoi il bougeait sans arrêt
    et quel était son rêve. Il m’a répondu : je veux faire un métier qui va
    me permettre de bouger sans cesse. Je l’ai croisé à nouveau sur ma
    route, peu de temps après, il était devenu éboueur. Quel beau métier
    pour cet homme qui avait un rêve. »
    Documentaire
    Cette aventure a inspiré la production d’un documentaire de 50
    minutes (voir démo au http://www.enracontantpierrot.blogspot.com). Avec
    des moyens de fortune, deux jeunes finissantes en journalisme de
    l’Université de Montréal, Véronique Leduc et Geneviève VézinaMontplaisir,
    l’ont suivi sur la route pendant deux ans. « Je l’ai
    rencontré par hasard en octobre 2007.
    Il avait dormi sur la galerie de la salle de spectacle de mon copain à
    Lavaltrie », explique Véronique Leduc. Au début, je l’ai trouvé bizarre.
    On a jasé un peu, puis il a sorti sa guitare. J’ai été captivé par son
    histoire et l’idée d’un documentaire a germé tout de suite. »
    « Bien sûr, Pierrot ne fait pas l’unanimité auprès de tout le monde »,
    explique Véronique. « Son choix de vie, c’est un peu égoïste dans un
    sens, mais, en même temps, il est tellement tourné vers les autres.
    C’est un personnage très attachant. »
    Présenté en avantpremière
    au théâtre Le Patriote de SainteAgathedesMonts
    le 30 octobre, Pierrot : Le dernier homme libre s’amène au
    Café Qui fait quoi du 3428, rue StDenis,
    à Montréal le 4 décembre à
    20 heures (entrée 10$).
    « À 61 ans, je suis hanté par le succès de ces filles. En même temps,
    je suis complètement déstabilisé parce que le film porte sur moi. J’ai
    besoin que la salle soit pleine, pour elles, mais j’aimerais aussi
    m’enfouir 10 pieds sous terre, par trop de fragilité. »
    Au service des autres
    Son aventure lui a inspiré plus d’une centaine de chansons depuis le
    début de son vagabondage. « Je me suis inspiré de la vie de tous
    ces gens que j’ai rencontrés au fil de mon voyage. »
    Pierrot le vagabond est formel : la souffrance est nécessaire pour
    remplir son coffre à outils. Plus on souffre et plus notre coffre à outils
    s’enrichit.
    « C’est aussi le message que je veux transmettre. En fait, si j’ai une
    seule crainte, c’est celle de ne pas avoir assez servi. Je ne suis pas
    libre parce que je travaille. Dans les épreuves comme dans
    l’abondance, il faut s’occuper du rêve des autres. »
    Et puis d’un seul trait, après deux heures d’entrevue, Pierrot range sa
    guitare et ses souvenirs. « Je dois reprendre la route », ditil
    sans
    prévenir. « Il y a d’autres rêveurs qui attendent… »

    L’homme derrière le vagabond…
    Par Daniel Deslauriers
    Fou ou génie? Une chose est sûre : ce vagabondpoète
    ne laisse
    personne indifférent. Son parcours de vie est à l’image des routes
    qu’il arpente jour et nuit : tortueux et imprévisible.
    Originaire de La Tuque, il a grandi à quelques rues du grand Félix
    Leclerc. « Mon père a été le premier, au Canada, à ouvrir une station
    de télévision communautaire dans les années ‘60 », explique cet
    ermite des routes. L’expérience a mal tourné. Ruiné et sans le sou, il
    confie son fils aux frères du Collège Jean de Brébeuf à Montréal.
    « Je peux me vanter d’avoir été le seul pauvre à étudier dans ce
    collège en échange d’un peu de travail », ditil
    avec un grand rire.
    Plus tard, il enseignera la philosophie au Conservatoire de musique
    de Montréal avant de se consacrer corps et âme à la musique. Il
    fonde le groupe Les Contretemps, puis ouvre la boîte Les Deux
    Pierrot dans le VieuxMontréal
    et chante un peu partout dans le
    monde (Afrique, Allemagne, France et Japon). « Je n’ai jamais
    manqué de travail », précise Pierre Rochette avec une certaine fierté.
    Libre comme l’air
    Mais, l’appel de la liberté le tenaille sans cesse. Et puis, à l’aube de
    ses 50 ans, en plein spectacle et au beau milieu d’une chanson de
    Jacques Brel, il quitte la petite scène de l’Auberge La Calèche à
    SainteAgathedesMonts
    en disant :
    Tabarnack,
    laissezmoi
    partir!
    « Il nous restait encore trois ans de contrat », explique l’imprévisible
    Pierrot. « Je ne suis jamais remonté sur scène. »
    Son partenaire de scène, Denis Lamarre, ne lui en veut pas.
    Ensemble, ils ont fait plus de 3 000 spectacles au Québec et chanté
    devant plus d’un million de spectateurs pendant les 18 ans de leur
    association. « Pierrot est un homme sans attaches », ditil.
    « Il a
    toujours insisté pour serrer la main de tous les spectateurs présents.
    C’est un homme généreux, tourné vers les autres, mais qui veut
    rester libre dans toutes les facettes de sa vie. »
    Il donne ensuite sa maison, ferme ses comptes de banque et
    distribue tout son argent. Il laisse derrière lui ses trois enfants, issus
    de trois unions différentes, et bon nombre d’amis dans son village
    d’adoption, ValDavid,
    où il a été conseiller municipal avant de faire la
    chasse aux gourous (Médecins du Ciel) dans une saga qui a
    alimenté les médias pendant plusieurs mois en 1995.
    Assoiffé de connaissances
    « J’ai quitté la maison en laissant la porte ouverte avec, comme
    seules possessions, les vêtements que je portais et ma vieille guitare
    Yamaha. »
    Il s’enferme ensuite, sept jours sur sept, dans une bibliothèque de
    Victoriaville pour « raffiner sa culture générale » et « trouver sa place
    dans la littérature mondiale. » Assoiffé de connaissances, il lit
    régulièrement une dizaine de livres en même temps en commençant
    toujours par la fin. Avec une maîtrise sur le rire en poche, il prépare
    maintenant un doctorat en intelligence collective.
    Le squatter, qui sommeille en lui, s’installe ensuite au soussol
    d’une
    librairie alternative de cette ville. Entouré de livres, il dort sur une
    table. Il termine alors l’écriture du premier tome (Monsieur 2.7K) de
    sa trilogie. Son oeuvre compte plus de 3 000 pages. Depuis quelques
    jours, ce premier tome est disponible gratuitement sur le web à
    l’adresse qui apparaît plus bas.
    « Je suis un homme choyé. J’ai eu de bons parents et de bons
    partenaires de spectacle. Il insiste pour parler de son partenaire
    actuel, Michel Woodard, un vieil ami chansonnier qu’il a retrouvé
    après 35 ans de silence. Avec lui et sa conjointe Marlene Hall, ils ont
    décidé de réseauter tous les « rêveurs équitables » de la planète et
    organisent, de façon ponctuelle, des rencontres avec le public. Un
    site internet a été créé dans cette foulée (
    http://www.reveursequitables.com).

    merciiiii
    pierrot@reveursequitables.com

  3. La pire chose qui peut arriver à un philosophe c’est :

    Qu’un professeur de philosophie médiocre (Pierre Rochette) dénature sa philosophie sur le rêve pour se partir une « gagne ».

    Je ne pensais pas vivre cela de mon vivant!

    Pierre Rochette a bénéficié d’un accès privilégié à mon processus de création. Il aurait pu faire le choix de faire le bien, en le fessant bien! Il a plutôt choisi la facilité de la tricherie malgré les enseignements que je lui ai donnés.

    Moi, Gérard Cadieux créateur de la philosophie du Wow et auteur du livre ” Le Prince a réussi” tiens à me dissocier des activités de “Rêveur équitable” et de ses exploitants.

    Le tout étant fait sans mon consentement.

    Puisse le fatum rattraper les tricheurs et tenir loin de vous les tueurs de rêves! Wow-T=G3 (wow moins la tricherie égale le génie au cube)

    Gérard Cadieux

    Créateur de la philosophie du Wow décrite da le livre “Le prince a réussi”

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