If my assistant Jeannette Pope isn’t completely swamped, this post will be available in English in the coming week.

John Pilger, photo Simon Bujold.
Les Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal battent leur plein. Hier, j’ai vu The War on Democracy de John Pilger, qui s’était déplacé à Montréal. Pas mon genre de cinéma – les moments de spontanéité sont rares – mais une trés bonne analyse de l’intervention américaine et les forces progressistes en Amérique Latine. Et Pilger a été reçu en héros par une foule enthousiaste à l’Université Concordia. Une projection organisée conjointement avec l’impressionante série Cinema Politica.
La semaine passée j’avais demandé aux programmateurs des RIDM de nous dire leurs coups de coeur. Cette semaine ce sera le tour de mes amis cinéastes. Le programme du RIDM consacre une page à Carlos Ferrand, et le festival présente trois de ses court-métrages ainsi que son nouveau long-métrage Americano, produit par Les films du Tricycle. Carolos est un cinéaste visionnaire à l’affût des contradictions et ambiguités. Et il a une belle plume! Voici son coup de coeur, un film qui sera projeté cette semaine dans lequel un cinéaste Israélien reprend les matériaux d’un film de Chris Marker afin de construire sa propre vision des choses.

Carlos Ferrand, en bas, dans le rôle du papa.
Carlos écrit:
“Description of a Memory”, le film de Dan Geva, reste dans la tête et
dans l’esprit comme le proverbial vin “long en bouche”. À contrario de
la mode qui met la “simplicité” et autres synonymes de facilité au
coeur d’un trop grand nombre de discours, voilà une oeuvre ambitieuse,
complexe, difficile, riche et exigeante. Comme la mémoire que Dan Geva
essaie de rattraper, le film a de multiples facettes. Chose étonnante
la forme et le contenu sont en harmonie. Absent de l’oeuvre est la
tyrannie du contenu, trop présente dans trop des documentaires où la
forme se couche à plat devant le maître Réalité. Non, ici le
spectateur doit travailler presque autant que le cinéaste. En effet,
Dan Geva fait courir nos méninges et nous oblige a recomposer
constamment ses propos, les marier avec les images et décoder les
signes du film de Chris Marker et du sien. C’est la chasse au Sens et
le film, tourné avec un épouvantable objectif grand angulaire, semble
gober le monde. Trop n’est pas assez et l’agressivité de l’image fait
penser au combat entre la mangouste et le serpent. Une lutte à mort
contre la stupidité et les idées reçues.
Dan Geva a des couilles. Dan et son grand-angulaire se mesurent à
Chris Marker, monstre sacré du cinéma indépendant qui se prête au jeu
avec une générosité qui prouve qu’il mérite être un monstre et qu’on
le sacre. Dan la mangouste lui croque la tête et cela a un goût amer
comme la plus part des meilleurs toniques.
À manger cru.”