Doc impressionnant prend l’affiche: Up the Yangtze

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Je viens de voir le succès documentaire Up the Yangtze, production canadienne qui m’a vraiment impressionné. C’est un premier film de Yung Chang, jeune réalisateur d’origine chinoise, basé a Montréal. Il raconte l’épopée de la transformation du Three Gorges et de la vallée de la rivière Yangtze avec des éléments visuels grandioses, mais la raconte principalement à travers l’histoire touchante et intimement filmé d’une famille. Ils sont des fermiers pauvres et sans éducation et ils cultivent un petit lot de terre près de la rivière. Alors que les plans pour créer un barrage avancent, ils savent que leur terre sera inondée et ils seront déplacés ainsi que 2 millions d’autres personnes. Incapable de payer pour son éducation, ils envoient leur fille aînée pour obtenir un emploi sur un bateau de croisière pour touriste qui voyage le long de la rivière jusqu’au barrage, qui en est a ses dernières étapes de construction. Ce qui permet une opportunité formidable de montrer la rencontre de deux mondes et couper entre les guides de tournée obséquieux qui sont prêts à dire n’importe quoi pour plaire aux autorités et faire de l’argent, et la lutte de famille de fermier pour qui ce développement est un désastre. Les documentaristes minent cette veine riche à fond avec brio. Les nombreuses ironies et le caractère poignant de la situation dirige le film loin d’une analyse simpliste. Et loin d’idéaliser les anciennes façons, ils créent un contraste entre les vieilles difficultés de la pauvreté et le scintillement effronté d’un nouveau commercialisme promotionnel. À travers l’histoire d’une famille, vous avez le portrait de toute la Chine avec ses dilemmes économiques, environnementaux, humains. Il est aussi magnifiquement filmé et monté. Quel accomplissement!

Mon assistant Steven Ladouceur ajoute ceci: ( pardonnez quelques répétitions.)

Ce vendredi 22 février a Montréal débutera les projections de Up the Yangtze, le premier long-métrage documentaire extrêmement acclamé de Yung Chang au Forum AMC. La version française du film prendra l’affiche le 7 mars au cinéma Quartier Latin. Le Mirror dit que voir ce film est « une de ces expériences qui revigore et restaure la foi en medium du film documentaire. » Chang est un diplômé du programme de Production Cinéma de l’Université Concordia et son dernier accomplissement trouve ses origines d’un voyage «surréaliste » avec sa famille en Chine en 2002. Un an plus tard, Chang recevait du support des productions EyeSteelFilm à travers un ancien professeur Daniel Cross et puis par l’Office National du Film. Après avoir développé le projet en 2004 et 2005, le film a principalement été tourné en 2006 et la post-production a terminé en juillet 2007. Dès ses débuts, Up the Yangtze reçoit des prix et continue à le faire maintenant plus que jamais alors qu’il établit de nouveaux records au guichet.

Les Rendez-vous du cinéma québecois

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Scène du film ‘De l’autre côté du pays’ de Catherine Hébert

La 26e édition des Rendez-vous du cinéma québécois présentera du 14. au 24. Février une vaste sélection de 299 films produits au Québec dont un grand nombre de très bons documentaires.

À travers cette riche programmation, quatre films documentaires que nous avons déjà mentionnés sur ce blogue, prendront l’affiche. Voici les détails :

Catherine Hébert août07
DE L’AUTRE CÔTÉ DU PAYS réalisé par Catherine Hébert
Une œuvre méditative et esthétiquement achevée qui plonge au cœur de la guerre qui fait rage depuis 20 ans au nord de l’Ouganda. Un film qui jette un regard incisif sur l’une des pires – mais des plus méconnues – crises humanitaires du monde. Entièrement tourné en Ouganda et dépourvu de narration, ce documentaire donne la parole aux gens de ce pays coupé en deux.

Séance :
24 février 2008
16h00
Cinémathèque québécoise – Salle Fernand-Séguin

Pour en savoir plus sur ce film, vous pouvez lire mon post précédent

Photo Raymonde
LE DÉSHONNEUR DES CASQUES BLEUS réalisé par Raymonde Provencher
Ils portent les casques bleus de l’espoir. Ils arrivent dans des pays où des conflits meurtriers ont déchiré les populations. Leur rôle consiste à séparer les belligérants et à protéger les populations civiles. Mais savons-nous vraiment ce que font les Casques bleus? Des victimes et des témoins parlent.

Séance :
15 février 2008
20h30
Cinémathèque québécoise – Salle Fernand-Séguin

Pour en savoir plus sur ce film, visitez mon post précédent

Photo-Karina
UN COIN DU CIEL réalisé par Karina Goma
Mille et une histoires s’entrechoquent au CLSC Parc-Extension, l’un des quartiers les plus cosmopolites de Montréal. Cet étonnant «village» dans la ville rassemble des exilés qui rêvent de trouver un coin de ciel paisible à installer au-dessus de leurs têtes.

Séances :
18 février 2008
19h00
Centre Segal des arts de la scène

20 février 2008
18h00
Cinémathèque québécoise – Salle Fernand-Séguin

Pour en savoir plus sur ce film, vous pouvez lire mon post précédent

desjardins
LE PEUPLE INVISIBLE réalisé par Richard Desjardins et Robert Monderie
Le peuple invisible sort de l’ombre la nation algonquine. Riche de 5000 ans d’histoire, cette culture autochtone apparaît sérieusement menacée. Comptant environ 9000 personnes réparties dans une dizaine de communautés au Québec, souvent pauvres et aux droits constamment bafoués, ce peuple amérindien se trouve maintenant à la croisée des chemins.

Séances :
16 février 2008
19h00
Centre Segal des arts de la scène

19 février 2008
18h00
Cinémathèque québécoise – Salle Fernand-Séguin

Pour en savoir plus sur ce film, lisez mon post précédent

Une ressoruce précieuse: le site web de Lois Siegel

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‘Model’ de Frederick Wiseman

Il y a un mois j’ai parlé de plusieurs listes de ‘meilleurs documentaires’ sur ce blogue et il semble que cela a engendré toute une discussion. Tant mieux, car ces listes, qui sont toutes subjectives bien sûre, ont besoin d’être examinées. Et comme toujours quand on se penche sur un sujet, on apprend quelque chose de nouveau. Une des nombreuses ressources apportées à mon attention ces dernières semaines est le formidable site web de Lois Siegel, qui comprend aussi une liste de documentaires. Lois n’a pas de prétention particulière quant à sa liste, mais c’est une très bonne source pour les gens à la recherche de bons documentaires. J’en ai parlé avec Lois:

Comment as-tu commencé ta liste ?

La Liste des Films Documentaires fait partie de mon site web Film Fanatics :
Le site web en question contient toutes sortes d’informations : sur le jeu, l’animation, les films documentaires, les cinéastes, le financement, l’histoire, la scénarisation, les écoles…Tout ce qui pourrait être intéressant à mes lecteurs et me servir comme une bonne référence. Mes étudiants en production vidéo à l’Université d’Ottawa ont accès au site, ainsi que les jeunes cinéastes que je conseille et encadre.

Quels sont tes critères pour inclure un film ?

Quand je vois un film que j’aime, je vais souvent l’ajouter sur la liste.
Je n’ai pas eu le temps de rajouter tous les films que j’ai aimés sur la liste. J’en rajoute au fur et à mesure. J’ai une liste de presque 200 films que je faisais visionner dans mes cours au Collège John Abbot et maintenant à l’Université d’Ottawa.
Il me reste encore à ajouter les films affichés sur mon site sur les Cinéastes Documentaires
Il s’agit d’un ouvrage en cours. J’aimerais avoir plus d’heures dans ma journée pour y consacrer. Je travaille comme photographe pigiste, musicienne et j’enseigne, alors mon temps est assez limité.
Parfois les films que je trouve bons reflètent mes intérêts personnels, par exemple le film ‘Model’ de Frederick Wiseman. J’ai vraiment aimé ce film…Étant photographe, le sujet du film m’intéresse et il y a aussi toute la partie qui montre comment tourner une publicité, ce qui me concerne en tant que cinéaste. J’aime aussi son film ‘The Store’ car j’ai grandi dans des magasins dont mon père était propriétaire. Quelqu’un d’autre verrait ce film autrement car cette personne n’a pas eu la même expérience que moi.

Nous apportons aux films notre personnalité, notre vision du monde et notre façon de le concevoir. Il n’existe pas deux personnes qui ont la même expérience.
J’aime les films sur les joueurs d’échecs car je jouais aux échecs quand j’étais jeune. Si vous n’êtes pas un joueur, vous pourriez trouver ce genre de films ennuyants.
J’ai plus de 1000 pages sur mon site web principal.
J’ai beaucoup d’intérêts et je travaille sur mon site un peu tous les jours.

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Lois Siegel

Est-ce que tu cherches des films qui correspondent à tes critères ou tu prends des films que tu vois par hasard ?

J’inclus les films que je vais voir au cinéma, mais je suis à toujours à la recherche de films intéressants. Je regarde des films tout le temps. Et j’allais voir des films au Festival des Films du Monde à Montréal pendant des années.
En tant que cinéaste, je veux voir autant de films que possible. Quand je travaillais à l’ONF, j’avais l’habitude de prendre les films 16mm à la maison pour les visionner, après c’était des cassettes VHS. Maintenant je loue les films à la Bibliothèque publique d’Ottawa et à l’Université d’Ottawa (VHS, DVD)
L’enseignement me permet d’avoir accès aux films que je ne verrai pas autrement. J’ai peux commander des films pour les visionner ou les acheter. Je vais aussi voir les films au Cinéma Bytowne – visionnements de presse, car j’écris des critiques pour mon site et pour le Glebe Report (Ottawa)

Ton site est très populaire, est-ce que tu sais qui sont les visiteurs?

Mon réseau de pages Web reçoit 55.000 visites par jour. (non seulement la page sur le cinéma documentaire).

Les gens de partout dans le monde vont sur mon site.
Octobre dernier il y a eu 1.5 million de visites.

Merci à Dijana Lazar pour son aide avec ce post

A precious resource: Lois Siegel’s website

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Model by Frederick Wiseman

A month ago I talked about several lists of ‘best documentaries’ on this blog, and seem to have started quite a discussion. Good, because these lists – all of course subjective – need to be discussed. And as always when you do something you learn someting, One of the many resources brought to my attention over the last few weeks is Lois Siegel’s terrific web site, which includes a list of documentaries. Lois has no particular pretensions with her list, but it’s one good source for people looking for good docs. I spoke to Lois about it:

How did you come to start your list ?

The Documentary Film List is part of my website Film Fanatics. The site has all kinds of information on it: acting, animation, documentary films, feature films, filmmakers, funding, history, screenwriting, schools…anything that I think might be of interest to someone and it serves as a good reference for me. and my video students at the University of Ottawa also have access to it and young filmmakers I mentor.

What are your criteria for including a film?

When I see films that I like, I often add them to the list. I haven’t had time to add every film I like to the list. I add a bit at a time. I have a list of almost 200 films that I used to show in my classes at John Abbott College, and now at the University of Ottawa. I still have to add films that appear on my Documentary Filmmakers site. This is a work in progress. I need more hours in a day. I’m working as a freelance photographer, a musician and I teach, so my time is limited.

Sometimes the films I like reflect my personal interests… e.g. “Model” by Frederick Wiseman. I really like this film… I’m a photographer, so this film interests me, and I’m a filmmaker, and there’s a section on filming a commercial in Wiseman’s production. I also like his film “The Store” because I grew up in department stores. My father owned them. Other people wouldn’t see this film the same way I see it because of my background.

We bring to films who we are, how we see the world, and what we understand about it. No two people have the same background. I like films about chess players because I played chess as a child. If you didn’t, then these films might bore you.

I have over 1000 pages on my main website now. I have many interests. and I work on the pages a bit every day.

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Lois Siegel

Do you try to find all films that correspond to your criteria, or you just go with films you happen to see ?

I include films I see, but I’m always looking for interesting films. I view films all the time. And I went to the Montreal World Film Festival for years. As a filmmaker, I wanted to see as many films as possible. When I worked at The National Film Board, I used to take 16mm films home to screen all the time, then it was VHS tapes. Now I borrow films from the Ottawa Public Library and the University of Ottawa library (VHS, DVD).

Teaching allows me to see films I might not otherwise have access to. I can request films for purchase or for viewing. I also see films at the Bytowne Cinema – press screenings, because I write reviews for my website and for The Glebe Report (Ottawa).

Your site attracts a lot of traffic, do you know who visits?

My complex of web pages attracts 55,000 hits a day (not just the documentary page).

People from all over the world visit my site. Last October there were 1.5 million hits.

Launching the Granny Power fundraising campaign

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Raging Grannies at their last Unconvention. Photo Simon Bujold.

For the last three years I have been working on a film about the Raging Grannies. This film is about a Canadian movement which has become international. It’s about using humour to fight for peace, social justice and the environment. It’s about learning how to grow old and remain an active citizen. It’s about a voice in society for older women. We have a French-language broadcaster but there is little interest among English-language ones. That’s why we – our producers at Island Filmworks and our team – are launching a private fundraising drive. We want to collect some of the money needed for the film, and we want to build momentum.

My desire to make a film about the Raging Grannies stems from many years of seeing these wonderful and inspiring women in action, at rallies and demonstrations for peace, environmental protection and social justice. The theme that runs through all my work is that of people standing up for their rights. And whenever there’s a David fighting a Goliath, the Grannies are never far away! I even remember seeing them singing, one of them in a wheelchair, against the background of clouds of teargas at the Quebec City Summit of the Americas.

Over the last three years I have been privileged to meet and get to know Raging Grannies across Canada and the U.S., including the founding Grannies in Victoria B.C. I filmed their 20th anniversary celebrations (see my previous post on the Victoria Grannies shoot), as well as several other events we didn’t want to miss – the arrest and trial of 20 grannies arrested for their anti-war protests in New York was one of them. It was a little unfortunate that so much of the travel and other expenses had to be charged to our credit cards – but the footage is in the can, that’s what counts.

And here is a short video which gives you an idea of what kind of situations you might find in the film:
[youtube 8yDj098xCGE]

I have the privilege of working with some veteran filmmakers who are also good friends on this project, Martin Duckworth, Carole Roy and Terre Nash among them. It seems all the conditions are there for making a great film. My personal hope is that we will succeed in doing just what those wonderful Grannies do: use humor, irony and creativity to entertain an audience while making it think about important issues.

One of our main characters, Muriel Duckworth, is now preparing to celebrate her 99th birthday. The founding Grannies in Victoria are still active but frail as they celebrate the 20th anniversary of the movement. It is high time to make this film. If the broadcasters won’t support us, we’re convinced the public will.

I am fortunate to have an excellent coordinator for the fundraising campaign, Dijana Lazar. I’ll let her tell you how it is organized:

We have decided to launch a private on-line fundraising campaign to help finance the Granny Power project, using an internet fundraising platform called GiveMeaning.Com

With the help of a Montreal based NGO called Alternatives and our interns from Montreal and Toronto, we are aiming to raise 25000$ to kick start the project and prove we have popular support. We need your help to achieve that!

You can contribute to this campaign in many ways : by voting for our project (voting process lasts for another week), by supporting it financially (fundraising starts on February 12th and all donations over 5$ are tax deductible), by spreading the word amongst your friends and contacts, by posting a link for our web page on your blog or web site…
Your support will be greatly appreciated!

Please visit our web page on GiveMeaning : Granny Power project

And our web site for the Granny Power film

Thank you!

Lancement de la campagne de financement pour Granny Power

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Les Mémés Déchaînées à l’occasion de leur dernière ‘Unconvention’. Photo Simon Bujold

Depuis trois ans je travaille sur un film sur les Mémés Déchaînées, un mouvement canadien à la base, mais qui est depuis devenu international. C’est un film qui va montrer comment se servir de l’humour pour réclamer la paix, la justice sociale et le respect de l’environnement, c’est un film sur le vieillissement et comment rester actif, c’est un film qui donne la parole aux femmes âgées dans notre société. Nous avons un télédiffuseur de langue française, mais il y a peu d’intérêt du côté des télédiffuseurs de langue anglaise. C’est pour cela que notre équipe, appuyée par nos producteurs chez Films de l’Isle, lance une campagne de financement privé. Nous voulons recueillir une partie de la somme nécessaire pour réaliser le film et nous voulons aussi créer un élan d’énergie entourant ce film.

Mon désir de faire un film sur les Mémés Déchaînées découle de mon expérience de voir pendant des années ces magnifiques femmes protester lors des manifestations pour la paix, la protection de l’environnement et la justice sociale. Le thème qui traverse tout mon travail est celui des gens qui militent pour leurs droits. Et les Mémés ne sont jamais loin quand il y a un David qui lutte contre un Goliath! Je me souviens de les avoir vues, une des mémés était même en chaise roulante, en plein milieu d’un nuage de gaz lacrymogène pendant le Sommet des Amériques.

Pendant ces trois dernières années, j’ai eu le privilège de rencontrer les Mémés Déchaînées à travers le Canada et les États-Unis, y compris les Mémés fondatrices à Victoria en Colombie-Britannique. J’ai filmé les célébrations à l’occasion de leur 20ème anniversaire (voir mon post précédent sur le tournage à Victoria), ainsi que plusieurs autres événements importants, dont l’arrestation à New York de 20 mémés lors d’une manifestation contre la guerre en Iraq. Malheureusement une grande partie des déplacements et autres coûts reliés au tournage devaient être chargés sur nos cartes de crédits, mais l’important c’est que nous avons le matériel filmé.

Et voici un petit vidéo qui montre le genre de situations que vous allez voir dans le film:
[youtube 8yDj098xCGE]

J’ai aussi la chance de travailler avec quelques vétérans du métier, qui sont aussi mes très bons amis, dont Martin Duckworth, Carole Roy et Terre Nash. Mon souhait personnel est qu’on réussisse à faire exactement ce que les mémés font : utiliser l’humour, l’ironie et la créativité pour divertir le public tout en le faisant réfléchir à des problèmes pressants.

Un de nos personnages principaux, Muriel Duckworth se prépare à fêter son 99ème anniversaire. Les mémés fondatrices à Victoria sont toujours actives mais fragiles, en célébrant le 20ème anniversaire de leur mouvement. C’est vraiment le moment de faire ce film. Si les télédiffuseurs ne veulent pas nous appuyer, nous sommes convaincus que le public le fera.

J’ai la chance de travailler avec une excellente coordonnatrice pour la campagne de levée de fonds, Dijana Lazar. Elle va vous expliquer comment ça marche:

Nous avons décidé de lancer une campagne de levée de fonds en ligne pour aider à financer le projet de film Granny Power, en utilisant la plateforme Internet de collecte de fonds appelé GiveMeaning.Com

Avec l’aide de l’ONG montréalaise Alternatives et nos stagiaires basés à Montréal et à Toronto, on vise à recueillir 25000$ pour démarrer le projet et montrer qu’il bénéficie d’un support populaire. Et nous avons besoin de votre aide pour atteindre ce but!

Vous pouvez contribuer à cette campagne de plusieurs façons: en votant pour le projet (le processus de vote se poursuit encore une semaine), en faisant un don monétaire (la collecte de fonds débute le 12 février et tous les dons de 5 $ et plus sont déductibles d’impôts), en faisant suivre le message à vos contacts et amis, en affichant le lien pour notre page web sur votre site ou blogue…
Votre appui sera grandement apprécié!

Veuillez visiter notre page web sur Give Meaning : Projet Granny Power

Ainsi que le site web du film: Granny Power film

Merci!

Doc Challenge, Quickie filmmaking !

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Team Beijing Dreams From China – behind the scenes of award-winning Lao Shan Lao Yin – Jakob makeup

 

I am amazed how many people are able and willing to make films without funding. A couple of years ago I chaired a competition called Green Camera ( Caméra verte) and we received 135 short films although the deadline was tight. There are also a number of competitions where teams make films in 48 hours of a week. One of the better established ones is The International Documentary Challenge which returns to Hot Docs in April 2008. Registration for the 3rd annual Doc Challenge held from March 6 to 10 2008, is now open. I put a few questions to the producer of the event Doug Whyte.

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Doug Whyte, Doc Challenge Producer.

 

1. Where did the idea come from?

I work for KDHX Community Media (www.kdhx.org), a non-profit community media organization in St. Louis, MO. (Though I am now based out of Portland, OR.) I produce the St. Louis 48 Hour Film Project (www.48hourfilm.com) for them and after seeing how the fiction filmmaking community has embraced the 48 Hour Film Project, I figured I’d try and launch a similar event for non-fiction filmmakers. Of course, I wasn’t sure how this would work for docs since it often takes years to make a decent one. But the results have been tremendous! The films are so good that Hot Docs Canadian International Documentary Film Festival (www.hotdocs.ca) came on board to be the Presenting Partner and host the premiere of the finalists and the awards ceremony. Other screening partners include SILVERDOCS, the Big Sky Documentary Film Festival, the International Documentary Association, the Documentary Organization of Canada and the 48 Hour Film Project.

2. And how many times have you done this?

This will be the third year of the Doc Challenge and the second year at Hot Docs. This year we will be doing more regional screenings in cities with clusters of participants, including (most likely) Los Angeles, Seattle, Portland, St. Louis, Washington DC, Missoula, and Toronto. These screenings will showcase the locally made films as well as some of the international winners.

3. Is there a theme, or constraints? When do the contestants learn what they are?

On Thursday morning March 6 each team is given the choice of genres for its film, be it Character Study, 1st Person, Music, etc. In addition, all filmmakers will be given a broad theme (such as “Freedom”) that must be addressed at some point in their film. To ensure the films were made within the required time frame, each team must prove the date the film was made by adding a time element to the film or credits (such as the main subject holding a newspaper.)

Then the film must be sent to Doc Challenge headquarters with a postmark no later than Monday, March 10.

4. It seems more and more people are willing to contribute audiovisual pieces for free, to competitions and web sites. Do you think established people with a production company or whatever have an edge here, or that it’s really a pretty equal playing field given how accessible new technologies are?

I would say in a competition like this it is a fairly equal playing field. With such a short time frame, it comes down to engaging characters and story (as it usually does.) That’s not to say that very professional camera work and editing doesn’t give a film an advantage, but it must have the story first. Some of our finalists in the past 2 years have ranged from established filmmakers like Doug Hawes-Davis (Libby, Montana on POV) to first-timers that found extremely engaging and unique subjects. The Doc Challenge is an event that appeals to both novice and professional filmmakers alike: novice filmmakers have the opportunity to go through the whole filmmaking process in less than a week, learning the art of documentary production in a trial by fire situation, and professionals have the opportunity to work on a creative, personal project without having to commit years of their life. One thing I would like to say about this event is that filmmakers are doing much more than just entering a festival. First, we limit the number of entries (250) where festivals do not. (Sundance just had over 8,000!) Second, by registering, they are in the competition, not just “considered” for it. We work toward getting the films screened and distributed, no matter if they are winners or not. At a festival you get one screening (maybe two.) In the last 2 years we worked all year on getting the films screened many times and we actually got more TV distribution for non-winners than winners! And if we find distribution for a film, the split is 75% (filmmaker) to 25% (Doc Challenge.) Also, we are a non-profit organization and all proceeds go back into the event to make it better.

Thanks to Steven Ladouceur for the help with this blog.


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Complete details and entry forms can be found online at http://www.docchallenge.org/
Email info@docchallenge.org with questions.
Check out Hot Docs here: http://www.hotdocs.ca

Défi documentaire, petites vites !

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L’équipe Beijing Dreams From China – arrière-scène du lauréat Lao Shan Lao Yin – Jakob au maquillage

 

C’est impressionant de voir jusqu’à quel point les gens sont prêts à faire des vidéos sans financement, et capables de les faire. Il y a quelques années j’ai présidé un concours qui s’appellait ‘Caméra Verte’ – qui sera d’aileurs bientôt relancé – et nous avions reçu 135 films malgré des délais serrés. Et il y a plusieurs concours qui se déroulent sur 48 heures ou une semaine. Un des plus établis est l’International Documentary Challenge qui fera son retour à Hot Docs en Avril 2008.La période d’inscriptions pour le 3ieme Doc Challenge annuel, qui sera tenu du 6 au 10 Mars 2008, est maintenant ouverte. J’ai posé quelques questions à Doug Whyte, le producteur de l’évènement.

 

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Doug Whyte, Producteur de Doc Challenge.

 

1. D’où est venue l’idée?

Je travaille pour KDHX Community Media (www.kdhx.org), un organisme a but non-lucratif de media communautaire à Saint-Louis au Missouri. (quoique je sois maintenant installé à Portland, Oregon.) Je suis producteur du St. Louis 48 Hour Film Project (www.48hourfilm.com) pour eux et après avoir constaté à quel point la communauté de réalisation fiction s’est intéressé au 48 Hour Film Project, je me suis dit que j’allais tenter le lancement d’un évènement semblable pour les réalisateurs non-fiction. Bien sûr je n’étais pas certain comment ça allait fonctionner pour les documentaires car ça prend souvent des années pour en faire un acceptable. Mais les résultats ont été fantastiques! Les films sont si bons que Hot Docs Canadian International Documentary Film Festival (www.hotdocs.ca) a embarqué pour être partenaire de présentation et hôte de la première des finalistes et de la cérémonie des prix. Parmi les autres partenaires de présentation il y a SILVERDOCS, le Big Sky Documentary Film Festival, l’International Documentary Association, le Documentary Organization of Canada et le 48 Hour Film Project.

2. Et combien de fois l’avez-vous fait?

Ce sera la troisième année pour Doc Challenge et la deuxième année pour Hot Docs. Cette année nous allons avoir des projections régionales dans les villes avec des groupes de participants, incluant (fort probablement) Los Angèle, Seattle, Portland, Saint-Louis, Washington, Missoula et Toronto. Ces projections présenteront des films créés localement ainsi que quelques-uns des gagnants internationaux.

3. Y a-t-il un thème ou des contraintes? Quand est-ce que les concurrents apprennent-ils ce qu’ils sont?

Le matin du Jeudi 6 mars chaque équipe se fait donner un choix de genre pour son film, que ce soit Étude de Personnage, Première Personne, Musique, etc. De plus, tous les réalisateurs se font donner un thème général (tel que « Liberté ») qui doit être adressé à un certain point dans le film. Afin de s’assurer que les films ont été créé a l’intérieur du délai de temps requis, chaque équipe doit prouver la date à laquelle le film a été créé par l’ajout d’un élément de temps au film ou au générique (tel que le sujet principal tenant un journal.) Puis, le film doit être envoyé au siège principal de Doc Challenge avec le cachet de la poste datant au plus tard le Lundi 10 mars.

4. Il semble y avoir de plus en plus de gens qui sont prêt à contribuer des morceaux audiovisuels gratuitement, aux compétitions et aux sites web. Croyez-vous que les gens établis avec une compagnie de production ou autre ont un avantage, ou c’est vraiment un terrain de jeux égal étant donné l’accessibilité des nouvelles technologies?

Je dirais que dans une compétition comme celle-ci, c’est un terrain de jeux assez égal. Avec un si court délai de temps, c’est une question de personnages et d’histoires intéressantes (comme a l’habitude.) Ce n’est pas pour dire qu’un travaille de caméra et de montage professionnel ne donne pas d’avantage, mais il doit y avoir l’histoire d’abord. Certains de nos finalistes des deux dernières années ont variés de réalisateurs établis comme Doug Hawes-Davis (Libby, Montana on POV) à de nouveaux venus qui ont su trouvé des sujets extrêmement engageants et uniques. Le Doc Challenge est un évènement qui attire autant les réalisateurs novices que les professionnels: les réalisateurs novices ont l’opportunité de travailler sur un projet créatif et personnel sans avoir à s’engager pendant des années de leurs vies. Une chose que j’aimerais dire a propos de cet évènement est que les réalisateurs font beaucoup plus que simplement s’inscrire à un festival. D’abord nous limitons le nombre de participants (250) et les festivals ne le font pas (Sundance en avait au delà de 8000!) Deuxièmement, en s’inscrivant, ils font partie de la compétition et non pas juste considérer pour. Nous travaillons vers la projection et la distribution des films, qu’ils gagnent ou non. Aux festivals, on a une présentation (peut-être deux.) Dans les deux dernières années nous avons travaillé toute l’année de sorte à ce que les films soient projetés et nous avons en fait eu plus de distribution télé pour les non-gagnants que les gagnants! Et si nous trouvons une distribution pour un film, 75% des recettes vont aux réalisateurs et 25% a Doc Challenge. Aussi, nous sommes un organisme à but non-lucratif et tous les gains sont réinvestis dans l’évènement pour l’améliorer.

Merci à Steven Ladoucur pourl’aide avec ce blogue.

 

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Les détails complets et le formulaire d’inscription peuvent être trouvé (en anglais seulement) au http://www.docchallenge.org/
Pour les questions par courriel (en anglais seulement) info@docchallenge.org
Visitez Hot Docs (en anglais seulement): http://www.hotdocs.ca

What are doc filmmakers in ‘third world’ countries working on ?

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Danièle Lacourse, Director of the Alter-ciné Foundation.

What are documentary filmmakers in ‘third world’ countries working on ? One way to find out is to talk to the Director of the Alter-Ciné Foundation, Danièle Lacourse. The Foundation was established in memory of my friend and colleague Yvan Patry, a pioneering filmmaker and Danièle’s partner, who died ten years ago. It aims to support filmmakers in developing countries whose work promotes human rights and gives out two or three cash awards each year. ( for last years awards see my blog post) Here is my conversation with Danièle:

1. In general, in the projects that you receive from Southern countries, is it the subjects that are pre-eminent or is there also a will to develop an original treatment?

It varies from one country to the other, from one project to the other. I believe that there are more and more filmmakers from the south that are also preoccupied with treatment in order to give more impact to their films. This is seen particularly in countries where there is a strong documentary tradition, like in Argentine for instance.

In terms of our criteria, the main requirement is that the film treats of rights and liberties, understood in its broadest sense, i.e. as much political rights, as economical, social, cultural and other. But if the theme is important, the treatment is also in our view: the foundation supports the documentary of creation, therefore an approach and course of action that is cinematically original and creative, that actually often serves the point better than a didactic documentary, suited or tele formatted.

2. Are there notable differences between the continents? In terms of the nature of the projects and of the filmmakers situations?

First difference: 75% of the projects that we receive are from Latin America, therefore only 25% of the projects that come from Asia and Africa. Difficult to analyse the causes: is it only better access to the internet or better networking, closer ties between documentary filmmakers of Latin America that circulate the information between their associations? Or is there a greater production of documentaries in Latin America compared to Africa and Asia? One thing is certain, filmmakers from Africa and Asia seem more isolated than those in Latin America, but this impression remains to be verified.

With regard to the nature of the projects, it is difficult to see thematic differences between continents, even if certain themes, like the one of disappearances for example, are accosted more in Latin America than elsewhere. With regard to the cinematic approach, it comes from the culture and the history. For example, the African filmmakers often have a montage approach, of time and duration, different from the one found in Latin American filmmakers, as they give particular importance to the “voice” in the narrative.

3. Since the foundation began its activities, what are the changes that you have noticed in the projects submitted?

A greater variety of themes and approaches. In the beginning, we received many more projects strictly about political and economical rights (repression, dictatorship, poverty, etc) with a rather classic cinematic treatment or closer to reportage or the “didactic tool”. Currently, we are receiving more projects dealing with questions of the environment, indigenous peoples, immigration, cultures and the treatment is more often closer to direct cinema, more audacious, more personal, more creative.

4. Here I imagine that the average budget of a one hour documentary is $350,000. How is it for the proposals that you receive?

It varies considerably from one project to the other. The majority of the projects have a budget somewhere between $60,000 et $150,000. But there are also projects that are shot with $30,000 or less: in that case, the director often has access to “borrowed” equipment for shooting and editing. In the case of the documentary “Oscar” by the Argentinean Sergio Morkin for example, the budget was minor. Sergio shot it himself with cameras here and there; he recycled his shooting cassettes; and all of his friends were put to contribution to help direct the film. The small digital cameras also contributed to “democratizing” the documentary by cutting the production costs. In the case of “Raymundo”, the directors had installed their small editing unit in their living room which allowed them to edit during one whole year, which would’ve been unthinkable if they had had to rent an editing suite. What we were also able to notice, is that, when there is an emergency, these filmmakers always find a way to make their films, even without exterior financing.

5. How are these films from the South distributed?

Many of these films are presented in festivals (the film “Raymundo” for example won 15 prizes in various festivals around the world), which allows a certain visibility. But they are mostly distributed in various local and national networks: organisms involved in the defence of rights and liberties, neighbourhood organizations, community organisms, unions, universities, etc. In general, the directors accompany this distribution of their film and get in direct contact with the public that is involved. Sometimes also, certain documentaries (like “Keiskamma une histoire d’amour”) have been presented on a national television channel (SABC in South Africa), which give the possibility to touch another public.

(Thanks to Steven Ladouceur for his help with this post)

Que préparent les cinéastes du ‘Tiers-monde?’

D. Lacourse 2
Danièle Lacourse, Director of the Alter-ciné Foundation.

Quels sont les thèmes abordés par les cinéastes des pays du ‘Tiers Monde’? Une façon de l’apprendre est de parler avec la Directrice de la Fondation Alter-Ciné, Danièle Lacourse. La fondation a été créée à la mémoire de mon collègue et ami Yvan Patry, cinéaste pionnier et partenaire de Danièle, décédé il y a dix ans. Le but de la fondation est de soutenir les cinéastes des pays en développement dont le travail fait la promotion des droits de l’homme et de leur attribuer deux ou trois prix en argent chaque année (pour lire sur les lauréats de l’année dernière, visitez mon post) Voici ma conversation avec Danièle:

1. En général, dans les projets que vous recevez des pays du Sud, ce sont les sujets qui priment ou il y a aussi une volonté de développer un traitement original ?

Cela varie vraiment d’un pays à l’autre, d’un projet a l autre. Je crois qu il y a de plus en plus de cineastes du sud qui se préoccupent aussi du traitement afin de donner plus d’impact a leur film. Cela se voit en particulier dans des pays où il y a une forte tradition documentaire, comme en Argentine par exemple.

En termes de nos critères, la principale exigence, c’est que le film traite des droits et libertés, compris dans son sens le plus large, i.e. autant les droits politiques, qu’économiques, sociaux, culturels, et autres. Mais si le thème est important, le traitement l’est aussi à nos yeux: la Fondation soutient le documentaire de création, donc une approche et une démarche cinématographique originale, créative, qui sert d’ailleurs souvent mieux le propos qu’un documentaire didactique, convenu ou formaté télé.

2. Y a-t il des différences notables entre les continents ? En termes de la nature des projets, et de la situation des cinéastes ?

Première différence: 75% des projets que nous recevons proviennent d’Amérique latine, donc il n’y a que 25% des projets qui proviennent d’Asie et d’Afrique. Difficile d’analyser les causes: s’agit-il seulement d’un meilleur accès à l’internet ou
d’un meilleur “réseautage”, de liens plus étroits entre documentaristes d’Amérique latine qui font circuler l’information entre leurs associations? Ou est-ce qu’il y a une plus grande production de documentaires en Amérique latine par rapport à l’Afrique et à l’Asie?
Chose certaine, les cinéastes d’Afrique et d’Asie nous semblent plus isolés que ceux d’Amérique latine, mais cela demeure une impression qui reste à vérifier.

Quant à la nature des projets, il est difficile de voir des différences thématiques entre continents, même si certains thèmes comme celui des disparitions par exemple sont beaucoup plus abordés en Amérique latine qu’ailleurs. Quant à l’approche cinématographique, elle relève aussi de la culture et de l’histoire. Par exemple, les cinéastes africains ont
souvent une approche du montage, du temps et de la durée, différente de celle que l’on trouve chez les cinéastes latino-américains, de même qu’ils accordent une importance particulière à la “parole” dans le récit.

3. Depuis que la fondation a commençé ses activités, quels sont les changements que tu as remarqué dans les projets soumis?

Une plus grande variété de thèmes et d’approches. Au début, on recevait beaucoup plus de projets strictement sur les droits politiques et économiques (répression, dictature, pauvreté, etc) avec un traitement cinématographique plutôt “classique” ou s’approchant du reportage ou de l'”outil didactique”.
Actuellement, nous recevons plus de projets traitant des questions environnementales, autochtones, d’immigration, culturelles, et le traitement est souvent plus près du cinéma direct, plus audacieux, plus personnel, plus créatif.

4. Ici j’imagine que le budget moyen d’un documentaire d’une heure est de $350.000. Qu’en est-il des propositions que vous reçevez ?

Cela varie considérablement d’un projet à l’autre. La majorité des projets ont un budget se situant entre 60,000 et 150,000$. Mais il y a aussi des projets qui se tournent avec 30,000$ ou moins: dans ce cas, le réalisateur ou la
réalisatrice a souvent accès à de l’équipement de tournage et de montage “prêté”. Dans le cas du documentaire “Oscar” de l’Argentin Sergio Morkin par exemple, le budget était minime. Sergio filmait lui-même avec des caméras empruntées à droite et à gauche; il recyclait ses cassettes de tournage; et tous ses amis étaient mis àcontribution pour aider à réaliser le film. Les petites caméras numériques ont aussi contribué à “démocratiser” le documentaire en coupant les coûts de
production. Dans le cas de “Raymundo”, les réalisateurs avaient installé leur petite unité de montage dans leur salon, ce qui leur a permis de monter pendant toute une année, ce qui aurait été impensable s’ils avaient dû louer une salle de montage. Ce que nous avons pu constater aussi, c’est que, quand il y a urgence, ces cinéastes trouvent toujours le moyen de faire leur film, meme sans financement extérieur

5. Comment ses films du Sud sont-ils distribués ?

Beaucoup de ces films sont présentés dans des festivals (le film “Raymundo” parexemple a remporté 15 prix dans divers festivals à travers le monde), ce qui permet une certaine visibilité. Mais ils sont surtout distribués dans divers réseaux locaux et nationaux: organismes impliqués dans la défense de droits et libertés, organisations de quartiers et organismes communautaires, syndicats, universités, etc. En général, les réalisateurs et réalisatrices accompagnent cette distribution de leur film et entrent en contact direct avec le public concerné.
Parfois aussi, certains documentaires (comme “Keiskamma une histoire d’amour”) ont été présentés sur une chaîne de télé nationale (SABC en Afrique du Sud), ce qui leur donne la possibilité de toucher un autre public.

(Merci à Steven Ladouceur pour son aide avec ce post)