Défi documentaire, petites vites !

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L’équipe Beijing Dreams From China – arrière-scène du lauréat Lao Shan Lao Yin – Jakob au maquillage

 

C’est impressionant de voir jusqu’à quel point les gens sont prêts à faire des vidéos sans financement, et capables de les faire. Il y a quelques années j’ai présidé un concours qui s’appellait ‘Caméra Verte’ – qui sera d’aileurs bientôt relancé – et nous avions reçu 135 films malgré des délais serrés. Et il y a plusieurs concours qui se déroulent sur 48 heures ou une semaine. Un des plus établis est l’International Documentary Challenge qui fera son retour à Hot Docs en Avril 2008.La période d’inscriptions pour le 3ieme Doc Challenge annuel, qui sera tenu du 6 au 10 Mars 2008, est maintenant ouverte. J’ai posé quelques questions à Doug Whyte, le producteur de l’évènement.

 

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Doug Whyte, Producteur de Doc Challenge.

 

1. D’où est venue l’idée?

Je travaille pour KDHX Community Media (www.kdhx.org), un organisme a but non-lucratif de media communautaire à Saint-Louis au Missouri. (quoique je sois maintenant installé à Portland, Oregon.) Je suis producteur du St. Louis 48 Hour Film Project (www.48hourfilm.com) pour eux et après avoir constaté à quel point la communauté de réalisation fiction s’est intéressé au 48 Hour Film Project, je me suis dit que j’allais tenter le lancement d’un évènement semblable pour les réalisateurs non-fiction. Bien sûr je n’étais pas certain comment ça allait fonctionner pour les documentaires car ça prend souvent des années pour en faire un acceptable. Mais les résultats ont été fantastiques! Les films sont si bons que Hot Docs Canadian International Documentary Film Festival (www.hotdocs.ca) a embarqué pour être partenaire de présentation et hôte de la première des finalistes et de la cérémonie des prix. Parmi les autres partenaires de présentation il y a SILVERDOCS, le Big Sky Documentary Film Festival, l’International Documentary Association, le Documentary Organization of Canada et le 48 Hour Film Project.

2. Et combien de fois l’avez-vous fait?

Ce sera la troisième année pour Doc Challenge et la deuxième année pour Hot Docs. Cette année nous allons avoir des projections régionales dans les villes avec des groupes de participants, incluant (fort probablement) Los Angèle, Seattle, Portland, Saint-Louis, Washington, Missoula et Toronto. Ces projections présenteront des films créés localement ainsi que quelques-uns des gagnants internationaux.

3. Y a-t-il un thème ou des contraintes? Quand est-ce que les concurrents apprennent-ils ce qu’ils sont?

Le matin du Jeudi 6 mars chaque équipe se fait donner un choix de genre pour son film, que ce soit Étude de Personnage, Première Personne, Musique, etc. De plus, tous les réalisateurs se font donner un thème général (tel que « Liberté ») qui doit être adressé à un certain point dans le film. Afin de s’assurer que les films ont été créé a l’intérieur du délai de temps requis, chaque équipe doit prouver la date à laquelle le film a été créé par l’ajout d’un élément de temps au film ou au générique (tel que le sujet principal tenant un journal.) Puis, le film doit être envoyé au siège principal de Doc Challenge avec le cachet de la poste datant au plus tard le Lundi 10 mars.

4. Il semble y avoir de plus en plus de gens qui sont prêt à contribuer des morceaux audiovisuels gratuitement, aux compétitions et aux sites web. Croyez-vous que les gens établis avec une compagnie de production ou autre ont un avantage, ou c’est vraiment un terrain de jeux égal étant donné l’accessibilité des nouvelles technologies?

Je dirais que dans une compétition comme celle-ci, c’est un terrain de jeux assez égal. Avec un si court délai de temps, c’est une question de personnages et d’histoires intéressantes (comme a l’habitude.) Ce n’est pas pour dire qu’un travaille de caméra et de montage professionnel ne donne pas d’avantage, mais il doit y avoir l’histoire d’abord. Certains de nos finalistes des deux dernières années ont variés de réalisateurs établis comme Doug Hawes-Davis (Libby, Montana on POV) à de nouveaux venus qui ont su trouvé des sujets extrêmement engageants et uniques. Le Doc Challenge est un évènement qui attire autant les réalisateurs novices que les professionnels: les réalisateurs novices ont l’opportunité de travailler sur un projet créatif et personnel sans avoir à s’engager pendant des années de leurs vies. Une chose que j’aimerais dire a propos de cet évènement est que les réalisateurs font beaucoup plus que simplement s’inscrire à un festival. D’abord nous limitons le nombre de participants (250) et les festivals ne le font pas (Sundance en avait au delà de 8000!) Deuxièmement, en s’inscrivant, ils font partie de la compétition et non pas juste considérer pour. Nous travaillons vers la projection et la distribution des films, qu’ils gagnent ou non. Aux festivals, on a une présentation (peut-être deux.) Dans les deux dernières années nous avons travaillé toute l’année de sorte à ce que les films soient projetés et nous avons en fait eu plus de distribution télé pour les non-gagnants que les gagnants! Et si nous trouvons une distribution pour un film, 75% des recettes vont aux réalisateurs et 25% a Doc Challenge. Aussi, nous sommes un organisme à but non-lucratif et tous les gains sont réinvestis dans l’évènement pour l’améliorer.

Merci à Steven Ladoucur pourl’aide avec ce blogue.

 

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Les détails complets et le formulaire d’inscription peuvent être trouvé (en anglais seulement) au http://www.docchallenge.org/
Pour les questions par courriel (en anglais seulement) info@docchallenge.org
Visitez Hot Docs (en anglais seulement): http://www.hotdocs.ca

What are doc filmmakers in ‘third world’ countries working on ?

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Danièle Lacourse, Director of the Alter-ciné Foundation.

What are documentary filmmakers in ‘third world’ countries working on ? One way to find out is to talk to the Director of the Alter-Ciné Foundation, Danièle Lacourse. The Foundation was established in memory of my friend and colleague Yvan Patry, a pioneering filmmaker and Danièle’s partner, who died ten years ago. It aims to support filmmakers in developing countries whose work promotes human rights and gives out two or three cash awards each year. ( for last years awards see my blog post) Here is my conversation with Danièle:

1. In general, in the projects that you receive from Southern countries, is it the subjects that are pre-eminent or is there also a will to develop an original treatment?

It varies from one country to the other, from one project to the other. I believe that there are more and more filmmakers from the south that are also preoccupied with treatment in order to give more impact to their films. This is seen particularly in countries where there is a strong documentary tradition, like in Argentine for instance.

In terms of our criteria, the main requirement is that the film treats of rights and liberties, understood in its broadest sense, i.e. as much political rights, as economical, social, cultural and other. But if the theme is important, the treatment is also in our view: the foundation supports the documentary of creation, therefore an approach and course of action that is cinematically original and creative, that actually often serves the point better than a didactic documentary, suited or tele formatted.

2. Are there notable differences between the continents? In terms of the nature of the projects and of the filmmakers situations?

First difference: 75% of the projects that we receive are from Latin America, therefore only 25% of the projects that come from Asia and Africa. Difficult to analyse the causes: is it only better access to the internet or better networking, closer ties between documentary filmmakers of Latin America that circulate the information between their associations? Or is there a greater production of documentaries in Latin America compared to Africa and Asia? One thing is certain, filmmakers from Africa and Asia seem more isolated than those in Latin America, but this impression remains to be verified.

With regard to the nature of the projects, it is difficult to see thematic differences between continents, even if certain themes, like the one of disappearances for example, are accosted more in Latin America than elsewhere. With regard to the cinematic approach, it comes from the culture and the history. For example, the African filmmakers often have a montage approach, of time and duration, different from the one found in Latin American filmmakers, as they give particular importance to the “voice” in the narrative.

3. Since the foundation began its activities, what are the changes that you have noticed in the projects submitted?

A greater variety of themes and approaches. In the beginning, we received many more projects strictly about political and economical rights (repression, dictatorship, poverty, etc) with a rather classic cinematic treatment or closer to reportage or the “didactic tool”. Currently, we are receiving more projects dealing with questions of the environment, indigenous peoples, immigration, cultures and the treatment is more often closer to direct cinema, more audacious, more personal, more creative.

4. Here I imagine that the average budget of a one hour documentary is $350,000. How is it for the proposals that you receive?

It varies considerably from one project to the other. The majority of the projects have a budget somewhere between $60,000 et $150,000. But there are also projects that are shot with $30,000 or less: in that case, the director often has access to “borrowed” equipment for shooting and editing. In the case of the documentary “Oscar” by the Argentinean Sergio Morkin for example, the budget was minor. Sergio shot it himself with cameras here and there; he recycled his shooting cassettes; and all of his friends were put to contribution to help direct the film. The small digital cameras also contributed to “democratizing” the documentary by cutting the production costs. In the case of “Raymundo”, the directors had installed their small editing unit in their living room which allowed them to edit during one whole year, which would’ve been unthinkable if they had had to rent an editing suite. What we were also able to notice, is that, when there is an emergency, these filmmakers always find a way to make their films, even without exterior financing.

5. How are these films from the South distributed?

Many of these films are presented in festivals (the film “Raymundo” for example won 15 prizes in various festivals around the world), which allows a certain visibility. But they are mostly distributed in various local and national networks: organisms involved in the defence of rights and liberties, neighbourhood organizations, community organisms, unions, universities, etc. In general, the directors accompany this distribution of their film and get in direct contact with the public that is involved. Sometimes also, certain documentaries (like “Keiskamma une histoire d’amour”) have been presented on a national television channel (SABC in South Africa), which give the possibility to touch another public.

(Thanks to Steven Ladouceur for his help with this post)

Que préparent les cinéastes du ‘Tiers-monde?’

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Danièle Lacourse, Director of the Alter-ciné Foundation.

Quels sont les thèmes abordés par les cinéastes des pays du ‘Tiers Monde’? Une façon de l’apprendre est de parler avec la Directrice de la Fondation Alter-Ciné, Danièle Lacourse. La fondation a été créée à la mémoire de mon collègue et ami Yvan Patry, cinéaste pionnier et partenaire de Danièle, décédé il y a dix ans. Le but de la fondation est de soutenir les cinéastes des pays en développement dont le travail fait la promotion des droits de l’homme et de leur attribuer deux ou trois prix en argent chaque année (pour lire sur les lauréats de l’année dernière, visitez mon post) Voici ma conversation avec Danièle:

1. En général, dans les projets que vous recevez des pays du Sud, ce sont les sujets qui priment ou il y a aussi une volonté de développer un traitement original ?

Cela varie vraiment d’un pays à l’autre, d’un projet a l autre. Je crois qu il y a de plus en plus de cineastes du sud qui se préoccupent aussi du traitement afin de donner plus d’impact a leur film. Cela se voit en particulier dans des pays où il y a une forte tradition documentaire, comme en Argentine par exemple.

En termes de nos critères, la principale exigence, c’est que le film traite des droits et libertés, compris dans son sens le plus large, i.e. autant les droits politiques, qu’économiques, sociaux, culturels, et autres. Mais si le thème est important, le traitement l’est aussi à nos yeux: la Fondation soutient le documentaire de création, donc une approche et une démarche cinématographique originale, créative, qui sert d’ailleurs souvent mieux le propos qu’un documentaire didactique, convenu ou formaté télé.

2. Y a-t il des différences notables entre les continents ? En termes de la nature des projets, et de la situation des cinéastes ?

Première différence: 75% des projets que nous recevons proviennent d’Amérique latine, donc il n’y a que 25% des projets qui proviennent d’Asie et d’Afrique. Difficile d’analyser les causes: s’agit-il seulement d’un meilleur accès à l’internet ou
d’un meilleur “réseautage”, de liens plus étroits entre documentaristes d’Amérique latine qui font circuler l’information entre leurs associations? Ou est-ce qu’il y a une plus grande production de documentaires en Amérique latine par rapport à l’Afrique et à l’Asie?
Chose certaine, les cinéastes d’Afrique et d’Asie nous semblent plus isolés que ceux d’Amérique latine, mais cela demeure une impression qui reste à vérifier.

Quant à la nature des projets, il est difficile de voir des différences thématiques entre continents, même si certains thèmes comme celui des disparitions par exemple sont beaucoup plus abordés en Amérique latine qu’ailleurs. Quant à l’approche cinématographique, elle relève aussi de la culture et de l’histoire. Par exemple, les cinéastes africains ont
souvent une approche du montage, du temps et de la durée, différente de celle que l’on trouve chez les cinéastes latino-américains, de même qu’ils accordent une importance particulière à la “parole” dans le récit.

3. Depuis que la fondation a commençé ses activités, quels sont les changements que tu as remarqué dans les projets soumis?

Une plus grande variété de thèmes et d’approches. Au début, on recevait beaucoup plus de projets strictement sur les droits politiques et économiques (répression, dictature, pauvreté, etc) avec un traitement cinématographique plutôt “classique” ou s’approchant du reportage ou de l'”outil didactique”.
Actuellement, nous recevons plus de projets traitant des questions environnementales, autochtones, d’immigration, culturelles, et le traitement est souvent plus près du cinéma direct, plus audacieux, plus personnel, plus créatif.

4. Ici j’imagine que le budget moyen d’un documentaire d’une heure est de $350.000. Qu’en est-il des propositions que vous reçevez ?

Cela varie considérablement d’un projet à l’autre. La majorité des projets ont un budget se situant entre 60,000 et 150,000$. Mais il y a aussi des projets qui se tournent avec 30,000$ ou moins: dans ce cas, le réalisateur ou la
réalisatrice a souvent accès à de l’équipement de tournage et de montage “prêté”. Dans le cas du documentaire “Oscar” de l’Argentin Sergio Morkin par exemple, le budget était minime. Sergio filmait lui-même avec des caméras empruntées à droite et à gauche; il recyclait ses cassettes de tournage; et tous ses amis étaient mis àcontribution pour aider à réaliser le film. Les petites caméras numériques ont aussi contribué à “démocratiser” le documentaire en coupant les coûts de
production. Dans le cas de “Raymundo”, les réalisateurs avaient installé leur petite unité de montage dans leur salon, ce qui leur a permis de monter pendant toute une année, ce qui aurait été impensable s’ils avaient dû louer une salle de montage. Ce que nous avons pu constater aussi, c’est que, quand il y a urgence, ces cinéastes trouvent toujours le moyen de faire leur film, meme sans financement extérieur

5. Comment ses films du Sud sont-ils distribués ?

Beaucoup de ces films sont présentés dans des festivals (le film “Raymundo” parexemple a remporté 15 prix dans divers festivals à travers le monde), ce qui permet une certaine visibilité. Mais ils sont surtout distribués dans divers réseaux locaux et nationaux: organismes impliqués dans la défense de droits et libertés, organisations de quartiers et organismes communautaires, syndicats, universités, etc. En général, les réalisateurs et réalisatrices accompagnent cette distribution de leur film et entrent en contact direct avec le public concerné.
Parfois aussi, certains documentaires (comme “Keiskamma une histoire d’amour”) ont été présentés sur une chaîne de télé nationale (SABC en Afrique du Sud), ce qui leur donne la possibilité de toucher un autre public.

(Merci à Steven Ladouceur pour son aide avec ce post)

Chronicle of everyday life

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Workshop: Denys Desjardins et Jacques Leduc

During the Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal last november, my wife Jocelyne Clarke attended a workshop on a really unique film series called ‘Chronicle of Everyday Life,’ with Jacques Leduc, Denys Desjardins and Richard Brouillette. Jocelyne is a filmmaker ( her most recent film is ‘Edith and Michel’) and she has participated in the programming at the Rencontres since the beginning. Here is her report from the workshop:

Phot Jocelyne Clarke
Jocelyne Clarke

I ceased counting the number of times the word “freedom” was uttered when referencing this outstanding work in the annals of Quebec documentary.

Started in the early 70’s, officially produced in 1977 by Jacques Bobet at the NFB, the project was conceived and directed by Jacques Leduc in collaboration with a few dozen other illustrious craftsmen from our cinema. The result was a four and a half hour opus, divided into 8 films of lengths varying from 10 to 82 minutes.

The idea behind the project was to revisit direct cinema at a moment when it was already heavily “contaminated” by mass TV (which Leduc describes as a’ transmission method ‘ and not a ‘cinematographic language ‘), and to reflect on the times through the main axes of life – love, money, food, home, hearth, death. Small filmmaking teams went out in search of serendipitous moments : a parade of men in underwear, houses being built in the suburbs, a group of well-to-do women doing charitable works. Unusual yet essential stereotypes of urban life in those still innocent times. The material was organized as it came in, in an organic back-and-forth between filming and editing, and was divided into themes, which finally became the days of the week.
Footage that was too precious to leave out, but did not fit into the final structure, was edited into an epilogue for the series – Le plan sentimental – remarkable for its visual improvisation as well as its elaborately constructed soundtrack.

The workshop discussion eventually led to the question: could such a work be made today? No categorical answer was forthcoming, but it was generally agreed that today’s televisual requirements – fixed lengths for films, detailed scripts, releases, – definitely limit such freedom, without completely destroying it. Today we have the technological advantages that come with small, inexpensive tools, undreamt-of distribution channels – (all that’s lacking are salaries for filmmakers). Jacques also brought up how film subjects in the 70’s had a much less reflexive relationship with the camera than today, in the wake of reality shows and all manner of idols.

A remarkable series, too little appreciated by the public, which really deserves to be re-issued in a DVD package.

For more information, check out the NFB website, search in the collections under “series”, or search individual titles as follows.

Lundi – Une chaumière, un coeur.
Mardi – Un jour anonyme.
Mercredi – Petits souliers, petits pains.
Jeudi – À cheval sur l’argent
Vendredi – Les chars.
Samedi – Le ventre de la nuit.
Dimanche – Granit
Hors série – Le plan sentimental.

Chroniques de la vie quotidienne

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Denys Desjardins et Jacques Leduc

Lors des Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal en novembre dernier, ma femme Jocelyne Clarke a assisté à un atelier très intéressant avec Jacques Leduc, Denys Desjardins et Richard Brouillette, autour d’une série de films unique: Chronique de la vie quotidienne. Jocelyne est réalisatrice ( Edith et Michel) et a participé à la programmation aux Rencontres depuis le début.

Phot Jocelyne Clarke
Jocelyne Clarke

J’ai cessé de compter le nombre de fois que le mot “liberté” à été prononcé en référence à cette oeuvre unique dans l’histoire du documentaire québécois. Produit officiellement en 1977 (mais entamé plusieurs années avant) par Jacques Bobet à l’ONF, conçue et réalisée par Jacques Leduc en collaboration avec quelques douzaines d’autres illustres artisans du cinema d’ici, elle s’étale sur 4 heures et demi, réparties en 8 films de longueurs disparates variant de 10 à 82 minutes. L’idée et l’urgence étaient un retour au cinema direct – déjà “contaminé” par l’arrivée en force de la television (que Leduc qualifie de “moyen de transmission” et non de “langage cinématographique”). On voulait témoigner de l’époque à travers les grands axes de la vie – l’amour, l’argent, l’alimentation, l’habitation, la mort. Des petites équipes partaient tourner quelqu’événement – un défilé d’hommes en bobettes, la construction de maisons en banlieu, un groupe de femmes aisées s’affairant à des oeuvres charitables. Des clichés insolites mais essentiels, du quotidien de la ville en ces temps encore innocents. Le matériel s’organisait au fur et à mesure, dans un va-et-vient organique entre les tournages et le montage. Le piétage fut réparti en thèmes qui devinrent éventuellement les jours de la semaine. Avec les chutes trop précieuses pour laisser de côté mais qui n’entraient pas dans la structure découverte, on a monté un dernier petit court – Le plan sentimental – remarquable autant pour son visuel improvisé que sa trame sonore soigneusement élaborée.

La discussion s’est attardée un bon moment autour de la question – une telle oeuvre pourrait elle être réalisée aujourd’hui? Pas de réponse catégorique mais on était d’accord généralement que les contraintes télévisuelles – les longueurs fixes, l’exigence de scénarios détaillés, les quittances – vont à l’encontre d’une telle liberté, sans toutefois la brimer complètement. On a parlé aussi d’une naïveté et d’une insouciance face à la caméra, longtemps révolues dans la foulée des “reality shows”. Aujourd’hui par contre, l’accès aux technologies légères et à diverses formes de distribution sont des atouts inconnus à l’époque.

Une série remarquable trop peu apprécié par le public et qui mériterait certainement son coffret DVD. Pour en savoir plus, aller sur le site de l’ONF et faites une recherche dans la collection sous “série”, ou rechercher chaque titre, que voici:

Lundi – Une chaumière, un coeur.
Mardi – Un jour anonyme.
Mercredi – Petits souliers, petits pains.
Jeudi – À cheval sur l’argent
Vendredi – Les chars.
Samedi – Le ventre de la nuit.
Dimanche – Granit
Hors série – Le plan sentimental.

The Invisible People – what happened to the debate ?

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The Minister shaking the hand of a young Algonquin.

During the holidays, I read a collection of articles by the great critic of American cinema Andrew Sarris entitled ‘Confessions of a Cultist.’ One phrase struck me. “Everyone adores a dissident poet – in someone else’s society.” (quoting from memory.)

And I had the opportunity to see the courageous and powerful new film from Richard Desjardins. I will clarify, for those who are not from Quebec, that he is a great poet, composer, and singer-songwriter as well as the author of important documentaries, with Robert Monderie. Almost ten years ago, their film l’Erreur Boréale spurred an enormous debate concerning the state of the boreal forest in Quebec, and it is one of those rare documentary films that one can say led to real change in society. Now, with Le Peuple invisible (The Invisible People), will they manage to provoke a similar debate about the situation of native people in Quebec?

But first, what is this film about? It is the finely spun and well-documented tale of how the Algonquins, the traditional inhabitants of a vast territory north of Ottawa, suffered at the hands of white colonists and governments—not to mention the Jesuits and the Catholic Church. The film does not treat the colonisers tenderly. Here is what my friend and close collaborator Simon Bujold writes:

This film is a great history course. The sort of course that the Quebec school books never dared imagine. Richard Desjardins has again accomplished a brilliant intellectual feat designed to make us think.
The Algonquins, who are they?

“Our brothers,” said Desjardins in an interview. ‘Those whom we have systematically ignored since our ancestors no longer needed them to survive the rigors of the land. They have always been there. They have reasonably accommodated the European and his descendants well before the Bouchard-Taylor commission.’ ( An allusion to the present debate on tolerance toward immigrants and minority cultures in Quebec.)

Nevertheless, as the film by Monderie and Desjardins demonstrates, the Algonquins are an invisible people in the eyes of the Québécois. Criticism has been fired specifically at the sovereignty movement, which asserts a distinct national identity while completely ignoring the First Nations. One victim who shows no solidarity with another even more badly off. “I want us to be able to live together in harmony and peace,” says the conqueror as a testimony to the lost friendship he has just crushed. Why concern oneself with the fate of the weaker when one is the stronger. Many viewers exited the theatre still covered with the shame and guilt that rose up in us when confronted with this reality. Powerlessness in the face of a tragedy of such scope. What disturbs the spectator most is that the accusing finger turns slowly towards us as we discover, one by one, the past and present injustices the Algonquins have sustained. In L’Erreur Boréale, evil was the company, no sweat. In this film there is the cruel reflection of the mirror.”

The film gives no answer to the question everyone has. What to do? What to do today?
Can we overcome hundreds of years of organized contempt to destroy the barrier of cultural ignorance.
Billions for the tsunamis, millions for Haiti. Schools for the young Afghans, Iraq for Iraqis. And for our neighbors? Nothing.

Merci Simon !

And the debate ? What has become of the debate ?
Well, for a while I thought it was going to erupt. The official spokesperson for the Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal, the singer Biz of the group Loco Locass, wasn’t ashamed to attack the film. According to Biz, heard on Radio-Canada, Desjardins and Monderie criticize the Québecois without emphasizing that the Americans and the Canadians had done even worse. Some days later, also on Radio-Canada, I heard the writer Dany Lafférière, a Québecer of Haitian origin, assert that Desjardins had taken it upon himself to speak about the oppression of the Algonquins rather than letting them speak for themselves. But aside from that… not a lot. I believe this is a film that makes people very ill at ease. Will the debate eventually take place ? Perhaps after the television broadcast.

Le Peuple invisible – le débat a-t il eu lieu ?

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PHOTO: Ministre serrant la main d’un jeune Algonquin.

Durant la période des fêtes, je lisais une collection d’articles du grand critique de Cinéma américain Andrew Sarris intitulé ‘Confessions of a Cultist.” Une phrase m’a frappé: ‘Tout le monde adore voir un poète dissident – dans une autre société que la sienne.’ ( ma traduction libre).

Et j’ai eu l’occasion de voir le nouveau film, courageux et percutant, de Richard Desjardins. Je précise pour ceux qui ne sont pas du Québec qu’il est un grand poète, compositeur et interprète en plus d’être l’auteur de films documentaires importants, avec Robert Monderie. Il y a presque dix ans leur film l’Erreur Boréale avait causé un débat énorme sur l’état de la forêt boréale au Québec, et c’est un des rares films documentaires dont on peut dire qu’il a conduit à des changements réels dans la société. Maintenant, avec Le Peuple invisible, arrivent-ils a provoquer un débat semblable sur le sort des peuples autochtones au Québec ?

Mais d’abord, de quoi parle ce film ? C’est le récit minutieux et bien documenté du sort que les Algonquins, habitant traditionellement un vaste territorire au nord d’Ottawa, ont subi aux mains des colons et gouvernements blancs – sans oublier les pères Oblats et l’Église catholique. Le film n’est pas tendre envers les colonisateurs. Voici ce qu’en dit mon ami et proche collaborateur Simon Bujold:

Ce film est un grand cours d’histoire. Le genre de cours que les réformes scolaires québécoises n’ont jamais osé imaginer. Richard Desjardins accomplit encore une fois un brillant exercice intellectuel. Prendre la parole pour atteindre notre regard.

Qui sont-ils? «Nos frêres» dit Desjardins dans une entrevue. Ceux que l’on ignore systématiquement depuis que nos ancêtres n’en ont plus besoin pour survivre à la rigueur du territoire. Depuis toujours ils sont là. Ils ont accommodé raisonnablement l’européen et sa descendance bien avant la commission Bouchard-Taylor.

Pourtant comme le film de Monderie et Desjardins le démontre, les algonquins sont un peuple invisible aux yeux des québécois.

Des critiques sont lancées spécifiquement vers le mouvement souverainiste qui revendique une identité nationale distincte tout en ignorant les Premières Nations. Une victime qui ne se solidarise aucunement d’une autre encore plus mal en point. «Je veux que l’on puisse vivre ensemble dans l’harmonie et la paix», dit le vainqueur en gage d’amitié au perdant qu’il vient d’écraser. Pourquoi s’embêter avec le sort du plus faible quand on est le plus fort. Plusieurs spectateurs sortent de la projection encore habités de la honte et de la culpabilité qui montent en nous face à cette réalité. Impuissance face à l’ampleur du drame. Ce qui embête le plus le spectateur c’est que le doigt accusateur se tourne lentement vers nous alors que l’on découvre une à une les injustices historiques et présentes que subissent les Algonquins. Dans l’Erreur Boréale, le méchant c’était la compagnie, facile. Ici c’est le reflet cruel du miroir.

Le film ne donne pas la réponse à la question qui s’installe en chacun. Quoi faire? Que faire aujourd’hui?

Pouvons-nous désarmer des centaines d’années de mépris organisé pour vaincre la barrière de l’ignorance culturelle. Des milliards pour les tsunamis, des millions pour Haïti. Des écoles pour les jeunes afghanes, l’Iraq au Iraquiens. Et pour nos voisins? Rien.

Et le débat ? Qu’est-il advenu du débat ?

Eh bien, je pensais qu’elle allait avoir lieu, car même le porte-parole des Rencontres Internationales de Montréal, le chanteur Biz, du groupe Loco Locass, ne s’était pas géné pour attaquer le film. Selon Biz, entendu à l’émission de Christaine Charette à Radio-Canada, Desjardins et Monderie critiquent les Québecois sans souligner que les Américains et les Canadiens anglais ont fait pire. Quelques jours plus tard j’ai entendu l’écrivain Dany Laffèrière, québecois d’origine Haïtienne affirmer, aussi à Radio-Canada, que Desjardins prend la parole pour parler de l’oppression des Algonquins plutôt que de leur laisser la parole. Mais après cela… pas grande chose. Je crois que c’est un film qui met les gens très mal à l’aise. Ce débat-là, veut-on réellement l’avoir ? Aura-t il d’avantage lieu lors de la télédiffusion ?

Best Docs/meilleurs docs, DOX ( European Documentary Union.)

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Las Hurdes

Here is the list of best documentaries from DOX, the magazine of the European Documentary union. Voici la liste des meilleurs documentaires de DOX, la revue de la Euroepan Documentary Union. C’était dans le numéro 50 publié en janvier 2004. Revue éditée par EDN Ulla Jacobsson & Tue Steen Muller.

1000 MEN de Shinsuke Ogawa
A DECENT LIFE de Stefan Jarl
THE LAST JUDGEMENT de Herz Frank
FREE FALL de Peter Forgacs
LA BATALLA DE CHILE Part I – II – III de Patricio Guzman
BLACK HARVEST de Robin Anderson et Bob Connelly
CALENDAR de Atom Egoyan
LE CHAGRIN ET LA PITIÉ de Marcel Ophuls
THE MAN WITH THE MOVIE CAMERA de Dziga Vertov
CITY OF GOLD de Colin Low
COMIZI D’AMORE de Pier Paolo Pasolini
DEAR AMERICA; LETTERS HOME FROM VIETNAM de Bill Couturier
EL DESENCANTO de Jaime Chavarri
KINDERTGARTEN de Victor Kossakovsky
DRINKING FOR ENGLAND de Brian Hill
FOTOAMATOR de Dariusz Jablonski
GISELLE de Anne Regitze Wivel
LES GLANEURS ET LA GLANEUSE de Agnès Varda
GLAS de Bert Haanstra
THE LONG HOLIDAY de Johan VanderKeuken
HIGH SCHOOL II de Frederick Wiseman
HISTOIRE D’UN SECRET de Marianne Otero
UNE HISTOIRE DE VENT de Joris Ivens
BREAD DAY de Sergey Dvortsevoy
HOME FROM THE HILL de Molly Dineen
TERRE SANS PAIN de Luis Bunuel
IN MY FATHER’S HOUSE de Fatima Jebli Ouazzani
JOKTAOU, CHRONICLE OF A DEAD SEA de Sergey Azimov
KAMLABAI de Reena Mohan
KASHIMA PARADISE de Yann LeMasson
MOANA de Robert J. Flaherty
MOI UN NOIR de Jean Rouch
THE MUSICIANS de Kazimierz Karabasz
CLOSE UP de Abbas Kiarostami
NIGHT MAIL de Basil Wright & Harry Watt
NO PAIZ DAS AMAZONAS de Silvino Santos & Agesilau de Araujo
STATE OF DOGS de Peter Brosens & Dorjkhandyn Turmunkh
NUIT ET BROUILLARD de Alain Resnais
FATHER , SON AND HOLY WAR de Annan Patwardan
PRIMARY de Robert L. Drew
CONFESSION de Aleksander Sokurov
LE SANG DES BÊTES de Georges Franju
SANS SOLEIL de Chris Marker
THE GREAT ADVENTURE de Arne Sucksdorff
STILL LIFE de Sohrab Shahid Saless
TANJUSKA AND THE SEVEN DEVILS de Pirjo Honkasalo
THE THIN BLUE LINE de Errol Morris
VOLCANO : AN INQUIRY INTO THE LIFE AND DEATH OF MALCOLM LOWRY de Donald
Brittain & John Kramer
THE SEASONS de Artavadz Pelechian
WR-MYSTERIES OF THE ORGANISM de Dusan Makavejev
ANYTHING CAN HAPPEN de Marcel Lozinski

(Merci à Adam Shamash et Dijana Lazar pour l’aide avec ce blogue)

Best docs at NFB’s 50th/Meilleurs documentaires au 50e de l’ONF

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Here is the list of 52 documentaries programmed by André Paquet for the 50th anniversary of the NFB. Voici la liste des 52 documentaires sélectionnés par André Paquet pour le 50e de L’ONF. Source: catalogue- Documentaire Se Fête / Salute to the Documentary – 16 au 25 juin 1989 – 50e Anniversaire de l’ONF.

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André Paquet

79 PRINTEMPS (79 Springs) de/by Santiago Alvarez
À PROPOS DE NICE de/by Jean Vigo
AT THE SPRING SEA CAMP de Asen Balikci
BUCHERONS DE LA MANOUANE (Manouane River) de/by Arthur Lamothe
CHEMIN DE FER de/by Jurgens Bottcher
CHESTER GRIMES de/by Herbert di Gioia & David Hancock
CHRONIQUE D’UN ÉTÉ (Chronicle of a Summer) de/by Jean Rouch
CORRAL de/by Colin Low
CORTILE CASCINO de/by Robert M. Young & Michael Roemer
DRIFTERS de/by John Grierson
FARREBIQUE OU LES QUATRE SAISONS de/by Georges Rouquier
FORTINI CANI de/by Jean-Marie Straub & Daniele Huillet
GOLDEN GLOVES de/by Gilles Groulx
GRASS de/by Merian C. Cooper & Ernest Schoedsack
HARLAN COUNTY, USA de/by Barbara Kopple
HARVEST OF SHAME de/by David Lowe
HUNTERS de/by John Marshall & Robert Gardner
IF YOU LOVE THIS PLANET de/by Terri Nash
KATAK ET KUKTUK SE RACONTENT ET CHANTENT de/by Richard Lavoie
L’HEURE DES BRASIERS (The Hour of the Furnaces) de/by Fernando Solanas et Octavio Getino
L,HOMME À LA CAMERA (The Man with a Movie Camera) de/by Dziga Vertov
LA BATAILLE DU CHILI (The Battle of Chile) de/by Patricio Guzman
LA CHUTE DE LA DYNASTIE DES ROMANOV (The Fall of the Romanov Dynasty) de/by Esther Chub (aka Esfir Shub)
LE MONDE DU SILENCE (The Silent World) de/by Jacques-Yves Cousteau
LE SABOTIER DU VAL DE LOIRE de/by Jacques Demy
LE SANG DES BÊTES (Blood of the Beasts) de/by Georges Franju
LES MAÎTRES FOUS (The Mad Masters) de/by Jean Rouch
LES RAQUETTEURS (The Snowshoers) de/by Michel Brault
LISTEN TO BRITTAIN de/by Humphrey Jennings
MISÈRE AU BORINAGE (aka Borinage) de/by Henri Storck & Joris Ivens
MODERN TIMES de/by Charles Chaplin
NANOOK OF THE NORTH de/by Robert J. Flaherty
NATIVE LAND de/by Paul Strand & Leo Hurwitz
NIGHT MAIL de/by Harry Watt & Basil Wright
NOUS AURONS TOUTE LA MORT POUR DORMIR de/by Med Hondo
NUIT ET BROUILLARD (Night and Fog) de/by Alain Resnais
ON THE BOWERY de/by Lionel Rogosin
POINT OF ORDER de/by Emil de Antonio
POUR LA SUITE DU MONDE (For Those Who Will Follow a.k.a. Of Whales, the Moon, and Men a.k.a. The Moontrap) de/by Michel Brault & Pierre Perrault
PRIMARY de/by Richard Leacock & Robert Drew
RIEN QUE LES HEURES (Nothing But the Hours a.k.a. Nothing But Time) de/by Alberto Cavalcanti
SANRIKUZA: LES PAYSANS DE LA DEUXIÈME FORTERESSE (Nartia: The Peasants of the Second Fortress) de/by Shinsuke Ogawa
TERRE SANS PAIN (Land Without Bread) de/by Luis Bunuel
TERRES NOUVELLES (New Earth) de/by Joris Ivens
THE BATTLE OF SAN PIETRO de/by John Huston
THE TITICUT FOLLIES de/by Frederick Wiseman
THURSDAY’S CHILDREN de/by Lindsay Anderson
TIRE DIE de/by Fernando Birri
TRAINS SPECIAUX de/by Krsto Papic
TURKSIB de/by Victor Turin
UNE ANNÉE DE FRANK W (Franek W.’s Year) de/by Kazimierz Karabasz
VERS LE SUD de/by Johan VanderKeuken

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Pour la suite du monde

(Merci à Adam Shamash et Dijana Lazar pour l’aide avec ce blogue)

More on the IDA’s list

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Barry Greenwald

I had a lot of reactions to my interview with Diane-Estelle Vicari from the IDA about the list of 25 best documentaries. Here’s one from documentary filmmaker Barry Greenwald (one of my partners on the socialdoc web site):

“I would like to think that a Canadian-created equivalent of the IDA’s ‘Best Documentaries’ would be more reflective of the scope, history, and eclectic quality of international documentary cinema…Perhaps it is time for groups and institutions such as Hot Docs, the Rencontres, DOC, filmmakers in Quebec, POV Magazine, Montage, or an umbrella collective thereof, to develop a truly international ‘Best of List’. Canadian inspired with a global view. Opening such a forum to something along the lines of ‘100 Remarkable International Documentaries’ would be a starter.”

Barry sent out a summary of my interview to the Documentary Organization of Canada discussion group and passed on some of the comments. Sheila Petzold promised to bring the idea of a more inclusive list to the DOC executive. Walter Forsyth commented: “A great subject to fill an edition of POV.” I’ll pass this on to POV editor Mark Glassman.

Well, a little more research turned up some existing lists. This is from veteran programmer André Paquet, Every time this kind of list is established, there is inevitably a bias. Either because the people who are consulted are more or less representative, or because the circumstances are particular. I find that one of the best list is one published by DOX magazine for their 50th issue in 2003. They consulted people from all over the world. And when I organized the 50th anniversary celebrations for the NFB in 1989 I selected 53 films which represented ONE history of the documentary. Among the people I consulted at the time were Santiago Alvarez, Emile de Antonio, Peter Von Bagh, Michel Brault, Haile Gerima, Jill Godmillow, Bernard Gosselin, Joris Ivens, Johan Van der Keuken, Allan King, Bonnie Sherr-Klein, Jean-Claude Labrecque, Arthur Lamothe, Richard Leacock, Colin Low, Mira Nair, Julia Reichert, Helga Reidemeister, Jean Rouch, Henri Storck, Klaus Wildenhan.

Our friends and colleagues in the U.S. have a tendency to limit their vision to their own cinema – this is true both for fiction and documentary,”

And here’s the good news, in a couple of days I will be able to post the two lists mentioned by André.