La liste de l’IDA: commentaires

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Barry Greenwald

J’ai reçu beaucoup de réactions à mon entrevue avec Diane-Estelle Vicari de l’IDA concernant la liste des 25 meilleurs documentaires. En voici une du cinéaste Barry Greenwald (un de mes partenaires sur le site socialdoc) :

“Je pense qu’une liste créée au Canada, équivalente à celle de IDA,‘Les meilleurs documentaires’, serait plus représentative de l’ampleur, de l’histoire et de l’éclectisme du cinéma documentaire international … Peut-être ça serait le bon moment pour les groupes et les institutions tels que HotDocs, les Rencontres, DOC, les cinéastes du Québec, le magazine POV, Montage ou un collectif de ces derniers, de produire une liste de meilleurs documentaires qui serait réellement internationale. Une liste d’inspiration canadienne mais avec une perspective mondiale. Un bon début serait d’ouvrir un forum sur le thème de ‘100 Documentaires internationaux remarquables’ par exemple.

Barry a publié le résumé de mon entrevue sur le forum de discussion de Documentaristes du Canada et il m’a fait suivre certains commentaires reçus. Sheila Petzold a promis de proposer au comité exécutif de DOC, l’idée de créer une liste plus inclusive. Walter Forsyth a écrit : « Excellent sujet, il faudrait y dédier une édition de POV ». Je vais le faire suivre à Mark Glassman, éditeur de POV.

Après un peu de recherche, j’ai découvert plusieurs listes qui existent déjà. Voici un commentaire du programmateur vétéran André Paquet :

Chaque fois que des listes du genre sont dressées le regard est
toujours biaisé !
D’une part parce que les gens consultyés sont plus ou
moins représentatifs, ou que les circonstances du sondage sont dûes à
des facteurs tout aussi circonstanciels !

Leonard Helmrich me racontait lors de son passage aux RIDM que l’IDFA
ont fait un sondage semblabe avant le Festival auprès des spectateurs
de l’événement et que une fois le résultat compilé il n’y avait aucun
film de Joris Ivens !!!

Je trouve que la liste publiée par la Revue DOX en 2003 à l’occasion de
leur 50e numéro est assez représentative… et ce n’est pas parce que
j’y ai contribué un texte sur Histoire de Vent de Ivens, mais les
personnes consultées provenaient de tous les pays du monde. Par la
suite ils ont demandé à des programmateurs, cinéastes, écrivains,
critiques de faire un texte sur les 50 films ayant obtenus le plus de
votes.

En 1989 quand j’ai organisé DOCUMENTAIRE SE FÊTE à L’ONF j’avais fait
de même pour arriver à la programmation des 52 films retraçant UNE
‘hisitoire du documentaire. Parmis les personnalités consultées on
retrouve: Santiago Alvarez, Emile de Antonio,Peter Von Bagh, Michel
Brault, Haile Gerima, Jill Godmillow, Bernard Gosselin, Joris Ivens,
Johan Van der Keuken, Allan King, Bonnie Sherr-Klein, Jean-Claude
Labrecque, Arthur Lamothe, Richard Leacock, Colin Low, Mira Nair, Julia
Reichert, Helga Reidemeister,Jean Rouch, Henri Storck, Klaus Wildenhan.

Il y a cette tendance chez nos amis états-uniens à tout ramener à leur
cinéma,
et cela vaut autant pour la fiction que pour le documentaire.”

Et voici une bonne nouvelle, dans quelques jours je vais publier les deux listes mentionnées par André.

(Merci à Dijana Lazar pour l’aide avec ce blogue)

‘At the Crossroads,’ the last shoots

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With my friend and colleague Martin Duckworth I am just now doing the last days of shooting for our film ‘At the Crossroads’ ( working title.) For three and a half years we have been following the conflict surrounding the proposed Rabaska liquefied natural gas port in Lévis, Qué. It would be located on the south shore of the St.Lawrence river, opposite l’Île d’Orléans, famous for its natural beauty and historical significance. To the economic élite and the construction workers of the area, this $ 800-million project represents manna from heaven. But many residents of the Beaumont village and the eastern part of Lévis want to protect the agricultural, residential and recreational nature of the area, and for three years put up a strong fight to stop the project. They found allies in several large environmental organizations, but In the end it seems they lost, as the government has given an official go-ahead to the project. Rabaska has yet to negotiate its supplies of natural gas though, and there are two rival LNG projects in Quebec – so perhaps all is not all decided yet.

The film will allow us to throw some light on certain recent social debates in Quebec, notably regarding ‘l’immobilisme,’ – the supposedly unjustified resistance of Quebecers to all major economic projects – and the so-called NIMBY ( not in my back yard) trends.

I am co-directing with Martin – he does camera and I do sound. The film is entirely and NFB ( french program) production, which has many advantages. The film is financed over a four-year period, and we a minimal crew we have been able to follow all the twists and turns of the Rabaska story as well as some related political developments. This long shooting period has allowed us to become very close to our main characters. We have been able to have in-depth discussions with our producers Yves Bisaillon and Johanne Bergeron about the character and story development throughout the process, aided by the fact that we hav done five periods of editing since we started shooting. It’s one of those high-risk projects where you have no idea how the story will end – just my kind – and the NFB is one of the few places where you can still find support for this approach.

Recently we filmed one of your main characters, Yves St-Laurent, with well-knowf folk musician Yves Lambert. They played ‘Le Tour de l’Isle,’ a song about Île d’Orléans by Quebec’s most popular singer-songwriter Félix Leclerc. ( See photo above.)

When we filmed the last demonstration agains the Rabaska project in front of Quebec’s National Assembly, my friend Simon Bujold shot this little video:

[youtube 6AxfxSEI8rY]

As film projects go, this one is very similar to some of my previous films, following a conflictual situation over a long period of time. But making this one together with Martin has undoubtedly brought other qualities to the film, which will be released later this year.

A la Croisée des Chemins: les derniers tournages

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Avec mon collègue et ami Martin Duckworth je suis en train de faire les derniers tournages pour un film provisoirement intitulé ‘A la croisée des chemins.’ Pendant trois ans nous avons suivi le conflit autour du projet de port méthanier Rabaska, sur la rive sud du St.Laurent, en face de l’Île d’Orléans. Pour l’élite économique et les travailleurs de la construction ce projet de 800 millions représente un dévéloppement économique très souhaitable. Mais beaucoup de résidants des municipalités de Beaumont et la partie orientale de Lévis souhaitent protéger le caractère agricole, résidentiel et patrimonial de la région, et se sont battus pendant trois ans pour arrêter le projet. Ils ont reçu l’appui de plusieurs groupes environnementaux ‘nationaux,’ notamment Québec-Kyoto et l’AQLPA. Après trois ans, ils semblent avoir perdu la bataille, dans la mesure où le gouvernement du Québec a donné feu vert au projet. Mais l’approvisionnement en gaz de Rabaska n’est pas encore assuré, et il y a trois projets de ports méthaniers au Québec. Alors rien n’est encore ‘dans le béton.’

Le film nous permettra de jeter un éclairage particulier sur plusieurs débats de société, notamment celui qui concerne ‘l’immobilisme’ des québecois et le phénomène de ‘pas dans ma cour.’

Le film que je co-réalise avec Martin ( il fait la caméra, je fais la prise de son ) est une production de l’ONF, ce qui a de grands avantages pour nous. La production est répartie sur quatre ans et nous avons pu suivre tous les revirements de situations et rebondissements de l’histoire de Rabaska. La durée nous a aussi permis de nous rapprocher beaucoup des personnages. Nous avons des discussions très intéressantes avec nos producteurs Yves Bisaillon et Johanne Bergeron sur la trame narrative, le développement des personnages et la facture du film. Nous avons pu faire plusieurs périodes de montage en cours de route, ce qui nous a permis de raffiner notre stratégie de tournage à mesure. C’est le genre de projet risqué où nous ne savons pas en commeçant le film comment il va se terminer. L’ONF est la seule institution qui nous permet de procéder de cette façon – ma façon préférée de travailler.

Nous avons récemment filmé un de nos principaux personnages, Yves Lambert, en train de jouer la chanson ‘Tour de l’Isle’ de Félix Leclerc. ( Voir photo ci-haut.)

Lors de la dernière manifestation des opposants contre le projet Rabaska devant l’Assemblée Nationale à Québec, mon ami Simon Bujold a tourné ce petit vidéo:

[youtube 6AxfxSEI8rY]

Au niveau de la démarche, le film ressemble beaucoup à des films que j’ai déjà fait, comme ‘Power’ ou ‘Maxime, McDuff & McDo.’ Mais cette fois j’ai l’avantage de co-réaliser avec Martin, et nos sensibilités semblent bien se compléter. Le film sortira plus tard cette année.

Questioning the IDA about its list of best documentaries.

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Diane Estelle Vicari

The International Documentary Association, based in Los Angeles, recently released its list of the 25 best documentaries of all times. It was published in the 25th anniversary special edition of the organization’s magazine, as well as on its web site. I was a little shocked to see this list, because almost all of the films mentioned are U.S.-made, English-language films. You have to go all the way down to position 20 to find the first European films, and docs from other continents are nowhere to be seen. Shortly after seeing the list I had the opportunity to meet the president of the IDA, Diane Estelle Vicari. I asked her if the list isn’t distorting the history and reality of doc production ?

“The way we came to this final list is the following. An assigned committee among the board of directors started by establishing a list of more then 600 titles and posted it on our web site, and asked our members to vote. We also asked and provided our members the ability to do the following: “if we’ve missed any of your favorites you may add up to five titles at the end of the list.” which many did. And the list grew. But the vast majority of our members are from the U.S. and Canada. Also, a lot of older and more established film makers who have a better knowledge of the history and scope of documentary making are actually not members of the IDA, while many younger filmmakers are. They are mainly the ones who voted, and that shows in the result.”

How do you personally feel about the result ?

“I do think it’s truly sad that the younger generation of filmmakers is not more aware of the
history and international realities of doc making. This can in some measure
be blamed on the media in the U.S., as it mainly focus on the very narrow field of “commercially” released documentary every year which in the end creates a narrow view for all. I would like to see younger filmmakers as well as audiences discover and learn more so that they may find a balance between old and new, films from here and from abroad.”

But then doesn’t the IDA’s list help aggravate that situation, by creating
the impression that most important docs are recent American ones. This won’t
encourage them to go further afield, will it ?

‘There is certainly no sure way of measuring the direct impact of the 25 Best List in the short term. When debating this process, the board of directors of IDA was clear that no matter what the outcome, it would create heated conversations about documentaries; the titles included as well as the titles off the list. It is only through dialogue and exchange of information that our constituents will learn more. The list has now gone beyond our website, www.documentary.org — it is being discussed with much passion on blogs, among filmmakers and audiences. It is my wish that it crosses the un-limitless borders of the internet and continues to create debate. We, at the IDA are in discussion about a release of all other titles in the near future.”

Questions à l’IDA concernant la liste des meilleurs documentaires

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Diane Estelle Vicari

International Documentary Association – (IDA) situé à Los Angeles, a récemment dévoilé la liste des 25 meilleurs documentaires de tous les temps. Elle a été publiée dans une édition spéciale de la revue de l’Association à l’occasion de son 25ème anniversaire, ainsi que sur son site web. J’étais un peu choqué en lisant cette liste car presque tous les films qui y sont mentionnés sont des productions américaines tournées en anglais. If faut se rendre jusqu’à la position 20 pour tomber sur le premier film européen, alors que les documentaires venant d’autres continents n’y figurent même pas. Peu de temps après avoir lu cette liste, j’ai eu la chance de rencontrer la présidente d’IDA, Diane Estelle Vicari. Je lui ai demandé si cette liste ne fausse pas l’histoire et la réalité de la production documentaire ?

« La façon dont nous avons conçus cette liste est la suivante. Un comité désigné par notre conseil d’administration a commencé en établissant une liste de plus de 600 titres et l’a affichée sur notre site web en demandant à nos membres de voter. Nous avons aussi demandé à nos membres de faire le suivant : « si nous avons omis un de vos films préférés, vous pouvez rajouter jusqu’à cinq films à la fin de la liste » ce que nombreux ont fait. Donc la liste a évolué. Mais la plupart de nos membres viennent des Etats-Unis et du Canada. Aussi, plusieurs cinéastes renommés et expérimentés ne sont pas membres de l’IDA, alors que beaucoup de jeunes cinéastes le sont. Ce sont eux qui ont voté en grande partie et cela paraît dans les résultats. »

Qu’est-ce que vous pensez personnellement du résultat ?

« Je trouve cela triste que la nouvelle génération de cinéastes ne soit pas davantage consciente de l’histoire et du contexte international du cinéma documentaire. On peut blâmer, jusqu’à une certaine mesure, les médias américains pour cette situation, car ils sont principalement concentrés sur le domaine très limité de la distribution « commerciale » des documentaires, ce qui en fin de compte crée une vision très limitée pour tous. J’aimerais voir les jeunes cinéastes, ainsi que le public, découvrir et apprendre plus, afin de trouver un équilibre entre l’ancien et le nouveau, entre les films d’ici et d’ailleurs. »

Mais dans ce cas, la liste d’IDA, en créant cette impression que les plus importants documentaires sont récents et viennent des Etats-Unis, n’est-elle pas en train d’aggraver la situation ? Cela ne les encouragera pas à chercher plus loin, n’est-ce pas ?

« Il n’y a pas de moyen sur pour déterminer l’impacte de la liste des 25 meilleurs à court terme. En discutant de ce processus, le conseil d’administration d’IDA était conscient du fait que quelque soit le résultat, il allait engendrer de vives discussions sur les documentaires, autant sur ceux figurant sur liste que sur ceux n’y figurant pas. C’est seulement à travers le dialogue et l’échange que nos membres vont apprendre davantage. Cette liste s’est rendue au delà de notre site web, on en parle avec beaucoup de zèle sur les blogs, entre cinéastes et public. Mon souhait est qu’elle réussisse à traverser les frontières illimitées de l’internet et qu’elle continue à susciter les débats. Nous chez IDA, on est en train de discuter de la publication de tous les autres titres dans le futur prochain. »

Le doc de Noël socialement engagé : Cher Père Noël

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Je vous ai déjà présenté mon merveilleux ami et collègue Martin Duckworth, un vétéran du métier. Si vous parlez français, je vous conseille de voir pendant le temps des Fêtes son film « Cher Père Noël » – qui date d’environ dix ans. Ce film nous fait découvrir des enfants du Nouveau-Brunswick qui écrivent au Père Noël ce qu’ils souhaitent recevoir à Noël. Le Père Noël apparaît dans des scènes animées. À travers leurs lettres, nous allons apprendre beaucoup plus sur la crise sociale qui les affecte, que sur les jouets qu’ils convoitent.
La pauvreté, le divorce, la maladie, ce sont les enjeux que la plupart d’entre eux doivent surmonter. Ce qu’ils désirent plus que tout autre chose c’est que les membres de leur famille soient heureux et en santé.

PETITES_FILLES

Voilà quelques mots de Martin sur l’origine et la réalisation du film:

“J’ai eu cette idée de ma fille Jacqueline, qui est handicapée et qui adore le Père Noël et lui écrivait encore à l’âge de 25 ans, quand le film est réalisé. Le film a été co-produit par Virage de Montréal et la compagnie Phare Est de Moncton. Cécile Chévrier de Phare Est a suggéré Caraquet, comme étant la place où j’avais le plus de chance de retrouver des vrais lutins. Les scènes d’animations ont été créées par Joyce Borenstein pour inspirer la vie au Père Noël. Ces enfants m’ont appris que nous éprouvons tous un besoin fondamental d’avoir des symboles qui représente l’espoir dans un monde où le désespoir ne fait qu’augmenter. Il n’y a pas de version anglaise, malheureusement.”

Contact pour les ventes:

Mélanie Bhérer
Directrice de la distribution
Films en vue
(514) 276-9556 #242
Info@filmsenvue.ca

The socially conscious Christmas doc: Cher Père Noël

ST_NICOLAS

I have already introduced you to my wonderful friend and colleague Martin Duckworth, a veteran of the documentary trade. If you understand French, I recommend his film ‘Cher Père Noël’ – now about 10 years old – for the holiday season. In it, we meet children from New Brunswick who write to Santa Claus about their wishes. Santa appears in animated scenes. And through their letters we learn not about toys and gadgets, but about the social crisis touching so many of them. Poverty, divorce, illness, those are the issues they are really dealing with. What they want more than anything else is for their family members to be happy and healthy.
PETITES_FILLES

Martin has this to say about the origins and the making of the film.

“I got the idea from my handicapped daughter Jacqueline, who loves
Pere Noel and was still writing to him at the age of 25, when the
film was made. It was co-produced by Virage in Montreal, and Phare
Est in Moncton. Caraquet was suggested by Cecile Chévrier of Phare
Est as the place where I was most likely to find real elves. The
animation scenes were developed by Joyce Borenstein as a way of
bringing Pere Noel to life. What I learned from the children is that
we all have a fundamental need for symbols of hope in this world of
increasing despair. There is no English version, unfortunately. ”

Contact for sales:

Mélanie Bhérer
Directrice de la distribution
Films en vue
(514) 276-9556 #242
Info@filmsenvue.ca

Docs du Brésil au Cinéma du Parc

Scandal Yes
Manda Bala

Récemment un ami m’a prêté un très puissant documentaire, intitulé Manda Bala (2007). Il s’agit du premier film de Jason Kohn, jeune cinéaste de 27 ans, qui traite de la corruption et du crime au Brésil. Les énormes disparités entre les revenus dans le pays sont à l’origine de cette situation , raconte Kohn dans l’entrevue réalisée à l’occasion du Sundance Film festival 2007 où il a remporté le Grand Prix du Jury pour le film documentaire. Il voit les riches en train de dérober les pauvres et les pauvres par le biais du crime, des enlèvements et de l’extorsion tentent de reprendre un morceau du gâteau des riches, souvent de façon terrifiante.
Le film présente des personnages forts et un accès remarquable. Jason Kohn a été l’apprenti d’Errol Morris et cela paraît, mais il fait plus que juste copier son mentor. Le film est tourné en cinémascope, donc avec un format d’image très large, et avec beaucoup d’attention portée à l’esthétique. Un des aspects originaux du film est la façon dont les interprètes sosies apparaissent dans le cadre à côté des personnages traduisant leurs paroles, pendant que ces derniers semblent écouter et contempler leurs propres mots. ( Errol Morris a déjà utilisé la même technique lors d’une cérémonie des Oscars).
Une des déclarations de Kohn dans l’entrevue en question sonne très familière: « L’entreprise de réaliser un documentaire plus puissant que la moyenne sur une période de cinq ans est une expérience que peu de gens connaissent. L’apprentissage était dur et le processus difficile, solitaire et dépourvu de toute satisfaction immédiate. »

Manda Bala est un film américain, mais présentement vous avez l’occasion de voir des documentaires brésiliens à Montréal. C’est la première édition du Festival du Film Brésilien de Montréal, organisé par l’Association Jangada, et il présente du 14 au 20 décembre au Cinéma du Parc une intéressante sélection de films de la nouvelle vague de réalisateurs brésiliens, dont 6 documentaires sur la société et la culture de ce vaste et fascinant pays.

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Ginga

Mon assistante Dijana Lazar a demandé à Juliette Vincent, chargée de projets chez Jangada, de nous dire quelques mots sur les différents documentaires qui vont être présentés au Festival :

« La sélection de documentaires répond à la même exigence que la programmation générale : la diversité. Certains documentaires sont l’oeuvre de réalisateurs confirmés et primés (Toni Venturi pour Jour de fête, Lucia Murat pour Regards d’ailleurs), d’autres sont des premiers longs métrages (Frontières de sable, Ginga). Pour certains, ils abordent des thèmes que la plupart des gens associent automatiquement au Brésil (le soccer, la capoeira, la samba, la plage), mais traitent le sujet en profondeur et surtout avec un regard brésilien.
De façon générale, ils permettent d’appréhender la société brésilienne dans sa multiplicité, des sans domicile fixe de São Paulo (Jour de fête) jusqu’aux privilégiés qui bronzent au Posto 9 (Frontières de sable). La plupart des films sélectionnés ont été vus dans des festivals internationaux, mais rares sont ceux qui ont été présentés à Montréal. »

Voici quelques synopsis pour vous donner un aperçu de la programmation documentaire :

Ginga, réalisé par Hank Levine, Marcelo Machado et Tocha Alves
Le secret qui se cache derrière les succès footballistiques brésiliens consiste en un mot : la ginga. Une habileté particulière du corps qui en fait les meilleurs dribbleurs, passeurs et buteurs, qui les fait jouer comme si l’autre équipe n’existait pas. Mais la ginga ne s’apprend pas. Elle est inhérente à la personnalité brésilienne. Elle est aussi une façon de ne rien prendre trop au sérieux. Des brésiliens de tous niveaux sociaux et de différents endroits du pays racontent dans ce documentaire leur passion pour le foot et l’importance de la ginga dans leur vie.

Dia de Festa (Jour de Fête) réalisé par Pablo Georgieff et Toni Venturi
Quatre femmes aux destins similaires qui connaissent la rudesse du travail rural et les soirs de faim. Ivaneti, Silmara, Janaína, et Ednalva ont été abandonnées par leurs maris et partent pour la « grande ville » à la recherche d’une vie meilleure. Une fois à São Paulo, sans logement, révoltées, elles prennent la tête d’un mouvement social et politique qui leur donne une raison de vivre : les Sans Toit du Centre. Jour après jour, on suit leur combat symbolisé par l’occupation de sept immeubles vacants du centre ville.

Olhar estrangeiro (Regards d’ailleurs) réalisé par Lúcia Murat
Quel regard le cinéma porte-t-il sur le Brésil ? Lúcia Murat jette un regard mi-amusé mi-agacé sur des films – essentiellement américains et français – qui se passent au Brésil et interroge leurs auteurs, réalisateurs et scénaristes pour mieux comprendre les mécanismes permettant l’existence des clichés. On passe ainsi avec jubilation de L’homme de Rio de Philippe de Brocca à Anaconda de Luis Llosa en passant par Blame it on Rio de Stanley Donen et Wild orchid de Zalman King.

regard ailleurs
Regards d’ailleurs

La production documentaire au Brésil, connaît-elle une expansion aujourd’hui ?

« Le documentaire brésilien actuel est remarquablement vivant ! Les débuts des années 90 ont été des années noires : le démantèlement d’Embrafilme et des mécanismes public de soutien ont gravement pénalisé la production cinématographique brésilienne. Mais depuis la mise en place d’un nouveau système de soutien, la création est repartie de plus belle !
Le documentaire brésilien est ainsi parvenu à la fois à un succès public et critique local et à une reconnaissance internationale. La production est consistante, et constituée en grande partie d’œuvres destinées à l’exploitation en salles. Elle offre une grande diversité sur la forme comme sur le fond, qu’on peut voir notamment au festival de documentaire E Tudo Verdade, créé au Brésil en 1996. »

Quelles sont vos attentes de cette première édition du Festival ?

« On aimerait que le festival contribue, tout d’abord, à affiner la vision que les personnes ont du Brésil. Le Brésil, c’est une culture multiple, métisse, des influences diverses. Nous voulons que les spectateurs, après avoir vu les films sélectionnés, en sachent un peu plus sur cet immense pays et aient envie d’en découvrir encore ! »

Doc impressionnant: Black Tar Heroin

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Steven Okazaki

Kim Gjerstad, le gars qui m’a aidé à monter ce blog, m’a suggéré dernièrement un excellent documentaire : Black Tar Heroin, the Dark End of the Street réalisé par Steven Okazaki. Le film documente la vie de 5 jeunes héroïnomanes à San Francisco, âgés de 18 à 25 ans, qui affrontent les multiples dangers d’une existence dominée par la dépendance à l’héroïne – le crime, la prostitution, le viol, l’incarcération, le SIDA, l’overdose et la mort.
Vous pouvez voir un extrait de ce film sur son site. Ce qui m’avait étonné était de voir que je pouvais voir ce film au complet sur l’internet. J’ai pris contact avec Steven qui m’a expliqué que ce n’était pas son choix:

“Le film Black Tar Heroin a été diffusé à HBO en 1999 et rediffusé plusieurs fois depuis. On vient juste d’apprendre qu’une version piratée du film se trouve sur le web et j’espère que nous allons pouvoir l’enlever rapidement. En tant que cinéaste indépendant, j’investis beaucoup d’efforts et de temps dans mon travail, et je ne gagne pas une fortune, alors ce genre de situation me désole. En plus la qualité du film est mauvaise.”

Pour en savoir plus sur ‘Black Tar Heroin’, je vous suggère l’article du Metropolitain datant de l’avril 1999, ainsi qu’un article de San Francisco Chronicle.

Le plus récent documentaire de Steven Okazaki s’appelle White Light/Black Rain et il réexamine le sujet des bombardements à Hiroshima et à Nagasaki, ainsi que leurs répercussions. Il a été présenté au Sundance Film Festival cette année.
Steven Okazaki a gagné de nombreux prix pour ses films, dont l’Oscar du meilleur court-métrage documentaire en 1990 pour le film Days of Waiting . Vous pouvez lire une entrevue avec lui sur ce site.

( Merci à Adam Shamash et Dijana Lazar.)

impressive doc: Black Tar Heroin.

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Steven Okazaki

Kim Gjerstad, the guy who helped me get this blog going suggested an excellent documentay: Black Tar Heroin, the Dark End of the Street by Steven Okazaki.

The film documents the life of 5 young heroin users in San Francisco, aged between 18-25 years old who confront all the dangers which heroin dependence often brings about – Crime, prostitution, rape, imprisonment, AIDS, overdose and death.

You can see an ex-trait of this film on his website. What shocked me was the fact we could see the complete film on the Internet. I contacted Steven who explained that this was not his choice:

“Black Tar Heroin was shown on HBO in 1999 and re-shown several times since. We have just heard of this pirated version of the film and I hope that we will be able to take it off as soon as possible. Being an independent filmmaker I invest a lot of effort and time in my work, and I do not earn a lot, so this sort of situation saddens me. Also the quality of the image is really bad.”

To know more about ‘Black Tar Heroin’, I suggest you read the article in the Metropolitain from April, 1999, also the article in the San Francisco Chronicle.

Steven Okazaki’s most recent documentary: White Light/Black Rain which reexamines the bombings of Hiroshima and Nagasaki, as well as the repercussions. It was presented at the Sundance Film Festival this year.
Steven Okazaki has won many prizes with his films, and an Oscar for the best short in 1990 for the film Days of Waiting . You can read an interview with him on this site.

(Thanks to Jeanne Pope and Adam Shamash. )