Questioning the IDA about its list of best documentaries.

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Diane Estelle Vicari

The International Documentary Association, based in Los Angeles, recently released its list of the 25 best documentaries of all times. It was published in the 25th anniversary special edition of the organization’s magazine, as well as on its web site. I was a little shocked to see this list, because almost all of the films mentioned are U.S.-made, English-language films. You have to go all the way down to position 20 to find the first European films, and docs from other continents are nowhere to be seen. Shortly after seeing the list I had the opportunity to meet the president of the IDA, Diane Estelle Vicari. I asked her if the list isn’t distorting the history and reality of doc production ?

“The way we came to this final list is the following. An assigned committee among the board of directors started by establishing a list of more then 600 titles and posted it on our web site, and asked our members to vote. We also asked and provided our members the ability to do the following: “if we’ve missed any of your favorites you may add up to five titles at the end of the list.” which many did. And the list grew. But the vast majority of our members are from the U.S. and Canada. Also, a lot of older and more established film makers who have a better knowledge of the history and scope of documentary making are actually not members of the IDA, while many younger filmmakers are. They are mainly the ones who voted, and that shows in the result.”

How do you personally feel about the result ?

“I do think it’s truly sad that the younger generation of filmmakers is not more aware of the
history and international realities of doc making. This can in some measure
be blamed on the media in the U.S., as it mainly focus on the very narrow field of “commercially” released documentary every year which in the end creates a narrow view for all. I would like to see younger filmmakers as well as audiences discover and learn more so that they may find a balance between old and new, films from here and from abroad.”

But then doesn’t the IDA’s list help aggravate that situation, by creating
the impression that most important docs are recent American ones. This won’t
encourage them to go further afield, will it ?

‘There is certainly no sure way of measuring the direct impact of the 25 Best List in the short term. When debating this process, the board of directors of IDA was clear that no matter what the outcome, it would create heated conversations about documentaries; the titles included as well as the titles off the list. It is only through dialogue and exchange of information that our constituents will learn more. The list has now gone beyond our website, www.documentary.org — it is being discussed with much passion on blogs, among filmmakers and audiences. It is my wish that it crosses the un-limitless borders of the internet and continues to create debate. We, at the IDA are in discussion about a release of all other titles in the near future.”

Questions à l’IDA concernant la liste des meilleurs documentaires

DEV-IDA.20
Diane Estelle Vicari

International Documentary Association – (IDA) situé à Los Angeles, a récemment dévoilé la liste des 25 meilleurs documentaires de tous les temps. Elle a été publiée dans une édition spéciale de la revue de l’Association à l’occasion de son 25ème anniversaire, ainsi que sur son site web. J’étais un peu choqué en lisant cette liste car presque tous les films qui y sont mentionnés sont des productions américaines tournées en anglais. If faut se rendre jusqu’à la position 20 pour tomber sur le premier film européen, alors que les documentaires venant d’autres continents n’y figurent même pas. Peu de temps après avoir lu cette liste, j’ai eu la chance de rencontrer la présidente d’IDA, Diane Estelle Vicari. Je lui ai demandé si cette liste ne fausse pas l’histoire et la réalité de la production documentaire ?

« La façon dont nous avons conçus cette liste est la suivante. Un comité désigné par notre conseil d’administration a commencé en établissant une liste de plus de 600 titres et l’a affichée sur notre site web en demandant à nos membres de voter. Nous avons aussi demandé à nos membres de faire le suivant : « si nous avons omis un de vos films préférés, vous pouvez rajouter jusqu’à cinq films à la fin de la liste » ce que nombreux ont fait. Donc la liste a évolué. Mais la plupart de nos membres viennent des Etats-Unis et du Canada. Aussi, plusieurs cinéastes renommés et expérimentés ne sont pas membres de l’IDA, alors que beaucoup de jeunes cinéastes le sont. Ce sont eux qui ont voté en grande partie et cela paraît dans les résultats. »

Qu’est-ce que vous pensez personnellement du résultat ?

« Je trouve cela triste que la nouvelle génération de cinéastes ne soit pas davantage consciente de l’histoire et du contexte international du cinéma documentaire. On peut blâmer, jusqu’à une certaine mesure, les médias américains pour cette situation, car ils sont principalement concentrés sur le domaine très limité de la distribution « commerciale » des documentaires, ce qui en fin de compte crée une vision très limitée pour tous. J’aimerais voir les jeunes cinéastes, ainsi que le public, découvrir et apprendre plus, afin de trouver un équilibre entre l’ancien et le nouveau, entre les films d’ici et d’ailleurs. »

Mais dans ce cas, la liste d’IDA, en créant cette impression que les plus importants documentaires sont récents et viennent des Etats-Unis, n’est-elle pas en train d’aggraver la situation ? Cela ne les encouragera pas à chercher plus loin, n’est-ce pas ?

« Il n’y a pas de moyen sur pour déterminer l’impacte de la liste des 25 meilleurs à court terme. En discutant de ce processus, le conseil d’administration d’IDA était conscient du fait que quelque soit le résultat, il allait engendrer de vives discussions sur les documentaires, autant sur ceux figurant sur liste que sur ceux n’y figurant pas. C’est seulement à travers le dialogue et l’échange que nos membres vont apprendre davantage. Cette liste s’est rendue au delà de notre site web, on en parle avec beaucoup de zèle sur les blogs, entre cinéastes et public. Mon souhait est qu’elle réussisse à traverser les frontières illimitées de l’internet et qu’elle continue à susciter les débats. Nous chez IDA, on est en train de discuter de la publication de tous les autres titres dans le futur prochain. »

Le doc de Noël socialement engagé : Cher Père Noël

ST_NICOLAS

Je vous ai déjà présenté mon merveilleux ami et collègue Martin Duckworth, un vétéran du métier. Si vous parlez français, je vous conseille de voir pendant le temps des Fêtes son film « Cher Père Noël » – qui date d’environ dix ans. Ce film nous fait découvrir des enfants du Nouveau-Brunswick qui écrivent au Père Noël ce qu’ils souhaitent recevoir à Noël. Le Père Noël apparaît dans des scènes animées. À travers leurs lettres, nous allons apprendre beaucoup plus sur la crise sociale qui les affecte, que sur les jouets qu’ils convoitent.
La pauvreté, le divorce, la maladie, ce sont les enjeux que la plupart d’entre eux doivent surmonter. Ce qu’ils désirent plus que tout autre chose c’est que les membres de leur famille soient heureux et en santé.

PETITES_FILLES

Voilà quelques mots de Martin sur l’origine et la réalisation du film:

“J’ai eu cette idée de ma fille Jacqueline, qui est handicapée et qui adore le Père Noël et lui écrivait encore à l’âge de 25 ans, quand le film est réalisé. Le film a été co-produit par Virage de Montréal et la compagnie Phare Est de Moncton. Cécile Chévrier de Phare Est a suggéré Caraquet, comme étant la place où j’avais le plus de chance de retrouver des vrais lutins. Les scènes d’animations ont été créées par Joyce Borenstein pour inspirer la vie au Père Noël. Ces enfants m’ont appris que nous éprouvons tous un besoin fondamental d’avoir des symboles qui représente l’espoir dans un monde où le désespoir ne fait qu’augmenter. Il n’y a pas de version anglaise, malheureusement.”

Contact pour les ventes:

Mélanie Bhérer
Directrice de la distribution
Films en vue
(514) 276-9556 #242
Info@filmsenvue.ca

The socially conscious Christmas doc: Cher Père Noël

ST_NICOLAS

I have already introduced you to my wonderful friend and colleague Martin Duckworth, a veteran of the documentary trade. If you understand French, I recommend his film ‘Cher Père Noël’ – now about 10 years old – for the holiday season. In it, we meet children from New Brunswick who write to Santa Claus about their wishes. Santa appears in animated scenes. And through their letters we learn not about toys and gadgets, but about the social crisis touching so many of them. Poverty, divorce, illness, those are the issues they are really dealing with. What they want more than anything else is for their family members to be happy and healthy.
PETITES_FILLES

Martin has this to say about the origins and the making of the film.

“I got the idea from my handicapped daughter Jacqueline, who loves
Pere Noel and was still writing to him at the age of 25, when the
film was made. It was co-produced by Virage in Montreal, and Phare
Est in Moncton. Caraquet was suggested by Cecile Chévrier of Phare
Est as the place where I was most likely to find real elves. The
animation scenes were developed by Joyce Borenstein as a way of
bringing Pere Noel to life. What I learned from the children is that
we all have a fundamental need for symbols of hope in this world of
increasing despair. There is no English version, unfortunately. ”

Contact for sales:

Mélanie Bhérer
Directrice de la distribution
Films en vue
(514) 276-9556 #242
Info@filmsenvue.ca

Docs du Brésil au Cinéma du Parc

Scandal Yes
Manda Bala

Récemment un ami m’a prêté un très puissant documentaire, intitulé Manda Bala (2007). Il s’agit du premier film de Jason Kohn, jeune cinéaste de 27 ans, qui traite de la corruption et du crime au Brésil. Les énormes disparités entre les revenus dans le pays sont à l’origine de cette situation , raconte Kohn dans l’entrevue réalisée à l’occasion du Sundance Film festival 2007 où il a remporté le Grand Prix du Jury pour le film documentaire. Il voit les riches en train de dérober les pauvres et les pauvres par le biais du crime, des enlèvements et de l’extorsion tentent de reprendre un morceau du gâteau des riches, souvent de façon terrifiante.
Le film présente des personnages forts et un accès remarquable. Jason Kohn a été l’apprenti d’Errol Morris et cela paraît, mais il fait plus que juste copier son mentor. Le film est tourné en cinémascope, donc avec un format d’image très large, et avec beaucoup d’attention portée à l’esthétique. Un des aspects originaux du film est la façon dont les interprètes sosies apparaissent dans le cadre à côté des personnages traduisant leurs paroles, pendant que ces derniers semblent écouter et contempler leurs propres mots. ( Errol Morris a déjà utilisé la même technique lors d’une cérémonie des Oscars).
Une des déclarations de Kohn dans l’entrevue en question sonne très familière: « L’entreprise de réaliser un documentaire plus puissant que la moyenne sur une période de cinq ans est une expérience que peu de gens connaissent. L’apprentissage était dur et le processus difficile, solitaire et dépourvu de toute satisfaction immédiate. »

Manda Bala est un film américain, mais présentement vous avez l’occasion de voir des documentaires brésiliens à Montréal. C’est la première édition du Festival du Film Brésilien de Montréal, organisé par l’Association Jangada, et il présente du 14 au 20 décembre au Cinéma du Parc une intéressante sélection de films de la nouvelle vague de réalisateurs brésiliens, dont 6 documentaires sur la société et la culture de ce vaste et fascinant pays.

ginga
Ginga

Mon assistante Dijana Lazar a demandé à Juliette Vincent, chargée de projets chez Jangada, de nous dire quelques mots sur les différents documentaires qui vont être présentés au Festival :

« La sélection de documentaires répond à la même exigence que la programmation générale : la diversité. Certains documentaires sont l’oeuvre de réalisateurs confirmés et primés (Toni Venturi pour Jour de fête, Lucia Murat pour Regards d’ailleurs), d’autres sont des premiers longs métrages (Frontières de sable, Ginga). Pour certains, ils abordent des thèmes que la plupart des gens associent automatiquement au Brésil (le soccer, la capoeira, la samba, la plage), mais traitent le sujet en profondeur et surtout avec un regard brésilien.
De façon générale, ils permettent d’appréhender la société brésilienne dans sa multiplicité, des sans domicile fixe de São Paulo (Jour de fête) jusqu’aux privilégiés qui bronzent au Posto 9 (Frontières de sable). La plupart des films sélectionnés ont été vus dans des festivals internationaux, mais rares sont ceux qui ont été présentés à Montréal. »

Voici quelques synopsis pour vous donner un aperçu de la programmation documentaire :

Ginga, réalisé par Hank Levine, Marcelo Machado et Tocha Alves
Le secret qui se cache derrière les succès footballistiques brésiliens consiste en un mot : la ginga. Une habileté particulière du corps qui en fait les meilleurs dribbleurs, passeurs et buteurs, qui les fait jouer comme si l’autre équipe n’existait pas. Mais la ginga ne s’apprend pas. Elle est inhérente à la personnalité brésilienne. Elle est aussi une façon de ne rien prendre trop au sérieux. Des brésiliens de tous niveaux sociaux et de différents endroits du pays racontent dans ce documentaire leur passion pour le foot et l’importance de la ginga dans leur vie.

Dia de Festa (Jour de Fête) réalisé par Pablo Georgieff et Toni Venturi
Quatre femmes aux destins similaires qui connaissent la rudesse du travail rural et les soirs de faim. Ivaneti, Silmara, Janaína, et Ednalva ont été abandonnées par leurs maris et partent pour la « grande ville » à la recherche d’une vie meilleure. Une fois à São Paulo, sans logement, révoltées, elles prennent la tête d’un mouvement social et politique qui leur donne une raison de vivre : les Sans Toit du Centre. Jour après jour, on suit leur combat symbolisé par l’occupation de sept immeubles vacants du centre ville.

Olhar estrangeiro (Regards d’ailleurs) réalisé par Lúcia Murat
Quel regard le cinéma porte-t-il sur le Brésil ? Lúcia Murat jette un regard mi-amusé mi-agacé sur des films – essentiellement américains et français – qui se passent au Brésil et interroge leurs auteurs, réalisateurs et scénaristes pour mieux comprendre les mécanismes permettant l’existence des clichés. On passe ainsi avec jubilation de L’homme de Rio de Philippe de Brocca à Anaconda de Luis Llosa en passant par Blame it on Rio de Stanley Donen et Wild orchid de Zalman King.

regard ailleurs
Regards d’ailleurs

La production documentaire au Brésil, connaît-elle une expansion aujourd’hui ?

« Le documentaire brésilien actuel est remarquablement vivant ! Les débuts des années 90 ont été des années noires : le démantèlement d’Embrafilme et des mécanismes public de soutien ont gravement pénalisé la production cinématographique brésilienne. Mais depuis la mise en place d’un nouveau système de soutien, la création est repartie de plus belle !
Le documentaire brésilien est ainsi parvenu à la fois à un succès public et critique local et à une reconnaissance internationale. La production est consistante, et constituée en grande partie d’œuvres destinées à l’exploitation en salles. Elle offre une grande diversité sur la forme comme sur le fond, qu’on peut voir notamment au festival de documentaire E Tudo Verdade, créé au Brésil en 1996. »

Quelles sont vos attentes de cette première édition du Festival ?

« On aimerait que le festival contribue, tout d’abord, à affiner la vision que les personnes ont du Brésil. Le Brésil, c’est une culture multiple, métisse, des influences diverses. Nous voulons que les spectateurs, après avoir vu les films sélectionnés, en sachent un peu plus sur cet immense pays et aient envie d’en découvrir encore ! »

Doc impressionnant: Black Tar Heroin

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Steven Okazaki

Kim Gjerstad, le gars qui m’a aidé à monter ce blog, m’a suggéré dernièrement un excellent documentaire : Black Tar Heroin, the Dark End of the Street réalisé par Steven Okazaki. Le film documente la vie de 5 jeunes héroïnomanes à San Francisco, âgés de 18 à 25 ans, qui affrontent les multiples dangers d’une existence dominée par la dépendance à l’héroïne – le crime, la prostitution, le viol, l’incarcération, le SIDA, l’overdose et la mort.
Vous pouvez voir un extrait de ce film sur son site. Ce qui m’avait étonné était de voir que je pouvais voir ce film au complet sur l’internet. J’ai pris contact avec Steven qui m’a expliqué que ce n’était pas son choix:

“Le film Black Tar Heroin a été diffusé à HBO en 1999 et rediffusé plusieurs fois depuis. On vient juste d’apprendre qu’une version piratée du film se trouve sur le web et j’espère que nous allons pouvoir l’enlever rapidement. En tant que cinéaste indépendant, j’investis beaucoup d’efforts et de temps dans mon travail, et je ne gagne pas une fortune, alors ce genre de situation me désole. En plus la qualité du film est mauvaise.”

Pour en savoir plus sur ‘Black Tar Heroin’, je vous suggère l’article du Metropolitain datant de l’avril 1999, ainsi qu’un article de San Francisco Chronicle.

Le plus récent documentaire de Steven Okazaki s’appelle White Light/Black Rain et il réexamine le sujet des bombardements à Hiroshima et à Nagasaki, ainsi que leurs répercussions. Il a été présenté au Sundance Film Festival cette année.
Steven Okazaki a gagné de nombreux prix pour ses films, dont l’Oscar du meilleur court-métrage documentaire en 1990 pour le film Days of Waiting . Vous pouvez lire une entrevue avec lui sur ce site.

( Merci à Adam Shamash et Dijana Lazar.)

impressive doc: Black Tar Heroin.

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Steven Okazaki

Kim Gjerstad, the guy who helped me get this blog going suggested an excellent documentay: Black Tar Heroin, the Dark End of the Street by Steven Okazaki.

The film documents the life of 5 young heroin users in San Francisco, aged between 18-25 years old who confront all the dangers which heroin dependence often brings about – Crime, prostitution, rape, imprisonment, AIDS, overdose and death.

You can see an ex-trait of this film on his website. What shocked me was the fact we could see the complete film on the Internet. I contacted Steven who explained that this was not his choice:

“Black Tar Heroin was shown on HBO in 1999 and re-shown several times since. We have just heard of this pirated version of the film and I hope that we will be able to take it off as soon as possible. Being an independent filmmaker I invest a lot of effort and time in my work, and I do not earn a lot, so this sort of situation saddens me. Also the quality of the image is really bad.”

To know more about ‘Black Tar Heroin’, I suggest you read the article in the Metropolitain from April, 1999, also the article in the San Francisco Chronicle.

Steven Okazaki’s most recent documentary: White Light/Black Rain which reexamines the bombings of Hiroshima and Nagasaki, as well as the repercussions. It was presented at the Sundance Film Festival this year.
Steven Okazaki has won many prizes with his films, and an Oscar for the best short in 1990 for the film Days of Waiting . You can read an interview with him on this site.

(Thanks to Jeanne Pope and Adam Shamash. )

Doc from here: Un coin du ciel.

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Karina Goma.

Un coin du ciel (translates as ‘a corner of the sky’ but there is no english version yet) is the latest documentary by the young filmmaker, Karina Goma, produced by Virage Productions. It introduces us to the corridors and the offices of the community clinic in Park-Extension, one of the most cosmopolitan districts of Montreal. I will have the occasion to see it later at Ex-Centris, but in the meanwhile I asked my assistant Dijana Lazar to review it for us:

“Karina’s film allows us to discover a very different aspect of Montreal and the life of its immigrants. The subject of thisfilm are two social workers from the Parc Ex CLSC, Helene and Tassia who work assiduously to improve the daily life of their clients who are often victims of injustice and isolation, overpowered by problems of integration, living in rat infested residences, dealing with landlords who are insensitive to their requests. We see these people in front of our eyes, anxious and timid: Lourdes, a young Sri- Lankan woman who is pregnant with her second child; an old lady who waits with dread to be expelled from her apartment and an Armenian father-son duo. We follow their dubious destinies throughout the sinuous corridors of the CLSC, and into their often dilapidated residences, their places of worship, places of comfort and communion. Unquestionably the CLSC plays a crucial part in the life of all these characters and one hopes that Karina’s very human film will manage to break down some of our prejudices and favour compassion.”
Photo-Karina
Karina Goma

Another interesting fact is that this film comes out right in the middle of the controversy over the ‘accomodements raisonnables,’ in Quebec – this is a debate about what special measures should be taken to accomodate immigrants and their culture and religion. The film was deposited to the commission which has been set up to hold hearings on the subject, the Bouchard-Taylor Commission, in Laval on last 15 November. I put a question to Karina on this subject.

“Your film is now seen in the context and light of the debate over ‘reasonable accommodation’. Was this your intention? Are you happy about this or not?”

“The research for this film began more than three years ago at a time when nobody spoke about any reasonable accommodation. During filming a controversy over prenatal classes broke out: men were allegedly excluded from these classes for religious reasons. I was devastated, because it is not at all the reality which I had witnessed while shooting. Finally in order to get the local women out of their isolation the CLSC decided to replace the traditional theoretical courses with multilingual meetings which were moderated by immigrant women in the district. In the tumultuous context of this new “scandal”, nobody really took the time to check the very particular context in which these meetings took place. In a flurry of shocking headlines the initiative of the CLSC was largely condemned. This was very painful for the workers involved because after years of effort they had developed a way of working in which they believed in and which seemed to be giving concrete results to the very vulnerable clients. As delays are sometimes very long in releasing documentaries, the film opens now just as the debate becomes hotter than ever in Quebec. It is a coincidence, but I think that the timing is ideal. I hope that the film will allow the audience to discover these people who have to reinvent life often under very extreme conditions to find new ways of living together.”

Don’t miss this documentary which will be shown at l’Ex-Centris from the 7 till 13 december 2007.

(Thanks to Dijana Lazar, and to Jeanne Pope for the translation.)

Doc d’ici: Un coin du ciel

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Lourdes

Un coin du ciel est le dernier documentaire de la jeune cinéaste Karina Goma, produit par la compagnie Virage. Il nous introduit dans les couloirs et les bureaux du CLSC Parc-Extension, l’un des quartiers les plus cosmopolites de Montréal, ainsi que dans la vie de ses résidents. J’aurai l’occasion de le voir à l’Ex-Centris, mais entretemps j’ai demandé à mon assistante Dijana Lazar de le visionner et de nous en parler. Voici ce qu’elle dit:

“Le film de Karina nous fait découvrir une toute autre réalité de Montréal et de la vie de ses immigrants. Au cœur du sujet, deux travailleuses sociales du CLSC Parc-Extension, Hélène et Tassia, qui travaillent assidûment pour améliorer le quotidien de leurs clients, souvent victimes d’injustices et d’isolement. Accablés par les problèmes d’intégration, de logements infestés de rats, de propriétaires insensibles à leurs demandes, nombreux sont ceux et celles qui nécessitent cette aide. On les voit défiler devant nos yeux, inquiets et timides : Lourdes, une jeune femme sri-lankaise enceinte de son deuxième bébé, une madame âgée qui appréhende l’expulsion de son appartement, un duo père-fils arménien qui sort de l’ordinaire. On suit leurs destins incertains dans les couloirs sinueux du CLSC, mais aussi dans leurs logements souvent délabrés et dans leurs lieux de culte, places de réconfort et de communion. Indéniablement le CLSC joue un rôle crucial dans la vie de tous ces personnages et on espère que le film de Karina, par sa grande humanité parviendra à briser quelques préjugés et éveiller notre compassion.”

Photo-Karina
Karina Goma


Autre fait intéressant, ce film sort en plein milieu de la contreverse sur les accomodements raisonnables; il a même été déposé à la Commission Bouchard-Taylor lors des audiences à Laval le 15 novembre dernier. J’ai posé une question à Karina sur ce sujet.

Ton film est maintenant vu dans le contexte de et à la lumière du débat sur l’accommodement raisonnable. C’était ton intention? Tu en es contente ou pas?

La recherche du film a débuté il y a plus de trois ans, à l’époque personne ne parlait des pratiques d’accommodements raisonnables. C’est pendant le tournage qu’a éclaté la controverse autour des cours prénatals dont les hommes étaient soi-disant exclus pour des raisons religieuses. J’ai été dévastée, car ce n’est pas du tout la réalité que j’avais observée sur le terrain. Afin de sortir les femmes du quartier de l’isolement, le CLSC a remplacé les cours théoriques traditionnels par des rencontres multilingues entre femmes animées par des immigrantes du quartier. Dans le tumulte de ce nouveau « scandale », personne n’a vraiment pris le temps d’aller vérifier sur le terrain le contexte très particulier dans lequel avaient lieu ces rencontres. À coup de titres-chocs et de formules lapidaires, on a condamné en bloc l’initiative du CLSC. Cette histoire a été très douloureuse pour les intervenants, parce qu’après des années d’efforts, ils avaient développé une formule à laquelle ils croyaient et qui donnait des résultats concrets auprès d’une clientèle très vulnérable. Comme les délais sont parfois très longs en documentaire, le film sort cet automne alors que le débat fait rage plus que jamais au Québec. C’est une coïncidence, mais je pense que le timing est idéal. J’espère qu’il permettra de découvrir ces gens qui réinventent dans des conditions souvent extrêmes, de nouvelles manières de vivre ensemble.

Ne manquez pas ce documentaire à l’affiche à l’Ex-Centris du 7 au 13 décembre 2007.

Merci à dijana Lazar

Southern Docs: Alter-Ciné Foundation Award Winners

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Ernesto Cabellos

I am a member of the Board of directors of the Alter-Ciné Foundation which issues grants each year for filmmakers from southern countries. Recently the Foundation revealed the three prizes winners for the year 2007 who obtained grants of 5000$ for their projects. This is who they are:
Hector Cadena of Mexico for his documentary project Agua (Water) a documentary about the future of the world’s water which is told in an original way through 4 stories and 4 destinies which are seemingly independent one from the other, yet intersect around the first ‘water war’ of this century in a Bolivian town.
Photo Tin Dirdamal
Hector Cadena Photo Tin Dirdamal.

Khady Sylla from Senegal for her project Le monologue de la muette (monologue of the dumb woman) a personal documentary which tries to lift the veil on the hidden realities about the lives of the tribal sérères domestics who are like invisible workers with no legal protection in Senegal. The filmmaker wants to question the nature of the emancipation of urban middle class women who have the control over these young girls from the back country who come and work in the city.

Ernesto Cabellos from Peru for his project Operacion diablo (Operation Devil) a political investigation which unravels like that of a political thriller. It sheds light on the use of surveillance in a Peruvian gold mine, to spy, to film, to intimidate and repress militant environmentalists because they are opposed to illegal methods and the way the multinational corporation contaminates the ground .

I would also like to draw your attention to the fact that the Foundation has collected nearly 5000$ so far this year and that the fundraising effort continues. The objective is to reach 6, 500$, like last year. If you want to support the Alter-Ciné effort, you can forward your donation either on line by Canadahelps website or by sending a cheque in the name of La Fondation Alter-Cine to the following address
5371 avenue de l’Esplanade,
Montréal, QC.
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( Thanks to Jeanne Pope for help with this post.)