Panel sur le cinéma engagé aux RVCQ

panel RVCQ

Photo Sylvain Légaré.

IL Y A DES EXTRAITS VIDÉO DANS CE POST, CERTAINS USAGERS DOIVENT LES ACTIVER EN BAS DE LA PAGE.

La semaine passée j’ai participé à une discussion de panel sur le cinéma engagé, dans le cadre des Rendez-vous du Cinéma Québecois . J’ai trouvé fort intéressant d’entendre des réalisateurs de fiction parler du documentaire, et j’ai demandé à mon assistante Dijana Lazar de résumer le débat et d’en choisir quelques extraits. Voici ce qu’elle a retenu:

La discussion sur ce sujet percutant et pertinent, autant pour le cinéma que pour la société en générale, a rassemblé cinq réalisateurs, vivant chacun à leur manière la vocation de ‘cinéaste engagé’. Manon Barbeau, Philippe Falardeau, Richard Desjardins, Bernard Émond et Magnus Isacsson ont tous, à travers leurs oeuvres cinématographiques, exprimé leurs préoccupations sociales ou politiques et débusqué des injustices et des inégalités dans le monde qui les entoure.
L’animatrice, Marie-Louise Arsenault a introduit la discussion en posant la même question révélatrice à tous les invités : « Qu’est-ce l’engagement pour vous? »

Bernard Émond a souligné que l’engagement social se trouve au coeur de ses préoccupations en tant que cinéaste, et même s’il ne fait de pas des films politiques en soi, ces notions sont toujours présentes dans ses oeuvres.
Il s’est aussi penché sur la question du cinéma documentaire par rapport au cinéma de fiction, dénonçant la situation très difficile et injuste dans laquelle se trouvent les documentaristes aujourd’hui au Québec et soulignant que les meilleures productions du cinéma québécois sont issues du cinéma documentaire.

[youtube IUJy7iO2gwg]

Pour Philippe Falardeau être engagé : ça veut surtout dire être cohérent et fidèle à ses idées et à ses principes. Il a aussi parlé du sort difficile du film documentaire, accusant les télédiffuseurs de charcuter les films des documentaristes qui travaillent souvent avec moins de moyens mais ayant les mêmes obligations au niveau dramatique que les cinéastes de fiction.

[youtube oITHGBosDNg]

Questionné sur l’ampleur de son engagement et parlant de la controverse qui entoure souvent ses films, dont ‘L’Erreur Boréale’ qui a soulevé un grand débat sur la coupe de bois au Québec, Richard Desjardins a profité de la tribune pour dénoncer la manière discriminatoire dont les amérindiens sont traités dans la société québécoise, et préconiser une démarche sur la scène internationale afin de remédier à leur situation et améliorer leurs conditions de vie.

[youtube 6_hSYEcFuZA]

Manon Barbeau, interrogée sur la facilité de faire les films engagés au Canada et au Québec, a répliqué que c’était beaucoup plus facile de réaliser ce genre de films ici que dans d’autres pays, qui subissent les mêmes problèmes sociaux mais qui ont des systèmes de censure très rigides. Elle a dit que le problème avec le cinéma engagé au Canada, c’est souvent la diffusion des films et non leur réalisation en soi.

[youtube vf6Reo_u29k]

En finissant la discussion, les invités ont tous partagé avec le public les titres de quelques oeuvres cinématographiques qui leur tiennent particulièrement à coeur, et Magnus Isacsson a souligné qu’il aime beaucoup voir des oeuvres de fiction car il en tire une inspiration pour ses propres films surtout par rapport à la construction de la courbe dramatique et l’exploration des personnages. Il a aussi parlé de ce qu’il considère être des ‘conditions gagnantes’ pour réaliser un documentaire qui sera satisfaisant, non seulement par la pertinence du sujet, mais aussi du point de vue dramatique.

[youtube lU35tY4XxtA]

Merci à Michael Julian Berz pour le tournage, à Dijana Lazar pour le résumé et les extraits vidéos, et aux RVCQ pour la photo.

Doc impressionnant prend l’affiche: Up the Yangtze

yantze1

Je viens de voir le succès documentaire Up the Yangtze, production canadienne qui m’a vraiment impressionné. C’est un premier film de Yung Chang, jeune réalisateur d’origine chinoise, basé a Montréal. Il raconte l’épopée de la transformation du Three Gorges et de la vallée de la rivière Yangtze avec des éléments visuels grandioses, mais la raconte principalement à travers l’histoire touchante et intimement filmé d’une famille. Ils sont des fermiers pauvres et sans éducation et ils cultivent un petit lot de terre près de la rivière. Alors que les plans pour créer un barrage avancent, ils savent que leur terre sera inondée et ils seront déplacés ainsi que 2 millions d’autres personnes. Incapable de payer pour son éducation, ils envoient leur fille aînée pour obtenir un emploi sur un bateau de croisière pour touriste qui voyage le long de la rivière jusqu’au barrage, qui en est a ses dernières étapes de construction. Ce qui permet une opportunité formidable de montrer la rencontre de deux mondes et couper entre les guides de tournée obséquieux qui sont prêts à dire n’importe quoi pour plaire aux autorités et faire de l’argent, et la lutte de famille de fermier pour qui ce développement est un désastre. Les documentaristes minent cette veine riche à fond avec brio. Les nombreuses ironies et le caractère poignant de la situation dirige le film loin d’une analyse simpliste. Et loin d’idéaliser les anciennes façons, ils créent un contraste entre les vieilles difficultés de la pauvreté et le scintillement effronté d’un nouveau commercialisme promotionnel. À travers l’histoire d’une famille, vous avez le portrait de toute la Chine avec ses dilemmes économiques, environnementaux, humains. Il est aussi magnifiquement filmé et monté. Quel accomplissement!

Mon assistant Steven Ladouceur ajoute ceci: ( pardonnez quelques répétitions.)

Ce vendredi 22 février a Montréal débutera les projections de Up the Yangtze, le premier long-métrage documentaire extrêmement acclamé de Yung Chang au Forum AMC. La version française du film prendra l’affiche le 7 mars au cinéma Quartier Latin. Le Mirror dit que voir ce film est « une de ces expériences qui revigore et restaure la foi en medium du film documentaire. » Chang est un diplômé du programme de Production Cinéma de l’Université Concordia et son dernier accomplissement trouve ses origines d’un voyage «surréaliste » avec sa famille en Chine en 2002. Un an plus tard, Chang recevait du support des productions EyeSteelFilm à travers un ancien professeur Daniel Cross et puis par l’Office National du Film. Après avoir développé le projet en 2004 et 2005, le film a principalement été tourné en 2006 et la post-production a terminé en juillet 2007. Dès ses débuts, Up the Yangtze reçoit des prix et continue à le faire maintenant plus que jamais alors qu’il établit de nouveaux records au guichet.

Les Rendez-vous du cinéma québecois

Angelina dortoir
Scène du film ‘De l’autre côté du pays’ de Catherine Hébert

La 26e édition des Rendez-vous du cinéma québécois présentera du 14. au 24. Février une vaste sélection de 299 films produits au Québec dont un grand nombre de très bons documentaires.

À travers cette riche programmation, quatre films documentaires que nous avons déjà mentionnés sur ce blogue, prendront l’affiche. Voici les détails :

Catherine Hébert août07
DE L’AUTRE CÔTÉ DU PAYS réalisé par Catherine Hébert
Une œuvre méditative et esthétiquement achevée qui plonge au cœur de la guerre qui fait rage depuis 20 ans au nord de l’Ouganda. Un film qui jette un regard incisif sur l’une des pires – mais des plus méconnues – crises humanitaires du monde. Entièrement tourné en Ouganda et dépourvu de narration, ce documentaire donne la parole aux gens de ce pays coupé en deux.

Séance :
24 février 2008
16h00
Cinémathèque québécoise – Salle Fernand-Séguin

Pour en savoir plus sur ce film, vous pouvez lire mon post précédent

Photo Raymonde
LE DÉSHONNEUR DES CASQUES BLEUS réalisé par Raymonde Provencher
Ils portent les casques bleus de l’espoir. Ils arrivent dans des pays où des conflits meurtriers ont déchiré les populations. Leur rôle consiste à séparer les belligérants et à protéger les populations civiles. Mais savons-nous vraiment ce que font les Casques bleus? Des victimes et des témoins parlent.

Séance :
15 février 2008
20h30
Cinémathèque québécoise – Salle Fernand-Séguin

Pour en savoir plus sur ce film, visitez mon post précédent

Photo-Karina
UN COIN DU CIEL réalisé par Karina Goma
Mille et une histoires s’entrechoquent au CLSC Parc-Extension, l’un des quartiers les plus cosmopolites de Montréal. Cet étonnant «village» dans la ville rassemble des exilés qui rêvent de trouver un coin de ciel paisible à installer au-dessus de leurs têtes.

Séances :
18 février 2008
19h00
Centre Segal des arts de la scène

20 février 2008
18h00
Cinémathèque québécoise – Salle Fernand-Séguin

Pour en savoir plus sur ce film, vous pouvez lire mon post précédent

desjardins
LE PEUPLE INVISIBLE réalisé par Richard Desjardins et Robert Monderie
Le peuple invisible sort de l’ombre la nation algonquine. Riche de 5000 ans d’histoire, cette culture autochtone apparaît sérieusement menacée. Comptant environ 9000 personnes réparties dans une dizaine de communautés au Québec, souvent pauvres et aux droits constamment bafoués, ce peuple amérindien se trouve maintenant à la croisée des chemins.

Séances :
16 février 2008
19h00
Centre Segal des arts de la scène

19 février 2008
18h00
Cinémathèque québécoise – Salle Fernand-Séguin

Pour en savoir plus sur ce film, lisez mon post précédent

Une ressoruce précieuse: le site web de Lois Siegel

wisemanmodel
‘Model’ de Frederick Wiseman

Il y a un mois j’ai parlé de plusieurs listes de ‘meilleurs documentaires’ sur ce blogue et il semble que cela a engendré toute une discussion. Tant mieux, car ces listes, qui sont toutes subjectives bien sûre, ont besoin d’être examinées. Et comme toujours quand on se penche sur un sujet, on apprend quelque chose de nouveau. Une des nombreuses ressources apportées à mon attention ces dernières semaines est le formidable site web de Lois Siegel, qui comprend aussi une liste de documentaires. Lois n’a pas de prétention particulière quant à sa liste, mais c’est une très bonne source pour les gens à la recherche de bons documentaires. J’en ai parlé avec Lois:

Comment as-tu commencé ta liste ?

La Liste des Films Documentaires fait partie de mon site web Film Fanatics :
Le site web en question contient toutes sortes d’informations : sur le jeu, l’animation, les films documentaires, les cinéastes, le financement, l’histoire, la scénarisation, les écoles…Tout ce qui pourrait être intéressant à mes lecteurs et me servir comme une bonne référence. Mes étudiants en production vidéo à l’Université d’Ottawa ont accès au site, ainsi que les jeunes cinéastes que je conseille et encadre.

Quels sont tes critères pour inclure un film ?

Quand je vois un film que j’aime, je vais souvent l’ajouter sur la liste.
Je n’ai pas eu le temps de rajouter tous les films que j’ai aimés sur la liste. J’en rajoute au fur et à mesure. J’ai une liste de presque 200 films que je faisais visionner dans mes cours au Collège John Abbot et maintenant à l’Université d’Ottawa.
Il me reste encore à ajouter les films affichés sur mon site sur les Cinéastes Documentaires
Il s’agit d’un ouvrage en cours. J’aimerais avoir plus d’heures dans ma journée pour y consacrer. Je travaille comme photographe pigiste, musicienne et j’enseigne, alors mon temps est assez limité.
Parfois les films que je trouve bons reflètent mes intérêts personnels, par exemple le film ‘Model’ de Frederick Wiseman. J’ai vraiment aimé ce film…Étant photographe, le sujet du film m’intéresse et il y a aussi toute la partie qui montre comment tourner une publicité, ce qui me concerne en tant que cinéaste. J’aime aussi son film ‘The Store’ car j’ai grandi dans des magasins dont mon père était propriétaire. Quelqu’un d’autre verrait ce film autrement car cette personne n’a pas eu la même expérience que moi.

Nous apportons aux films notre personnalité, notre vision du monde et notre façon de le concevoir. Il n’existe pas deux personnes qui ont la même expérience.
J’aime les films sur les joueurs d’échecs car je jouais aux échecs quand j’étais jeune. Si vous n’êtes pas un joueur, vous pourriez trouver ce genre de films ennuyants.
J’ai plus de 1000 pages sur mon site web principal.
J’ai beaucoup d’intérêts et je travaille sur mon site un peu tous les jours.

lois07by tomfixedsmall
Lois Siegel

Est-ce que tu cherches des films qui correspondent à tes critères ou tu prends des films que tu vois par hasard ?

J’inclus les films que je vais voir au cinéma, mais je suis à toujours à la recherche de films intéressants. Je regarde des films tout le temps. Et j’allais voir des films au Festival des Films du Monde à Montréal pendant des années.
En tant que cinéaste, je veux voir autant de films que possible. Quand je travaillais à l’ONF, j’avais l’habitude de prendre les films 16mm à la maison pour les visionner, après c’était des cassettes VHS. Maintenant je loue les films à la Bibliothèque publique d’Ottawa et à l’Université d’Ottawa (VHS, DVD)
L’enseignement me permet d’avoir accès aux films que je ne verrai pas autrement. J’ai peux commander des films pour les visionner ou les acheter. Je vais aussi voir les films au Cinéma Bytowne – visionnements de presse, car j’écris des critiques pour mon site et pour le Glebe Report (Ottawa)

Ton site est très populaire, est-ce que tu sais qui sont les visiteurs?

Mon réseau de pages Web reçoit 55.000 visites par jour. (non seulement la page sur le cinéma documentaire).

Les gens de partout dans le monde vont sur mon site.
Octobre dernier il y a eu 1.5 million de visites.

Merci à Dijana Lazar pour son aide avec ce post

Lancement de la campagne de financement pour Granny Power

Grannies unvonv,,int.#D6B12
Les Mémés Déchaînées à l’occasion de leur dernière ‘Unconvention’. Photo Simon Bujold

Depuis trois ans je travaille sur un film sur les Mémés Déchaînées, un mouvement canadien à la base, mais qui est depuis devenu international. C’est un film qui va montrer comment se servir de l’humour pour réclamer la paix, la justice sociale et le respect de l’environnement, c’est un film sur le vieillissement et comment rester actif, c’est un film qui donne la parole aux femmes âgées dans notre société. Nous avons un télédiffuseur de langue française, mais il y a peu d’intérêt du côté des télédiffuseurs de langue anglaise. C’est pour cela que notre équipe, appuyée par nos producteurs chez Films de l’Isle, lance une campagne de financement privé. Nous voulons recueillir une partie de la somme nécessaire pour réaliser le film et nous voulons aussi créer un élan d’énergie entourant ce film.

Mon désir de faire un film sur les Mémés Déchaînées découle de mon expérience de voir pendant des années ces magnifiques femmes protester lors des manifestations pour la paix, la protection de l’environnement et la justice sociale. Le thème qui traverse tout mon travail est celui des gens qui militent pour leurs droits. Et les Mémés ne sont jamais loin quand il y a un David qui lutte contre un Goliath! Je me souviens de les avoir vues, une des mémés était même en chaise roulante, en plein milieu d’un nuage de gaz lacrymogène pendant le Sommet des Amériques.

Pendant ces trois dernières années, j’ai eu le privilège de rencontrer les Mémés Déchaînées à travers le Canada et les États-Unis, y compris les Mémés fondatrices à Victoria en Colombie-Britannique. J’ai filmé les célébrations à l’occasion de leur 20ème anniversaire (voir mon post précédent sur le tournage à Victoria), ainsi que plusieurs autres événements importants, dont l’arrestation à New York de 20 mémés lors d’une manifestation contre la guerre en Iraq. Malheureusement une grande partie des déplacements et autres coûts reliés au tournage devaient être chargés sur nos cartes de crédits, mais l’important c’est que nous avons le matériel filmé.

Et voici un petit vidéo qui montre le genre de situations que vous allez voir dans le film:
[youtube 8yDj098xCGE]

J’ai aussi la chance de travailler avec quelques vétérans du métier, qui sont aussi mes très bons amis, dont Martin Duckworth, Carole Roy et Terre Nash. Mon souhait personnel est qu’on réussisse à faire exactement ce que les mémés font : utiliser l’humour, l’ironie et la créativité pour divertir le public tout en le faisant réfléchir à des problèmes pressants.

Un de nos personnages principaux, Muriel Duckworth se prépare à fêter son 99ème anniversaire. Les mémés fondatrices à Victoria sont toujours actives mais fragiles, en célébrant le 20ème anniversaire de leur mouvement. C’est vraiment le moment de faire ce film. Si les télédiffuseurs ne veulent pas nous appuyer, nous sommes convaincus que le public le fera.

J’ai la chance de travailler avec une excellente coordonnatrice pour la campagne de levée de fonds, Dijana Lazar. Elle va vous expliquer comment ça marche:

Nous avons décidé de lancer une campagne de levée de fonds en ligne pour aider à financer le projet de film Granny Power, en utilisant la plateforme Internet de collecte de fonds appelé GiveMeaning.Com

Avec l’aide de l’ONG montréalaise Alternatives et nos stagiaires basés à Montréal et à Toronto, on vise à recueillir 25000$ pour démarrer le projet et montrer qu’il bénéficie d’un support populaire. Et nous avons besoin de votre aide pour atteindre ce but!

Vous pouvez contribuer à cette campagne de plusieurs façons: en votant pour le projet (le processus de vote se poursuit encore une semaine), en faisant un don monétaire (la collecte de fonds débute le 12 février et tous les dons de 5 $ et plus sont déductibles d’impôts), en faisant suivre le message à vos contacts et amis, en affichant le lien pour notre page web sur votre site ou blogue…
Votre appui sera grandement apprécié!

Veuillez visiter notre page web sur Give Meaning : Projet Granny Power

Ainsi que le site web du film: Granny Power film

Merci!

Défi documentaire, petites vites !

team_beijing_dreams_from_china
L’équipe Beijing Dreams From China – arrière-scène du lauréat Lao Shan Lao Yin – Jakob au maquillage

 

C’est impressionant de voir jusqu’à quel point les gens sont prêts à faire des vidéos sans financement, et capables de les faire. Il y a quelques années j’ai présidé un concours qui s’appellait ‘Caméra Verte’ – qui sera d’aileurs bientôt relancé – et nous avions reçu 135 films malgré des délais serrés. Et il y a plusieurs concours qui se déroulent sur 48 heures ou une semaine. Un des plus établis est l’International Documentary Challenge qui fera son retour à Hot Docs en Avril 2008.La période d’inscriptions pour le 3ieme Doc Challenge annuel, qui sera tenu du 6 au 10 Mars 2008, est maintenant ouverte. J’ai posé quelques questions à Doug Whyte, le producteur de l’évènement.

 

doug_whyte
Doug Whyte, Producteur de Doc Challenge.

 

1. D’où est venue l’idée?

Je travaille pour KDHX Community Media (www.kdhx.org), un organisme a but non-lucratif de media communautaire à Saint-Louis au Missouri. (quoique je sois maintenant installé à Portland, Oregon.) Je suis producteur du St. Louis 48 Hour Film Project (www.48hourfilm.com) pour eux et après avoir constaté à quel point la communauté de réalisation fiction s’est intéressé au 48 Hour Film Project, je me suis dit que j’allais tenter le lancement d’un évènement semblable pour les réalisateurs non-fiction. Bien sûr je n’étais pas certain comment ça allait fonctionner pour les documentaires car ça prend souvent des années pour en faire un acceptable. Mais les résultats ont été fantastiques! Les films sont si bons que Hot Docs Canadian International Documentary Film Festival (www.hotdocs.ca) a embarqué pour être partenaire de présentation et hôte de la première des finalistes et de la cérémonie des prix. Parmi les autres partenaires de présentation il y a SILVERDOCS, le Big Sky Documentary Film Festival, l’International Documentary Association, le Documentary Organization of Canada et le 48 Hour Film Project.

2. Et combien de fois l’avez-vous fait?

Ce sera la troisième année pour Doc Challenge et la deuxième année pour Hot Docs. Cette année nous allons avoir des projections régionales dans les villes avec des groupes de participants, incluant (fort probablement) Los Angèle, Seattle, Portland, Saint-Louis, Washington, Missoula et Toronto. Ces projections présenteront des films créés localement ainsi que quelques-uns des gagnants internationaux.

3. Y a-t-il un thème ou des contraintes? Quand est-ce que les concurrents apprennent-ils ce qu’ils sont?

Le matin du Jeudi 6 mars chaque équipe se fait donner un choix de genre pour son film, que ce soit Étude de Personnage, Première Personne, Musique, etc. De plus, tous les réalisateurs se font donner un thème général (tel que « Liberté ») qui doit être adressé à un certain point dans le film. Afin de s’assurer que les films ont été créé a l’intérieur du délai de temps requis, chaque équipe doit prouver la date à laquelle le film a été créé par l’ajout d’un élément de temps au film ou au générique (tel que le sujet principal tenant un journal.) Puis, le film doit être envoyé au siège principal de Doc Challenge avec le cachet de la poste datant au plus tard le Lundi 10 mars.

4. Il semble y avoir de plus en plus de gens qui sont prêt à contribuer des morceaux audiovisuels gratuitement, aux compétitions et aux sites web. Croyez-vous que les gens établis avec une compagnie de production ou autre ont un avantage, ou c’est vraiment un terrain de jeux égal étant donné l’accessibilité des nouvelles technologies?

Je dirais que dans une compétition comme celle-ci, c’est un terrain de jeux assez égal. Avec un si court délai de temps, c’est une question de personnages et d’histoires intéressantes (comme a l’habitude.) Ce n’est pas pour dire qu’un travaille de caméra et de montage professionnel ne donne pas d’avantage, mais il doit y avoir l’histoire d’abord. Certains de nos finalistes des deux dernières années ont variés de réalisateurs établis comme Doug Hawes-Davis (Libby, Montana on POV) à de nouveaux venus qui ont su trouvé des sujets extrêmement engageants et uniques. Le Doc Challenge est un évènement qui attire autant les réalisateurs novices que les professionnels: les réalisateurs novices ont l’opportunité de travailler sur un projet créatif et personnel sans avoir à s’engager pendant des années de leurs vies. Une chose que j’aimerais dire a propos de cet évènement est que les réalisateurs font beaucoup plus que simplement s’inscrire à un festival. D’abord nous limitons le nombre de participants (250) et les festivals ne le font pas (Sundance en avait au delà de 8000!) Deuxièmement, en s’inscrivant, ils font partie de la compétition et non pas juste considérer pour. Nous travaillons vers la projection et la distribution des films, qu’ils gagnent ou non. Aux festivals, on a une présentation (peut-être deux.) Dans les deux dernières années nous avons travaillé toute l’année de sorte à ce que les films soient projetés et nous avons en fait eu plus de distribution télé pour les non-gagnants que les gagnants! Et si nous trouvons une distribution pour un film, 75% des recettes vont aux réalisateurs et 25% a Doc Challenge. Aussi, nous sommes un organisme à but non-lucratif et tous les gains sont réinvestis dans l’évènement pour l’améliorer.

Merci à Steven Ladoucur pourl’aide avec ce blogue.

 

doc_challenge_logo


Les détails complets et le formulaire d’inscription peuvent être trouvé (en anglais seulement) au http://www.docchallenge.org/
Pour les questions par courriel (en anglais seulement) info@docchallenge.org
Visitez Hot Docs (en anglais seulement): http://www.hotdocs.ca

Que préparent les cinéastes du ‘Tiers-monde?’

D. Lacourse 2
Danièle Lacourse, Director of the Alter-ciné Foundation.

Quels sont les thèmes abordés par les cinéastes des pays du ‘Tiers Monde’? Une façon de l’apprendre est de parler avec la Directrice de la Fondation Alter-Ciné, Danièle Lacourse. La fondation a été créée à la mémoire de mon collègue et ami Yvan Patry, cinéaste pionnier et partenaire de Danièle, décédé il y a dix ans. Le but de la fondation est de soutenir les cinéastes des pays en développement dont le travail fait la promotion des droits de l’homme et de leur attribuer deux ou trois prix en argent chaque année (pour lire sur les lauréats de l’année dernière, visitez mon post) Voici ma conversation avec Danièle:

1. En général, dans les projets que vous recevez des pays du Sud, ce sont les sujets qui priment ou il y a aussi une volonté de développer un traitement original ?

Cela varie vraiment d’un pays à l’autre, d’un projet a l autre. Je crois qu il y a de plus en plus de cineastes du sud qui se préoccupent aussi du traitement afin de donner plus d’impact a leur film. Cela se voit en particulier dans des pays où il y a une forte tradition documentaire, comme en Argentine par exemple.

En termes de nos critères, la principale exigence, c’est que le film traite des droits et libertés, compris dans son sens le plus large, i.e. autant les droits politiques, qu’économiques, sociaux, culturels, et autres. Mais si le thème est important, le traitement l’est aussi à nos yeux: la Fondation soutient le documentaire de création, donc une approche et une démarche cinématographique originale, créative, qui sert d’ailleurs souvent mieux le propos qu’un documentaire didactique, convenu ou formaté télé.

2. Y a-t il des différences notables entre les continents ? En termes de la nature des projets, et de la situation des cinéastes ?

Première différence: 75% des projets que nous recevons proviennent d’Amérique latine, donc il n’y a que 25% des projets qui proviennent d’Asie et d’Afrique. Difficile d’analyser les causes: s’agit-il seulement d’un meilleur accès à l’internet ou
d’un meilleur “réseautage”, de liens plus étroits entre documentaristes d’Amérique latine qui font circuler l’information entre leurs associations? Ou est-ce qu’il y a une plus grande production de documentaires en Amérique latine par rapport à l’Afrique et à l’Asie?
Chose certaine, les cinéastes d’Afrique et d’Asie nous semblent plus isolés que ceux d’Amérique latine, mais cela demeure une impression qui reste à vérifier.

Quant à la nature des projets, il est difficile de voir des différences thématiques entre continents, même si certains thèmes comme celui des disparitions par exemple sont beaucoup plus abordés en Amérique latine qu’ailleurs. Quant à l’approche cinématographique, elle relève aussi de la culture et de l’histoire. Par exemple, les cinéastes africains ont
souvent une approche du montage, du temps et de la durée, différente de celle que l’on trouve chez les cinéastes latino-américains, de même qu’ils accordent une importance particulière à la “parole” dans le récit.

3. Depuis que la fondation a commençé ses activités, quels sont les changements que tu as remarqué dans les projets soumis?

Une plus grande variété de thèmes et d’approches. Au début, on recevait beaucoup plus de projets strictement sur les droits politiques et économiques (répression, dictature, pauvreté, etc) avec un traitement cinématographique plutôt “classique” ou s’approchant du reportage ou de l'”outil didactique”.
Actuellement, nous recevons plus de projets traitant des questions environnementales, autochtones, d’immigration, culturelles, et le traitement est souvent plus près du cinéma direct, plus audacieux, plus personnel, plus créatif.

4. Ici j’imagine que le budget moyen d’un documentaire d’une heure est de $350.000. Qu’en est-il des propositions que vous reçevez ?

Cela varie considérablement d’un projet à l’autre. La majorité des projets ont un budget se situant entre 60,000 et 150,000$. Mais il y a aussi des projets qui se tournent avec 30,000$ ou moins: dans ce cas, le réalisateur ou la
réalisatrice a souvent accès à de l’équipement de tournage et de montage “prêté”. Dans le cas du documentaire “Oscar” de l’Argentin Sergio Morkin par exemple, le budget était minime. Sergio filmait lui-même avec des caméras empruntées à droite et à gauche; il recyclait ses cassettes de tournage; et tous ses amis étaient mis àcontribution pour aider à réaliser le film. Les petites caméras numériques ont aussi contribué à “démocratiser” le documentaire en coupant les coûts de
production. Dans le cas de “Raymundo”, les réalisateurs avaient installé leur petite unité de montage dans leur salon, ce qui leur a permis de monter pendant toute une année, ce qui aurait été impensable s’ils avaient dû louer une salle de montage. Ce que nous avons pu constater aussi, c’est que, quand il y a urgence, ces cinéastes trouvent toujours le moyen de faire leur film, meme sans financement extérieur

5. Comment ses films du Sud sont-ils distribués ?

Beaucoup de ces films sont présentés dans des festivals (le film “Raymundo” parexemple a remporté 15 prix dans divers festivals à travers le monde), ce qui permet une certaine visibilité. Mais ils sont surtout distribués dans divers réseaux locaux et nationaux: organismes impliqués dans la défense de droits et libertés, organisations de quartiers et organismes communautaires, syndicats, universités, etc. En général, les réalisateurs et réalisatrices accompagnent cette distribution de leur film et entrent en contact direct avec le public concerné.
Parfois aussi, certains documentaires (comme “Keiskamma une histoire d’amour”) ont été présentés sur une chaîne de télé nationale (SABC en Afrique du Sud), ce qui leur donne la possibilité de toucher un autre public.

(Merci à Steven Ladouceur pour son aide avec ce post)

Chroniques de la vie quotidienne

071111-159
Denys Desjardins et Jacques Leduc

Lors des Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal en novembre dernier, ma femme Jocelyne Clarke a assisté à un atelier très intéressant avec Jacques Leduc, Denys Desjardins et Richard Brouillette, autour d’une série de films unique: Chronique de la vie quotidienne. Jocelyne est réalisatrice ( Edith et Michel) et a participé à la programmation aux Rencontres depuis le début.

Phot Jocelyne Clarke
Jocelyne Clarke

J’ai cessé de compter le nombre de fois que le mot “liberté” à été prononcé en référence à cette oeuvre unique dans l’histoire du documentaire québécois. Produit officiellement en 1977 (mais entamé plusieurs années avant) par Jacques Bobet à l’ONF, conçue et réalisée par Jacques Leduc en collaboration avec quelques douzaines d’autres illustres artisans du cinema d’ici, elle s’étale sur 4 heures et demi, réparties en 8 films de longueurs disparates variant de 10 à 82 minutes. L’idée et l’urgence étaient un retour au cinema direct – déjà “contaminé” par l’arrivée en force de la television (que Leduc qualifie de “moyen de transmission” et non de “langage cinématographique”). On voulait témoigner de l’époque à travers les grands axes de la vie – l’amour, l’argent, l’alimentation, l’habitation, la mort. Des petites équipes partaient tourner quelqu’événement – un défilé d’hommes en bobettes, la construction de maisons en banlieu, un groupe de femmes aisées s’affairant à des oeuvres charitables. Des clichés insolites mais essentiels, du quotidien de la ville en ces temps encore innocents. Le matériel s’organisait au fur et à mesure, dans un va-et-vient organique entre les tournages et le montage. Le piétage fut réparti en thèmes qui devinrent éventuellement les jours de la semaine. Avec les chutes trop précieuses pour laisser de côté mais qui n’entraient pas dans la structure découverte, on a monté un dernier petit court – Le plan sentimental – remarquable autant pour son visuel improvisé que sa trame sonore soigneusement élaborée.

La discussion s’est attardée un bon moment autour de la question – une telle oeuvre pourrait elle être réalisée aujourd’hui? Pas de réponse catégorique mais on était d’accord généralement que les contraintes télévisuelles – les longueurs fixes, l’exigence de scénarios détaillés, les quittances – vont à l’encontre d’une telle liberté, sans toutefois la brimer complètement. On a parlé aussi d’une naïveté et d’une insouciance face à la caméra, longtemps révolues dans la foulée des “reality shows”. Aujourd’hui par contre, l’accès aux technologies légères et à diverses formes de distribution sont des atouts inconnus à l’époque.

Une série remarquable trop peu apprécié par le public et qui mériterait certainement son coffret DVD. Pour en savoir plus, aller sur le site de l’ONF et faites une recherche dans la collection sous “série”, ou rechercher chaque titre, que voici:

Lundi – Une chaumière, un coeur.
Mardi – Un jour anonyme.
Mercredi – Petits souliers, petits pains.
Jeudi – À cheval sur l’argent
Vendredi – Les chars.
Samedi – Le ventre de la nuit.
Dimanche – Granit
Hors série – Le plan sentimental.

Le Peuple invisible – le débat a-t il eu lieu ?

Peuple invisible 53540_06
PHOTO: Ministre serrant la main d’un jeune Algonquin.

Durant la période des fêtes, je lisais une collection d’articles du grand critique de Cinéma américain Andrew Sarris intitulé ‘Confessions of a Cultist.” Une phrase m’a frappé: ‘Tout le monde adore voir un poète dissident – dans une autre société que la sienne.’ ( ma traduction libre).

Et j’ai eu l’occasion de voir le nouveau film, courageux et percutant, de Richard Desjardins. Je précise pour ceux qui ne sont pas du Québec qu’il est un grand poète, compositeur et interprète en plus d’être l’auteur de films documentaires importants, avec Robert Monderie. Il y a presque dix ans leur film l’Erreur Boréale avait causé un débat énorme sur l’état de la forêt boréale au Québec, et c’est un des rares films documentaires dont on peut dire qu’il a conduit à des changements réels dans la société. Maintenant, avec Le Peuple invisible, arrivent-ils a provoquer un débat semblable sur le sort des peuples autochtones au Québec ?

Mais d’abord, de quoi parle ce film ? C’est le récit minutieux et bien documenté du sort que les Algonquins, habitant traditionellement un vaste territorire au nord d’Ottawa, ont subi aux mains des colons et gouvernements blancs – sans oublier les pères Oblats et l’Église catholique. Le film n’est pas tendre envers les colonisateurs. Voici ce qu’en dit mon ami et proche collaborateur Simon Bujold:

Ce film est un grand cours d’histoire. Le genre de cours que les réformes scolaires québécoises n’ont jamais osé imaginer. Richard Desjardins accomplit encore une fois un brillant exercice intellectuel. Prendre la parole pour atteindre notre regard.

Qui sont-ils? «Nos frêres» dit Desjardins dans une entrevue. Ceux que l’on ignore systématiquement depuis que nos ancêtres n’en ont plus besoin pour survivre à la rigueur du territoire. Depuis toujours ils sont là. Ils ont accommodé raisonnablement l’européen et sa descendance bien avant la commission Bouchard-Taylor.

Pourtant comme le film de Monderie et Desjardins le démontre, les algonquins sont un peuple invisible aux yeux des québécois.

Des critiques sont lancées spécifiquement vers le mouvement souverainiste qui revendique une identité nationale distincte tout en ignorant les Premières Nations. Une victime qui ne se solidarise aucunement d’une autre encore plus mal en point. «Je veux que l’on puisse vivre ensemble dans l’harmonie et la paix», dit le vainqueur en gage d’amitié au perdant qu’il vient d’écraser. Pourquoi s’embêter avec le sort du plus faible quand on est le plus fort. Plusieurs spectateurs sortent de la projection encore habités de la honte et de la culpabilité qui montent en nous face à cette réalité. Impuissance face à l’ampleur du drame. Ce qui embête le plus le spectateur c’est que le doigt accusateur se tourne lentement vers nous alors que l’on découvre une à une les injustices historiques et présentes que subissent les Algonquins. Dans l’Erreur Boréale, le méchant c’était la compagnie, facile. Ici c’est le reflet cruel du miroir.

Le film ne donne pas la réponse à la question qui s’installe en chacun. Quoi faire? Que faire aujourd’hui?

Pouvons-nous désarmer des centaines d’années de mépris organisé pour vaincre la barrière de l’ignorance culturelle. Des milliards pour les tsunamis, des millions pour Haïti. Des écoles pour les jeunes afghanes, l’Iraq au Iraquiens. Et pour nos voisins? Rien.

Et le débat ? Qu’est-il advenu du débat ?

Eh bien, je pensais qu’elle allait avoir lieu, car même le porte-parole des Rencontres Internationales de Montréal, le chanteur Biz, du groupe Loco Locass, ne s’était pas géné pour attaquer le film. Selon Biz, entendu à l’émission de Christaine Charette à Radio-Canada, Desjardins et Monderie critiquent les Québecois sans souligner que les Américains et les Canadiens anglais ont fait pire. Quelques jours plus tard j’ai entendu l’écrivain Dany Laffèrière, québecois d’origine Haïtienne affirmer, aussi à Radio-Canada, que Desjardins prend la parole pour parler de l’oppression des Algonquins plutôt que de leur laisser la parole. Mais après cela… pas grande chose. Je crois que c’est un film qui met les gens très mal à l’aise. Ce débat-là, veut-on réellement l’avoir ? Aura-t il d’avantage lieu lors de la télédiffusion ?

Best Docs/meilleurs docs, DOX ( European Documentary Union.)

LasHurdes_Bunuel
Las Hurdes

Here is the list of best documentaries from DOX, the magazine of the European Documentary union. Voici la liste des meilleurs documentaires de DOX, la revue de la Euroepan Documentary Union. C’était dans le numéro 50 publié en janvier 2004. Revue éditée par EDN Ulla Jacobsson & Tue Steen Muller.

1000 MEN de Shinsuke Ogawa
A DECENT LIFE de Stefan Jarl
THE LAST JUDGEMENT de Herz Frank
FREE FALL de Peter Forgacs
LA BATALLA DE CHILE Part I – II – III de Patricio Guzman
BLACK HARVEST de Robin Anderson et Bob Connelly
CALENDAR de Atom Egoyan
LE CHAGRIN ET LA PITIÉ de Marcel Ophuls
THE MAN WITH THE MOVIE CAMERA de Dziga Vertov
CITY OF GOLD de Colin Low
COMIZI D’AMORE de Pier Paolo Pasolini
DEAR AMERICA; LETTERS HOME FROM VIETNAM de Bill Couturier
EL DESENCANTO de Jaime Chavarri
KINDERTGARTEN de Victor Kossakovsky
DRINKING FOR ENGLAND de Brian Hill
FOTOAMATOR de Dariusz Jablonski
GISELLE de Anne Regitze Wivel
LES GLANEURS ET LA GLANEUSE de Agnès Varda
GLAS de Bert Haanstra
THE LONG HOLIDAY de Johan VanderKeuken
HIGH SCHOOL II de Frederick Wiseman
HISTOIRE D’UN SECRET de Marianne Otero
UNE HISTOIRE DE VENT de Joris Ivens
BREAD DAY de Sergey Dvortsevoy
HOME FROM THE HILL de Molly Dineen
TERRE SANS PAIN de Luis Bunuel
IN MY FATHER’S HOUSE de Fatima Jebli Ouazzani
JOKTAOU, CHRONICLE OF A DEAD SEA de Sergey Azimov
KAMLABAI de Reena Mohan
KASHIMA PARADISE de Yann LeMasson
MOANA de Robert J. Flaherty
MOI UN NOIR de Jean Rouch
THE MUSICIANS de Kazimierz Karabasz
CLOSE UP de Abbas Kiarostami
NIGHT MAIL de Basil Wright & Harry Watt
NO PAIZ DAS AMAZONAS de Silvino Santos & Agesilau de Araujo
STATE OF DOGS de Peter Brosens & Dorjkhandyn Turmunkh
NUIT ET BROUILLARD de Alain Resnais
FATHER , SON AND HOLY WAR de Annan Patwardan
PRIMARY de Robert L. Drew
CONFESSION de Aleksander Sokurov
LE SANG DES BÊTES de Georges Franju
SANS SOLEIL de Chris Marker
THE GREAT ADVENTURE de Arne Sucksdorff
STILL LIFE de Sohrab Shahid Saless
TANJUSKA AND THE SEVEN DEVILS de Pirjo Honkasalo
THE THIN BLUE LINE de Errol Morris
VOLCANO : AN INQUIRY INTO THE LIFE AND DEATH OF MALCOLM LOWRY de Donald
Brittain & John Kramer
THE SEASONS de Artavadz Pelechian
WR-MYSTERIES OF THE ORGANISM de Dusan Makavejev
ANYTHING CAN HAPPEN de Marcel Lozinski

(Merci à Adam Shamash et Dijana Lazar pour l’aide avec ce blogue)