Best docs at NFB’s 50th/Meilleurs documentaires au 50e de l’ONF

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Here is the list of 52 documentaries programmed by André Paquet for the 50th anniversary of the NFB. Voici la liste des 52 documentaires sélectionnés par André Paquet pour le 50e de L’ONF. Source: catalogue- Documentaire Se Fête / Salute to the Documentary – 16 au 25 juin 1989 – 50e Anniversaire de l’ONF.

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André Paquet

79 PRINTEMPS (79 Springs) de/by Santiago Alvarez
À PROPOS DE NICE de/by Jean Vigo
AT THE SPRING SEA CAMP de Asen Balikci
BUCHERONS DE LA MANOUANE (Manouane River) de/by Arthur Lamothe
CHEMIN DE FER de/by Jurgens Bottcher
CHESTER GRIMES de/by Herbert di Gioia & David Hancock
CHRONIQUE D’UN ÉTÉ (Chronicle of a Summer) de/by Jean Rouch
CORRAL de/by Colin Low
CORTILE CASCINO de/by Robert M. Young & Michael Roemer
DRIFTERS de/by John Grierson
FARREBIQUE OU LES QUATRE SAISONS de/by Georges Rouquier
FORTINI CANI de/by Jean-Marie Straub & Daniele Huillet
GOLDEN GLOVES de/by Gilles Groulx
GRASS de/by Merian C. Cooper & Ernest Schoedsack
HARLAN COUNTY, USA de/by Barbara Kopple
HARVEST OF SHAME de/by David Lowe
HUNTERS de/by John Marshall & Robert Gardner
IF YOU LOVE THIS PLANET de/by Terri Nash
KATAK ET KUKTUK SE RACONTENT ET CHANTENT de/by Richard Lavoie
L’HEURE DES BRASIERS (The Hour of the Furnaces) de/by Fernando Solanas et Octavio Getino
L,HOMME À LA CAMERA (The Man with a Movie Camera) de/by Dziga Vertov
LA BATAILLE DU CHILI (The Battle of Chile) de/by Patricio Guzman
LA CHUTE DE LA DYNASTIE DES ROMANOV (The Fall of the Romanov Dynasty) de/by Esther Chub (aka Esfir Shub)
LE MONDE DU SILENCE (The Silent World) de/by Jacques-Yves Cousteau
LE SABOTIER DU VAL DE LOIRE de/by Jacques Demy
LE SANG DES BÊTES (Blood of the Beasts) de/by Georges Franju
LES MAÎTRES FOUS (The Mad Masters) de/by Jean Rouch
LES RAQUETTEURS (The Snowshoers) de/by Michel Brault
LISTEN TO BRITTAIN de/by Humphrey Jennings
MISÈRE AU BORINAGE (aka Borinage) de/by Henri Storck & Joris Ivens
MODERN TIMES de/by Charles Chaplin
NANOOK OF THE NORTH de/by Robert J. Flaherty
NATIVE LAND de/by Paul Strand & Leo Hurwitz
NIGHT MAIL de/by Harry Watt & Basil Wright
NOUS AURONS TOUTE LA MORT POUR DORMIR de/by Med Hondo
NUIT ET BROUILLARD (Night and Fog) de/by Alain Resnais
ON THE BOWERY de/by Lionel Rogosin
POINT OF ORDER de/by Emil de Antonio
POUR LA SUITE DU MONDE (For Those Who Will Follow a.k.a. Of Whales, the Moon, and Men a.k.a. The Moontrap) de/by Michel Brault & Pierre Perrault
PRIMARY de/by Richard Leacock & Robert Drew
RIEN QUE LES HEURES (Nothing But the Hours a.k.a. Nothing But Time) de/by Alberto Cavalcanti
SANRIKUZA: LES PAYSANS DE LA DEUXIÈME FORTERESSE (Nartia: The Peasants of the Second Fortress) de/by Shinsuke Ogawa
TERRE SANS PAIN (Land Without Bread) de/by Luis Bunuel
TERRES NOUVELLES (New Earth) de/by Joris Ivens
THE BATTLE OF SAN PIETRO de/by John Huston
THE TITICUT FOLLIES de/by Frederick Wiseman
THURSDAY’S CHILDREN de/by Lindsay Anderson
TIRE DIE de/by Fernando Birri
TRAINS SPECIAUX de/by Krsto Papic
TURKSIB de/by Victor Turin
UNE ANNÉE DE FRANK W (Franek W.’s Year) de/by Kazimierz Karabasz
VERS LE SUD de/by Johan VanderKeuken

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Pour la suite du monde

(Merci à Adam Shamash et Dijana Lazar pour l’aide avec ce blogue)

La liste de l’IDA: commentaires

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Barry Greenwald

J’ai reçu beaucoup de réactions à mon entrevue avec Diane-Estelle Vicari de l’IDA concernant la liste des 25 meilleurs documentaires. En voici une du cinéaste Barry Greenwald (un de mes partenaires sur le site socialdoc) :

“Je pense qu’une liste créée au Canada, équivalente à celle de IDA,‘Les meilleurs documentaires’, serait plus représentative de l’ampleur, de l’histoire et de l’éclectisme du cinéma documentaire international … Peut-être ça serait le bon moment pour les groupes et les institutions tels que HotDocs, les Rencontres, DOC, les cinéastes du Québec, le magazine POV, Montage ou un collectif de ces derniers, de produire une liste de meilleurs documentaires qui serait réellement internationale. Une liste d’inspiration canadienne mais avec une perspective mondiale. Un bon début serait d’ouvrir un forum sur le thème de ‘100 Documentaires internationaux remarquables’ par exemple.

Barry a publié le résumé de mon entrevue sur le forum de discussion de Documentaristes du Canada et il m’a fait suivre certains commentaires reçus. Sheila Petzold a promis de proposer au comité exécutif de DOC, l’idée de créer une liste plus inclusive. Walter Forsyth a écrit : « Excellent sujet, il faudrait y dédier une édition de POV ». Je vais le faire suivre à Mark Glassman, éditeur de POV.

Après un peu de recherche, j’ai découvert plusieurs listes qui existent déjà. Voici un commentaire du programmateur vétéran André Paquet :

Chaque fois que des listes du genre sont dressées le regard est
toujours biaisé !
D’une part parce que les gens consultyés sont plus ou
moins représentatifs, ou que les circonstances du sondage sont dûes à
des facteurs tout aussi circonstanciels !

Leonard Helmrich me racontait lors de son passage aux RIDM que l’IDFA
ont fait un sondage semblabe avant le Festival auprès des spectateurs
de l’événement et que une fois le résultat compilé il n’y avait aucun
film de Joris Ivens !!!

Je trouve que la liste publiée par la Revue DOX en 2003 à l’occasion de
leur 50e numéro est assez représentative… et ce n’est pas parce que
j’y ai contribué un texte sur Histoire de Vent de Ivens, mais les
personnes consultées provenaient de tous les pays du monde. Par la
suite ils ont demandé à des programmateurs, cinéastes, écrivains,
critiques de faire un texte sur les 50 films ayant obtenus le plus de
votes.

En 1989 quand j’ai organisé DOCUMENTAIRE SE FÊTE à L’ONF j’avais fait
de même pour arriver à la programmation des 52 films retraçant UNE
‘hisitoire du documentaire. Parmis les personnalités consultées on
retrouve: Santiago Alvarez, Emile de Antonio,Peter Von Bagh, Michel
Brault, Haile Gerima, Jill Godmillow, Bernard Gosselin, Joris Ivens,
Johan Van der Keuken, Allan King, Bonnie Sherr-Klein, Jean-Claude
Labrecque, Arthur Lamothe, Richard Leacock, Colin Low, Mira Nair, Julia
Reichert, Helga Reidemeister,Jean Rouch, Henri Storck, Klaus Wildenhan.

Il y a cette tendance chez nos amis états-uniens à tout ramener à leur
cinéma,
et cela vaut autant pour la fiction que pour le documentaire.”

Et voici une bonne nouvelle, dans quelques jours je vais publier les deux listes mentionnées par André.

(Merci à Dijana Lazar pour l’aide avec ce blogue)

A la Croisée des Chemins: les derniers tournages

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Avec mon collègue et ami Martin Duckworth je suis en train de faire les derniers tournages pour un film provisoirement intitulé ‘A la croisée des chemins.’ Pendant trois ans nous avons suivi le conflit autour du projet de port méthanier Rabaska, sur la rive sud du St.Laurent, en face de l’Île d’Orléans. Pour l’élite économique et les travailleurs de la construction ce projet de 800 millions représente un dévéloppement économique très souhaitable. Mais beaucoup de résidants des municipalités de Beaumont et la partie orientale de Lévis souhaitent protéger le caractère agricole, résidentiel et patrimonial de la région, et se sont battus pendant trois ans pour arrêter le projet. Ils ont reçu l’appui de plusieurs groupes environnementaux ‘nationaux,’ notamment Québec-Kyoto et l’AQLPA. Après trois ans, ils semblent avoir perdu la bataille, dans la mesure où le gouvernement du Québec a donné feu vert au projet. Mais l’approvisionnement en gaz de Rabaska n’est pas encore assuré, et il y a trois projets de ports méthaniers au Québec. Alors rien n’est encore ‘dans le béton.’

Le film nous permettra de jeter un éclairage particulier sur plusieurs débats de société, notamment celui qui concerne ‘l’immobilisme’ des québecois et le phénomène de ‘pas dans ma cour.’

Le film que je co-réalise avec Martin ( il fait la caméra, je fais la prise de son ) est une production de l’ONF, ce qui a de grands avantages pour nous. La production est répartie sur quatre ans et nous avons pu suivre tous les revirements de situations et rebondissements de l’histoire de Rabaska. La durée nous a aussi permis de nous rapprocher beaucoup des personnages. Nous avons des discussions très intéressantes avec nos producteurs Yves Bisaillon et Johanne Bergeron sur la trame narrative, le développement des personnages et la facture du film. Nous avons pu faire plusieurs périodes de montage en cours de route, ce qui nous a permis de raffiner notre stratégie de tournage à mesure. C’est le genre de projet risqué où nous ne savons pas en commeçant le film comment il va se terminer. L’ONF est la seule institution qui nous permet de procéder de cette façon – ma façon préférée de travailler.

Nous avons récemment filmé un de nos principaux personnages, Yves Lambert, en train de jouer la chanson ‘Tour de l’Isle’ de Félix Leclerc. ( Voir photo ci-haut.)

Lors de la dernière manifestation des opposants contre le projet Rabaska devant l’Assemblée Nationale à Québec, mon ami Simon Bujold a tourné ce petit vidéo:

[youtube 6AxfxSEI8rY]

Au niveau de la démarche, le film ressemble beaucoup à des films que j’ai déjà fait, comme ‘Power’ ou ‘Maxime, McDuff & McDo.’ Mais cette fois j’ai l’avantage de co-réaliser avec Martin, et nos sensibilités semblent bien se compléter. Le film sortira plus tard cette année.

Questions à l’IDA concernant la liste des meilleurs documentaires

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Diane Estelle Vicari

International Documentary Association – (IDA) situé à Los Angeles, a récemment dévoilé la liste des 25 meilleurs documentaires de tous les temps. Elle a été publiée dans une édition spéciale de la revue de l’Association à l’occasion de son 25ème anniversaire, ainsi que sur son site web. J’étais un peu choqué en lisant cette liste car presque tous les films qui y sont mentionnés sont des productions américaines tournées en anglais. If faut se rendre jusqu’à la position 20 pour tomber sur le premier film européen, alors que les documentaires venant d’autres continents n’y figurent même pas. Peu de temps après avoir lu cette liste, j’ai eu la chance de rencontrer la présidente d’IDA, Diane Estelle Vicari. Je lui ai demandé si cette liste ne fausse pas l’histoire et la réalité de la production documentaire ?

« La façon dont nous avons conçus cette liste est la suivante. Un comité désigné par notre conseil d’administration a commencé en établissant une liste de plus de 600 titres et l’a affichée sur notre site web en demandant à nos membres de voter. Nous avons aussi demandé à nos membres de faire le suivant : « si nous avons omis un de vos films préférés, vous pouvez rajouter jusqu’à cinq films à la fin de la liste » ce que nombreux ont fait. Donc la liste a évolué. Mais la plupart de nos membres viennent des Etats-Unis et du Canada. Aussi, plusieurs cinéastes renommés et expérimentés ne sont pas membres de l’IDA, alors que beaucoup de jeunes cinéastes le sont. Ce sont eux qui ont voté en grande partie et cela paraît dans les résultats. »

Qu’est-ce que vous pensez personnellement du résultat ?

« Je trouve cela triste que la nouvelle génération de cinéastes ne soit pas davantage consciente de l’histoire et du contexte international du cinéma documentaire. On peut blâmer, jusqu’à une certaine mesure, les médias américains pour cette situation, car ils sont principalement concentrés sur le domaine très limité de la distribution « commerciale » des documentaires, ce qui en fin de compte crée une vision très limitée pour tous. J’aimerais voir les jeunes cinéastes, ainsi que le public, découvrir et apprendre plus, afin de trouver un équilibre entre l’ancien et le nouveau, entre les films d’ici et d’ailleurs. »

Mais dans ce cas, la liste d’IDA, en créant cette impression que les plus importants documentaires sont récents et viennent des Etats-Unis, n’est-elle pas en train d’aggraver la situation ? Cela ne les encouragera pas à chercher plus loin, n’est-ce pas ?

« Il n’y a pas de moyen sur pour déterminer l’impacte de la liste des 25 meilleurs à court terme. En discutant de ce processus, le conseil d’administration d’IDA était conscient du fait que quelque soit le résultat, il allait engendrer de vives discussions sur les documentaires, autant sur ceux figurant sur liste que sur ceux n’y figurant pas. C’est seulement à travers le dialogue et l’échange que nos membres vont apprendre davantage. Cette liste s’est rendue au delà de notre site web, on en parle avec beaucoup de zèle sur les blogs, entre cinéastes et public. Mon souhait est qu’elle réussisse à traverser les frontières illimitées de l’internet et qu’elle continue à susciter les débats. Nous chez IDA, on est en train de discuter de la publication de tous les autres titres dans le futur prochain. »

Le doc de Noël socialement engagé : Cher Père Noël

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Je vous ai déjà présenté mon merveilleux ami et collègue Martin Duckworth, un vétéran du métier. Si vous parlez français, je vous conseille de voir pendant le temps des Fêtes son film « Cher Père Noël » – qui date d’environ dix ans. Ce film nous fait découvrir des enfants du Nouveau-Brunswick qui écrivent au Père Noël ce qu’ils souhaitent recevoir à Noël. Le Père Noël apparaît dans des scènes animées. À travers leurs lettres, nous allons apprendre beaucoup plus sur la crise sociale qui les affecte, que sur les jouets qu’ils convoitent.
La pauvreté, le divorce, la maladie, ce sont les enjeux que la plupart d’entre eux doivent surmonter. Ce qu’ils désirent plus que tout autre chose c’est que les membres de leur famille soient heureux et en santé.

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Voilà quelques mots de Martin sur l’origine et la réalisation du film:

“J’ai eu cette idée de ma fille Jacqueline, qui est handicapée et qui adore le Père Noël et lui écrivait encore à l’âge de 25 ans, quand le film est réalisé. Le film a été co-produit par Virage de Montréal et la compagnie Phare Est de Moncton. Cécile Chévrier de Phare Est a suggéré Caraquet, comme étant la place où j’avais le plus de chance de retrouver des vrais lutins. Les scènes d’animations ont été créées par Joyce Borenstein pour inspirer la vie au Père Noël. Ces enfants m’ont appris que nous éprouvons tous un besoin fondamental d’avoir des symboles qui représente l’espoir dans un monde où le désespoir ne fait qu’augmenter. Il n’y a pas de version anglaise, malheureusement.”

Contact pour les ventes:

Mélanie Bhérer
Directrice de la distribution
Films en vue
(514) 276-9556 #242
Info@filmsenvue.ca

Docs du Brésil au Cinéma du Parc

Scandal Yes
Manda Bala

Récemment un ami m’a prêté un très puissant documentaire, intitulé Manda Bala (2007). Il s’agit du premier film de Jason Kohn, jeune cinéaste de 27 ans, qui traite de la corruption et du crime au Brésil. Les énormes disparités entre les revenus dans le pays sont à l’origine de cette situation , raconte Kohn dans l’entrevue réalisée à l’occasion du Sundance Film festival 2007 où il a remporté le Grand Prix du Jury pour le film documentaire. Il voit les riches en train de dérober les pauvres et les pauvres par le biais du crime, des enlèvements et de l’extorsion tentent de reprendre un morceau du gâteau des riches, souvent de façon terrifiante.
Le film présente des personnages forts et un accès remarquable. Jason Kohn a été l’apprenti d’Errol Morris et cela paraît, mais il fait plus que juste copier son mentor. Le film est tourné en cinémascope, donc avec un format d’image très large, et avec beaucoup d’attention portée à l’esthétique. Un des aspects originaux du film est la façon dont les interprètes sosies apparaissent dans le cadre à côté des personnages traduisant leurs paroles, pendant que ces derniers semblent écouter et contempler leurs propres mots. ( Errol Morris a déjà utilisé la même technique lors d’une cérémonie des Oscars).
Une des déclarations de Kohn dans l’entrevue en question sonne très familière: « L’entreprise de réaliser un documentaire plus puissant que la moyenne sur une période de cinq ans est une expérience que peu de gens connaissent. L’apprentissage était dur et le processus difficile, solitaire et dépourvu de toute satisfaction immédiate. »

Manda Bala est un film américain, mais présentement vous avez l’occasion de voir des documentaires brésiliens à Montréal. C’est la première édition du Festival du Film Brésilien de Montréal, organisé par l’Association Jangada, et il présente du 14 au 20 décembre au Cinéma du Parc une intéressante sélection de films de la nouvelle vague de réalisateurs brésiliens, dont 6 documentaires sur la société et la culture de ce vaste et fascinant pays.

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Ginga

Mon assistante Dijana Lazar a demandé à Juliette Vincent, chargée de projets chez Jangada, de nous dire quelques mots sur les différents documentaires qui vont être présentés au Festival :

« La sélection de documentaires répond à la même exigence que la programmation générale : la diversité. Certains documentaires sont l’oeuvre de réalisateurs confirmés et primés (Toni Venturi pour Jour de fête, Lucia Murat pour Regards d’ailleurs), d’autres sont des premiers longs métrages (Frontières de sable, Ginga). Pour certains, ils abordent des thèmes que la plupart des gens associent automatiquement au Brésil (le soccer, la capoeira, la samba, la plage), mais traitent le sujet en profondeur et surtout avec un regard brésilien.
De façon générale, ils permettent d’appréhender la société brésilienne dans sa multiplicité, des sans domicile fixe de São Paulo (Jour de fête) jusqu’aux privilégiés qui bronzent au Posto 9 (Frontières de sable). La plupart des films sélectionnés ont été vus dans des festivals internationaux, mais rares sont ceux qui ont été présentés à Montréal. »

Voici quelques synopsis pour vous donner un aperçu de la programmation documentaire :

Ginga, réalisé par Hank Levine, Marcelo Machado et Tocha Alves
Le secret qui se cache derrière les succès footballistiques brésiliens consiste en un mot : la ginga. Une habileté particulière du corps qui en fait les meilleurs dribbleurs, passeurs et buteurs, qui les fait jouer comme si l’autre équipe n’existait pas. Mais la ginga ne s’apprend pas. Elle est inhérente à la personnalité brésilienne. Elle est aussi une façon de ne rien prendre trop au sérieux. Des brésiliens de tous niveaux sociaux et de différents endroits du pays racontent dans ce documentaire leur passion pour le foot et l’importance de la ginga dans leur vie.

Dia de Festa (Jour de Fête) réalisé par Pablo Georgieff et Toni Venturi
Quatre femmes aux destins similaires qui connaissent la rudesse du travail rural et les soirs de faim. Ivaneti, Silmara, Janaína, et Ednalva ont été abandonnées par leurs maris et partent pour la « grande ville » à la recherche d’une vie meilleure. Une fois à São Paulo, sans logement, révoltées, elles prennent la tête d’un mouvement social et politique qui leur donne une raison de vivre : les Sans Toit du Centre. Jour après jour, on suit leur combat symbolisé par l’occupation de sept immeubles vacants du centre ville.

Olhar estrangeiro (Regards d’ailleurs) réalisé par Lúcia Murat
Quel regard le cinéma porte-t-il sur le Brésil ? Lúcia Murat jette un regard mi-amusé mi-agacé sur des films – essentiellement américains et français – qui se passent au Brésil et interroge leurs auteurs, réalisateurs et scénaristes pour mieux comprendre les mécanismes permettant l’existence des clichés. On passe ainsi avec jubilation de L’homme de Rio de Philippe de Brocca à Anaconda de Luis Llosa en passant par Blame it on Rio de Stanley Donen et Wild orchid de Zalman King.

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Regards d’ailleurs

La production documentaire au Brésil, connaît-elle une expansion aujourd’hui ?

« Le documentaire brésilien actuel est remarquablement vivant ! Les débuts des années 90 ont été des années noires : le démantèlement d’Embrafilme et des mécanismes public de soutien ont gravement pénalisé la production cinématographique brésilienne. Mais depuis la mise en place d’un nouveau système de soutien, la création est repartie de plus belle !
Le documentaire brésilien est ainsi parvenu à la fois à un succès public et critique local et à une reconnaissance internationale. La production est consistante, et constituée en grande partie d’œuvres destinées à l’exploitation en salles. Elle offre une grande diversité sur la forme comme sur le fond, qu’on peut voir notamment au festival de documentaire E Tudo Verdade, créé au Brésil en 1996. »

Quelles sont vos attentes de cette première édition du Festival ?

« On aimerait que le festival contribue, tout d’abord, à affiner la vision que les personnes ont du Brésil. Le Brésil, c’est une culture multiple, métisse, des influences diverses. Nous voulons que les spectateurs, après avoir vu les films sélectionnés, en sachent un peu plus sur cet immense pays et aient envie d’en découvrir encore ! »

Doc impressionnant: Black Tar Heroin

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Steven Okazaki

Kim Gjerstad, le gars qui m’a aidé à monter ce blog, m’a suggéré dernièrement un excellent documentaire : Black Tar Heroin, the Dark End of the Street réalisé par Steven Okazaki. Le film documente la vie de 5 jeunes héroïnomanes à San Francisco, âgés de 18 à 25 ans, qui affrontent les multiples dangers d’une existence dominée par la dépendance à l’héroïne – le crime, la prostitution, le viol, l’incarcération, le SIDA, l’overdose et la mort.
Vous pouvez voir un extrait de ce film sur son site. Ce qui m’avait étonné était de voir que je pouvais voir ce film au complet sur l’internet. J’ai pris contact avec Steven qui m’a expliqué que ce n’était pas son choix:

“Le film Black Tar Heroin a été diffusé à HBO en 1999 et rediffusé plusieurs fois depuis. On vient juste d’apprendre qu’une version piratée du film se trouve sur le web et j’espère que nous allons pouvoir l’enlever rapidement. En tant que cinéaste indépendant, j’investis beaucoup d’efforts et de temps dans mon travail, et je ne gagne pas une fortune, alors ce genre de situation me désole. En plus la qualité du film est mauvaise.”

Pour en savoir plus sur ‘Black Tar Heroin’, je vous suggère l’article du Metropolitain datant de l’avril 1999, ainsi qu’un article de San Francisco Chronicle.

Le plus récent documentaire de Steven Okazaki s’appelle White Light/Black Rain et il réexamine le sujet des bombardements à Hiroshima et à Nagasaki, ainsi que leurs répercussions. Il a été présenté au Sundance Film Festival cette année.
Steven Okazaki a gagné de nombreux prix pour ses films, dont l’Oscar du meilleur court-métrage documentaire en 1990 pour le film Days of Waiting . Vous pouvez lire une entrevue avec lui sur ce site.

( Merci à Adam Shamash et Dijana Lazar.)

Doc d’ici: Un coin du ciel

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Lourdes

Un coin du ciel est le dernier documentaire de la jeune cinéaste Karina Goma, produit par la compagnie Virage. Il nous introduit dans les couloirs et les bureaux du CLSC Parc-Extension, l’un des quartiers les plus cosmopolites de Montréal, ainsi que dans la vie de ses résidents. J’aurai l’occasion de le voir à l’Ex-Centris, mais entretemps j’ai demandé à mon assistante Dijana Lazar de le visionner et de nous en parler. Voici ce qu’elle dit:

“Le film de Karina nous fait découvrir une toute autre réalité de Montréal et de la vie de ses immigrants. Au cœur du sujet, deux travailleuses sociales du CLSC Parc-Extension, Hélène et Tassia, qui travaillent assidûment pour améliorer le quotidien de leurs clients, souvent victimes d’injustices et d’isolement. Accablés par les problèmes d’intégration, de logements infestés de rats, de propriétaires insensibles à leurs demandes, nombreux sont ceux et celles qui nécessitent cette aide. On les voit défiler devant nos yeux, inquiets et timides : Lourdes, une jeune femme sri-lankaise enceinte de son deuxième bébé, une madame âgée qui appréhende l’expulsion de son appartement, un duo père-fils arménien qui sort de l’ordinaire. On suit leurs destins incertains dans les couloirs sinueux du CLSC, mais aussi dans leurs logements souvent délabrés et dans leurs lieux de culte, places de réconfort et de communion. Indéniablement le CLSC joue un rôle crucial dans la vie de tous ces personnages et on espère que le film de Karina, par sa grande humanité parviendra à briser quelques préjugés et éveiller notre compassion.”

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Karina Goma


Autre fait intéressant, ce film sort en plein milieu de la contreverse sur les accomodements raisonnables; il a même été déposé à la Commission Bouchard-Taylor lors des audiences à Laval le 15 novembre dernier. J’ai posé une question à Karina sur ce sujet.

Ton film est maintenant vu dans le contexte de et à la lumière du débat sur l’accommodement raisonnable. C’était ton intention? Tu en es contente ou pas?

La recherche du film a débuté il y a plus de trois ans, à l’époque personne ne parlait des pratiques d’accommodements raisonnables. C’est pendant le tournage qu’a éclaté la controverse autour des cours prénatals dont les hommes étaient soi-disant exclus pour des raisons religieuses. J’ai été dévastée, car ce n’est pas du tout la réalité que j’avais observée sur le terrain. Afin de sortir les femmes du quartier de l’isolement, le CLSC a remplacé les cours théoriques traditionnels par des rencontres multilingues entre femmes animées par des immigrantes du quartier. Dans le tumulte de ce nouveau « scandale », personne n’a vraiment pris le temps d’aller vérifier sur le terrain le contexte très particulier dans lequel avaient lieu ces rencontres. À coup de titres-chocs et de formules lapidaires, on a condamné en bloc l’initiative du CLSC. Cette histoire a été très douloureuse pour les intervenants, parce qu’après des années d’efforts, ils avaient développé une formule à laquelle ils croyaient et qui donnait des résultats concrets auprès d’une clientèle très vulnérable. Comme les délais sont parfois très longs en documentaire, le film sort cet automne alors que le débat fait rage plus que jamais au Québec. C’est une coïncidence, mais je pense que le timing est idéal. J’espère qu’il permettra de découvrir ces gens qui réinventent dans des conditions souvent extrêmes, de nouvelles manières de vivre ensemble.

Ne manquez pas ce documentaire à l’affiche à l’Ex-Centris du 7 au 13 décembre 2007.

Merci à dijana Lazar

Docs du Sud: les lauréats de la Fondation Alter-Ciné

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Ernesto Cabellos

Je suis membre du Conseil d’administration de la Fondation Alter-Ciné qui octroie chaque année des bourses pour des cinéastes dans les pays du sud.
Récemment la Fondation a révélé les trois lauréats de l’année 2007 qui ont tous remporté une bourse de 5000$ pour leurs projets. Les voici :

Hector Cadena du Mexique pour son projet documentaire Agua: un documentaire sur l’avenir de l’eau dans le monde, raconté de façon originale à travers 4 histoires, 4 destins en apparence indépendants l’un de l’autre mais qui pourtant se croisent autour de la première “guerre” de l’eau de ce siècle, dans une ville en Bolivie.
Photo Tin Dirdamal
Hector Cadena

Khady Sylla du Sénégal pour son projet Le monologue de la muette: un documentaire personnel qui veut lever le voile sur la réalité cachée, ignorée, des domestiques sérères, ces travailleuses “invisibles” qui ne jouissent d’aucune protection légale au Sénégal. La réalisatrice veut questionner la nature de l’émancipation des femmes de la moyenne bourgeoisie urbaine, émancipation qui, de fait, passe par l’asservissement de jeunes filles venant de l’arrière pays.

Ernesto Cabellos du Pérou pour son projet Operacion diablo: une enquête aux allures de thriller politique sur la nouvelle stratégie d’une transnationale qui emploie une compagnie de surveillance dans une mine d’or du Pérou pour épier, filmer, intimider et réprimer les militants environnementalistes parce que ceux-ci s’opposent à l’achat illégal et à la contamination des terres par cette multinationale.

Je voudrais aussi attirer votre attention sur le fait que la Fondation a recueilli près de 5000$ jusqu’à maintenant et que la collecte de fonds se poursuit. L’objectif est d’atteindre 6 500$, comme l’an dernier.
Si vous voulez soutenir la mission d’Alter-Ciné, vous pouvez faire parvenir un don, soit en ligne, par le site Canadahelps, soit en envoyant un chèque au nom de la Fondation Alter-Ciné à l’adresse suivante:
5371 avenue de l’Esplanade,
Montréal, QC H2T 2Z8.

( Merci à Dijana Lazar pour l’aide avec ce texte. )

Tournage État d’Urgence: la parole aux stagiaires

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Myself and Simon Bujold (camera) filming Annie Roy and Pierre Allard, the founders of ATSA. Photo Marc-André Verpaelst.

Je vous avais parlé de notre tournage à État d’Urgence, le ‘happening’ artistique et social organisé par Annie Roy et Pierre Allard. Trois stagiaires sont venus nous aider durant la semaine. Je leur ai demandé qu’est-ce qu’ils ont appris?

jeanne with stone1“C’est la deuxième année que je vis cette expérience à l’ATSA et comme l’année dernière j’en repars avec le sentiment d’avoir été entourée d’une famille, avec ses manies, ses moments de grondement, ses blagues, son affection, sa joie. Hélas la réunion de famille s’achève et on doit se dire au revoir jusqu’à l’année prochaine…C’est une facette de l’expérience, l’autre est de vivre cette expérience en tant que membre d’une équipe documentaire. Ce travail exige de la patience, du temps, de la réflexion, de la bonne humeur et de l’amour. La famille, ou les Héros, pour citer Alex, nous accueillent dans leurs vies, leurs histoires se dévoilent graduellement et j’ai pu observer la façon dont Magnus et Simon prennent ce dont ils ont besoin pour modeler leur histoire.”

Jeanne Pope

Dijana portrait“L’Etat d’urgence était pour moi une première expérience de tournage documentaire ainsi qu’une rencontre fascinante avec les gens qui portent en eux la passion et la détermination de changer le cours des choses et qui réclament la justice sociale à travers la performance artistique. Tout le long, j’ai ressenti une incroyable énergie positive qui se dégageait de ce site animé par le feu de camp et l’ardeur des bénévoles et des artistes engagés. En suivant Magnus et Simon j’ai très vite compris qu’au fil des années ils étaient devenus personnellement impliqués et qu’ils avaient tissé des liens très forts avec les gens de l’ATSA. C’est sans doute cette constance et cet engagement qui leur a valu la confiance des ces personnes vulnérables et marginalisées qui ont par moments profité de la caméra pour réclamer leurs droits ou parler ouvertement de leurs problèmes.

Toute cette expérience était très instructive, car elle m’a permis d’apprendre que lors d’un tournage documentaire il faut comprendre les motivations des acteurs et il faut suivre les évènements en étant toujours capable de réagir sur le moment même afin de capter les situations pertinentes et révélatrices.”

Dijana Lazar

 

ÉU07 Alex62“Je me suis lancé dans ce stage en me disant que cette expérience m’aiderait à faire un pas vers le monde de la production professionnelle de documentaires. Je ne suis pas déçu ! En plus de continuer un travail formateur aux cotés de Magnus et de Simon Bujold, son proche collaborateur, j’ai pu vivre une expérience personnelle marquante en m’intégrant comme eux au sujet du documentaire. J’ai pu rencontrer Pierre et Annie, les artistes inspirants tenant ce projet à bout de bras avec une énergie remarquable. J’ai pu passer du temps avec les gens uniques qui donnent vie à l’État d’urgence. Beaucoup sont des sans-abris. Je n’ai pas vu beaucoup de soulons en guénilles. J’ai vu plusieurs raconteurs hors-pairs. J’ai vu des bouts-en-train énergiques et des gens prêts à mettre la main à la pâte. J’ai vu des poètes et des héros de la survie urbaine équipés comme des aventuriers. Après des années d’efforts indépendants pour apprivoiser ce sujet difficile, la caméra et la perche font maintenant partie des meubles. Des images et des sons criants et véridiques peuvent être capturés. La démarche à long terme de Magnus et Simon porte fruit à merveille ! Je garderai en tête leur tact et leur bonhomie qui leur permet ce niveau d’approche du sujet.

Finalement, j’ai adoré pouvoir capturer quelques images, que ce soit pour le blog-vidéo de Magnus ou pour le tournage lui-même. C’est réellement ça mon dada… Esthétiquement, l’endroit est merveilleux ! Le soir, les lumières de la ville et les feux du camp rendent l’endroit brillant et chatoyant. Notre cher mois de novembre recouvrant tout d’eau et de glace, tout ça se reflète sur l’asphalte et les imperméables mouillés. Et, les gens au camp sont beaux ! Moins influencés par la politesse, la mode et la pression sociale, nos sujets résument par leur apparence des histoires entières. Le camp de l’ÉTAT d’urgence, c’est juste beau !”

Alex Hamel (avec l’ex-ministre Louise Harel dans la photo)

 

Merci à Jeanne, Dijana, Marc-André, et Alex!